Interview Diandra Tchatchouang : Oui, on sera prêtes pour le jour J
Présente lors de la préparation olympique des Bleues en 2012 et non retenue dans l’effectif pour disputer les JO de Londres, Diandra Tchatchouang effectue son grand retour dans le groupe France et disputera bien l’Eurobasket dès samedi contre la Lettonie. Récemment draftée cette année par San Antonio en WNBA, Diandra a gentiment accepté de répondre aux questions de basket Infos, à quelques jours du coup d’envoi du championnat d’Europe qui se tient en France du 15 au 30 juin dans l’hexagone. Entretien avec l’internationale tricolore.
Bonjour Diandra Comment vas-tu ?
Salut Patrick, ça va très bien !
Pour commencer, quel bilan dresses-tu de ta saison avec Perpignan ?
J’ai vécu une très belle saison avec Perpignan. Nous avions très bien commencé le championnat, puis on s’est fait peur sur la deuxième partie. A la trêve, compte tenu du classement, le club et nous les joueuses, avions rehaussé nos objectifs. On voulait accrocher le top 4 et on l’a fait.
Personnellement, es-tu satisfaite de ta saison ?
Je ne suis jamais satisfaite de moi-même. C’est clair qu’en arrivant à Perpignan je cherchais à me relancer suite à ma blessure et à une année difficile sur le plan sportif à Montpellier. J’avais besoin de temps de jeu, de retrouver du plaisir sur le terrain. J’ai connu des débuts difficiles et ensuite ça s’est mieux passé. J’ai retrouvé mon coach, Francois Gomez, avec qui j’ai un très bon feeling et mes coéquipières ont facilité mon intégration. D’une manière générale, je suis surtout satisfaite de l’équipe.
Après ta sortie de l’INSEP, tu es passée par la case universitaire. Que retiens-tu de cette belle expérience ?
J’en garde un très bon souvenir. J’étais à l’université de Maryland pendant deux ans. Cette expérience m’a fait grandir en tant qu’athlète mais aussi en tant que personne ! J’ai découvert, bien sûr, une culture très différente, mais surtout, une vision différente du basket. C’était bien de pouvoir continuer mes études. J’essaye d’y retourner tous les ans pour voir mes anciennes teammates et ma « famille » américaine.
Tu as donc été bercée par deux écoles. Quelle est selon toi celle qui t’a le plus préparé dans le monde professionnel ?
Je pense que les deux écoles m’ont préparé au monde pro. C’est très différent. A l’INSEP, j’ai eu la chance de travailler avec de très bons entraîneurs et j’avais envie d’apprendre encore et encore. Dans ces conditions-là, je ne pouvais que progresser. Aux Etats-Unis, j’avais tout ça, sauf que, les structures, la rigueur des séances d’entrainement et l’état d’esprit me faisaient vraiment penser que j’étais dans le milieu pro. Je me souviens que pour préparer le match du jeudi, la première séance vidéo sur l’adversaire avait lieu le lundi.
Justement, tu as été draftée cette année par San Antonio en WNBA en 20e position. Expliques-nous comment tu as appris la nouvelle.
J’ai appris la nouvelle le lendemain matin sur internet. A cause du décalage horaire, je ne l’ai pas su en temps réel. Ensuite, j’ai eu le coach de San Antonio qui me l’a annoncé de façon officielle au téléphone. J’étais vraiment surprise et surtout contente. J’ai tout de suite pensé à James Wade le mari d’Edwige qui est assistant coach là-bas. Il ne m’avait rien dit donc ça vraiment été une belle surprise pour moi.
Alors te verra-t-on un jour en WNBA ? Quels sont tes projets ?
Oui, j’espère profiter de cette opportunité. Le coach m’a dit qu’il comptait sur moi donc on verra.
En 2012, tu as effectué la préparation olympique avec les Bleues, mais tu n’a pas été retenue pour les JO ? As-tu ressenti de l’amertume ? Comment as-tu vécu ces Olympiades ?
Non, j’ai été coupée juste avant l’annonce de l’équipe. Ce sont des situations toujours difficiles à vivre mais personnellement la prépa avait vraiment été une bonne expérience pour moi. Bien sûr, j’aurais préféré être aux JO mais ça s’est juste passé autrement. J’ai pris beaucoup de plaisir à regarder les filles réaliser cet exploit.
Tu fais donc ton grand retour en équipe de France ! Dans quel état d’esprit arrives-tu pour l’euro ?
Je suis très excitée à l’idée de débuter l’Euro. Jouer pour son pays, dans son pays, devant son public, avec cette équipe, c’est juste super. Il y avait une très bonne ambiance pendant les matchs de préparation, les salles étaient souvent pleines. Je vais essayer de faire le maximum pour mon équipe.
Comment s’est déroulé la préparation des Bleues ?
La préparation s’est bien passée. On a joué contre des équipes aux styles de jeu différent. C’est ce qui se passera pendant la compétition. Il y a des joueuses qui étaient aux JO qui ne sont pas la aujourd’hui pour différentes raisons donc forcément il y a de nouvelles têtes. Bien sur, on sera prête pour le jour J, Il y a toujours des choses à améliorer. Il faudra s’adapter en fonction de nos adversaires.
Après la médaille d’argent des JO et un Euro organisé dans l’hexagone. L’Equipe de France n’a-t-elle pas la pression ? Doit-elle impérativement viser le titre ?
C’est sûr que suite aux derniers résultats, pour beaucoup de monde la France est favorite. Maintenant, c’est sur le terrain que ça se passera et l’équipe est très lucide par rapport à ça. Je pense que toutes les équipes auront à cœur de bien faire. Il n’y aura pas de petites équipes. On devra être prêtes face à tous les adversaires.
Merci Diandra de ta disponibilité et croisons les doigts ! Et à bientôt sur Basket Infos !
Merci à toi et VIVE LA FRANCE !!!
Propos recueillis par Patrick Parizot, pour Basket Infos

