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Souviens toi cette série là … La rivalité Knicks – Pacers

Une nouvelle fois pour ce volet de « Souviens toi cette série là », ce sont bien deux séries de playoffs que nous mettons en lumière, et pas des moindres. Deux confrontations titanesques, entre deux monuments du milieu des années 90′s. D’un coté, New York, la capitale du monde et ses Knicks, les charognards de Pat Riley. De l’autre, le petit état de l’Indiana, lieu de résidence de Pacers affamés de victoires eux aussi. En 1994 et 1995, alors que Jordan s’est retiré, vont se dérouler dans la Conférence Est deux des plus belles séries de la décennie. Retour sur cette rivalité explosive.

 

Comme pour tout bon cocktail, il faut savoir sélectionner les bons ingrédients. Et pour cette rivalité, ils n’auraient pas pu être choisis d’une meilleure manière, que ce soit le contexte, les coachs ou les acteurs qui allaient jouer dans ce que l’on retient comme deux somptueuses confrontations entre Pacers et Knicks, qui n’auraient pas pu être mieux écrites.

Prenez d’abord le contexte idéal pour la juste dose d’animosité : opposer New York, Big Apple, la plus grande ville du monde selon ses habitants, le plus gros marché de tous les Etats-Unis d’Amérique, à Indiana, ce petit état loin d’être un des plus importants du pays, ni même le plus attrayant. Comme souvent en sport ou ailleurs, si animosité il y a, elle vient en général du dédain des urbains pour les provinciaux, et les Knicks et Pacers n’échapperont pas à la règle. Malgré le fait qu’Indiana ait produit quelques bons basketteurs  (dont un certain Larry Bird), les fans des Knicks, à l’aube de la première série entre les deux équipe en 1994, ne voient les Pacers que comme une équipe de province qui ne peut rien face à la puissance de Big Apple. Quant aux fans des Pacers, ils ont justement à cœur de fermer leur clapet à tous ces New Yorkais trop hautins. Le ton est donné.

De plus, 1994, c’est aussi la première édition de playoffs depuis longtemps sans Michael Jordan. La génération dorée des 90′s, auréolée d’un titre Olympique en 1992, en a marre de laisser filer tout les trophées Larry O’Brian à Michael en ce début de décennie. Charles Barkley, après un échec en Finales 1993 veut enfin son Graal, tout comme le duo du Jazz, John Stockton & Karl Malone. De même pour Clyde Drexler, défait par les Bulls en Finales 1992. Et tout comme Patrick Ewing, lui qui avec ses redoutables Knicks n’avaient jamais réussi à faire tomber les Bulls malgré tous leurs efforts. Reggie Miller veut quant à lui s’imposer comme la nouvelle figure emblématique de la ligue au poste d’arrière après la retraite de His Airness. Sans Michael Jordan en compétition, ni Larry Bird, Magic Johnson ou Isiah Thomas, la compétition semble plus ouverte que jamais : ces quatre joueurs ont raflé l’intégralité des titres NBA de 1980 à 1993, sauf celui de 1983 qui tombera entre les mains des Sixers de Dr.J. Bref, les jeux sont loin d’être faits, et la compétition on ne peut plus ouverte.

Ewing & Riley, prêts à dicter leur loi sur la Conférence Est

 Et si les batailles à l’Ouest seront relevées, entre les Suns de Barkley, les Rockets de Olajuwon ou le Jazz de Stockton & Malone, c’est bien à l’Est que l’on va assister au plus beau spectacle. 5e de Conf’ à l’issue de la saison régulière, les Pacers nourrissent de beaux espoirs pour le titre, et ce très justement. A leur tête, Reggie « Boom Baby » Miller, arrivé à maturation dans sa 7e année dans la ligue. Un shoot peu orthodoxe, mais tellement efficace. Et si il rend quelques kilos de muscle à ses adversaires chaque soir, mieux vaut toujours garder un œil sur lui en fin de match, voir les deux si possible. A coté de lui, Rick Smits, également drafté par Indiana un an après lui. Smits est un grand pivot Néerlandais qui apporte tout de même un peu plus de 15 points et 6 rebonds par matchs. On retrouve aussi des valeurs sûres comme Derrick McKey sur l’aile ou Antonio Davis pour accompagner Smits dans la raquette. Le tout coaché par un des plus émotifs mais aussi talentueux coach, Larry Brown. Et au premier tour de l’édition 1994 de ces playoffs, Indiana ne fera pas dans la dentelle, et élimine le jeune Magic d’Orlando 3-0, puis Atlanta 4-2 au second tour pour accéder aux Finales de Conférence.

Les Knicks eux, sont plus que jamais déterminés à rafler la mise cette année. Avec Pat Riley à la baguette, on retrouve derrière l’incontournable Pat Ewing des joueurs comme John Starks à l’arrière, chouchou du Madison Square Garden, Charles Oakley dans la raquette, Derek Harper à la mène ou encore Greg Anthony. Une équipe solide, nasty comme dirait les américains, qui ont pris la relève des Bad Boys de Detroit et pratiquent un jeu des plus dur qu’on puisse imaginer. Ils ne feront qu’une bouchée des Nets au premier tour, avant de devoir affronter au second tour Chicago … Si les Bulls de Jordan restaient une montagne infranchissable pour Ewing & co, ce ne sera pas le cas des Bulls de Pippen. Chicago est battu 4-3 et laisse New York filer en Finale de Conf’. Le clash entre Pacers et Knicks peut avoir lieu.

Et c’est New York, avec l’avantage du terrain, qui prend une avance de deux manches à rien. Mais de retour dans l’Indiana, les Pacers s’emparent des Game 3 et 4 pour égaliser à 2-2. Tout se jouera au meilleur de trois manches désormais. Et dans un Game 5 déjà décisif, Miller est dans un très mauvais soir au shoot, son arme numéro 1, et le premier à le chambrer se nomme Spike Lee, éternel fan des Knicks, toujours fourré au bord du terrain pour chambrer comme il faut. Sauf que le trash talking de Spike à l’effet inverse, et Reggie Miller est alors plus motivé que jamais et prend les choses en main : il prend littéralement feu avec 25 points dans le quatrième quart temps pour accomplir un magnifique come back et permettre à Indiana de mener 3-2  ! Avec la chance de disputer un Game 6 chez eux pour conclure l’affaire.

Reggie prend feu, inspiré par le trash talking de Spike Lee

 Mais les Pacers vont laisser passer leur chance, John Starks va sauver New York et surtout Spike Lee, centre d’attention de toutes les critiques depuis la défaite du Game 5. Dans un building en complète ébullition, Starks prend ses responsabilités et assassine Indiana, avec son shoot extérieur notamment. Et prendre le Game 7 au MSG sera chose impossible pour des Pacers qui ne peuvent qu’avoir d’innombrables regrets de ne pas avoir réussi à faire le boulot plus tôt. New York se qualifie au terme d’une série dantesque pour les Finales NBA. Ils y seront malheureusement défaits par les Rockets d’Olajuwon et sa bande.

 

Aussi, à l’intersaison 1994, les Pacers sont conscients qu’il leur manque un petit quelque chose pour aller au bout, un joueur qui pourrait soulager Reggie de temps en temps. Et le candidat parfait se nommera Mark Jackson. L’ancien meneur des Knicks justement, rejoint l’Indiana et fort de leur nouvelle recrue, les Pacers finissent 2e de la Conférence Est et éliminent facilement Atlanta au premier tour. De leur coté, les Knicks n’ont pas à forcer non plus pour se débarrasser des Cavs, et rejoindre les Pacers pour une nouvelle confrontation qui s’annonce déjà plus qu’alléchante.

Ce n’est qu’une demie-finale de Conférence Est, mais la tension est palpable, dès le premier match. Les Knicks mènent 105 à 99, une avance confortable à 18 secondes de la fin. Tout le monde pense que le match est terminé, les fans, les Knicks, les Pacers, même Donnie Walsh le GM d’Indiana qui s’en va plus tôt que prévu dans les vestiaires. Seul Reggie Miller y croit encore. 18 secondes au compteur, Miller s’empare de la gonfle derrière la ligne à trois points et dégaine. Bingo. Sur l’engagement de New York, les Pacers pressent très haut et pour provoquer une violation du temps imparti pour remettre en jeu, Anthony Mason balance la balle vers Greg Anthony, qui malheureusement vient de glisser. Et qui d’autre que Reggie Miller pouvait hériter de la balle, avoir la présence d’esprit de se reculer pour prendre un nouveau tir primé ? « Boom Baby », la gonfle rentre dans le cercle et voilà le retard de 6 points comblé en moins de 5 secondes. Un exploit des plus retentissant dans la grande histoire des Playoffs NBA. Et comment voulez-vous que les Knicks gagnent encore après cela ? 

L’inspiration du siècle, signé Boom Baby.

Pourtant, ce n’est pas faute d’en avoir eu l’occasion, puisque à 105 partout, Indiana commet une faute sur Starks et l’envoie sur la ligne des lancers francs. Dans un Madison Square plus silencieux qu’une cathédrale, John Starks manque le premier lancer … et manque le deuxième également ! Pire encore, Ewing prend le rebond offensif mais manque son tir à 2 mètres du cercle. Pire encore, Reggie prend le rebond suivant et subit une faute, deux lancers à suivre et l’occasion de réaliser le braquage du siècle ! Le destin avait choisi son camp, l’histoire n’aurait pas pu être mieux écrite, et Reggie ne pouvait pas manquer ses lancers. Il ne les manquera pas, et ce que l’on retiendra comme les fameux 8 points in 9 seconds restent encore aujourd’hui une performance comme on n’en voit jamais.

Les Knicks gagnent le Game 2, mais les Pacers reprennent la main 3-1 après leurs deux matchs dans l’Indiana. New York, dos au mur, n’a plus le droit à l’erreur. Et dans le Game 5, Reggie pense donner la qualification à 5s de la fin sur un énorme tir à trois points qui donne un point d’avance à Indiana, mais c’était sans compter sur Pat Ewing, qui plein d’orgueil enchaine spin move et marque le panier en tête de raquette. Deux points entachés de controverse, étant donné le nombre de pas suspect que fait Pat, mais autant les Knicks que les Pacers ne préfèrent pas s’y attarder, Indiana menant 3-2 avec la chance de conclure chez eux la série. Mais comme un an auparavant, les Pacers craquent sous la pression, et New York, après avoir été mené 3-1 et à 5s de l’élimination, a gagné le droit de disputer un Game 7 au MSG.

Un Game 7 crucial à venir pour Miller & Starks

Toute la planète NBA a les yeux rivés sur New York, où ce Game 7 sent la poudre avant même l’entre-deux. L’avantage mental est du côté de Pat Ewing & co, mais un Game 7 est là où tout peut se produire. Indiana prend une bonne avance mais les Knicks ne sont pas morts, et reviennent peu à peu. C’est la folie dans les tribunes. Pat est en feu, et ne compte pas laisser filer ce match. Fin de match : Indiana mène 97-95, deux petits points d’avance mais NY a 5 secondes pour faire la différence. Engagement Harper, qui donne à Ewing en tête de raquette, se retourne, commence à dribbler vers le panier, prend son double pas très loin, au niveau de la ligne des lancer franc, s’élève dans les airs pour un lay up ouvert dans une raquette des Pacers inexplicablement vide. Le match, toute la série, tout se décide sur ce lay up ouvert. La balle rebondit une, deux fois sur le cercle … et ressort !

Reggie Miller tient enfin sa revanche sur le manqué de Ewing

Indiana se qualifie au terme d’une série à couper le souffle. Pat Ewing et les Knicks sont en enfer, Pat Riley quittera le navire pour la Floride et le Heat de Miami, avec qui New York entretiendra également une belle rivalité dans la fin des 90′s. Quant aux Pacers, ils retrouveront Orlando et un Magic qu’ils avaient sweepé l’année d’avant, mais ces jeunes loup du Magic ont bien grandi. Les Shaq, Penny, DScott, Nick Anderson et Horace Grant élimineront les Pacers en 7 matchs au terme d’une belle Finale de Conférence, juste après avoir renvoyé à la maison en demie-finale de Conf’ les Bulls d’un Michael Jordan méconnaissables, capable de perdre la balle deux fois dans une fin de match promise à Chicago … Mais ça, c’est une autre histoire …

 

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