Playoffs preview : Chicago (4) vs Washington (5), corrida time

Là encore, une série pas forcément bandante. Sur le papier. En réalité, même si c’est pas la confrontation du siècle, y’a moyen de voir du basket de qualité. Un peu comme tous les premiers tours de l’Est finalement. Bref, on aura un œil sur cette confrontation entre des Bulls qui ne vivent que pour ces matches du printemps et des Wizards pleins de qualité, qui regoûtent aux Playoffs six ans après leur dernière participation.
– Chicago Bulls (48-34)
Ce que vous allez aimer :
- La passion : les Taureaux ont du cœur. Les hommes de Thibodeau n’ont pas attendu les Playoffs pour se livrer à fond et leur intensité, à chaque match, est un cas unique en NBA. Meilleure défense de la Ligue (91.8 pts encaissés/match), les Bulls ne sont pas les plus talentueux, pas les plus beaux à voir, pas les plus flashys mais leur envie est contagieuse et chaque nouveau joueur se met au diapason (Augustin, Dunleavy…).
- Tom Thibodeau & Joakim Noah : les bâtisseurs. Thibodeau est un dingue, accro au boulot, y’a qu’à voir ses cernes. Noah est son porte-voix (cassée) sur le terrain. Un duo plein d’adrénaline entouré d’une portée d’affamés prêts à mourir pour faire triompher les idées de leur coach. Autant dire que les Wizards vont devoir jouer à fond, sans calculer, s’ils veulent avoir un espoir de gagner…
Ce que vous allez moins aimer :
- Le jeu éreintant de Thibs : le coach des Taureaux tirent beaucoup sur ses titulaires. En Playoffs, il a encore plus tendance à raccourcir sa rotation et, vu le jeu proposé par les Bulls, les organismes souffrent forcément. Soit dit en passant et même s’il avait un banc digne de ce nom, pas sûr qu’il changerait de politique. On ne va pas lui mettre les blessures de D-Rose ou les pépins physiques de ses joueurs sur le dos mais… le raccourci est tentant.
- Le manque de menaces en attaque : à part DJ Augustin, Boozer et, dans une moindre mesure, Dunleavy et Gibson, Chicago n’a pas de joueurs vraiment doués en attaque. Hinrich est solide mais donne tellement en défense que ses pourcentages craignent (39% aux tirs), Butler a d’autres qualités et Noah, même si son jeu de passes est brillant, n’est pas un féroce scoreur (rien d’le dire). Quand on ajoute à ça un banc faiblard dans le domaine, on touche à LA principale faiblesse des Bulls.
Celui qui va faire son jubilé avant de partir : Carlos Boozer
Peut-être le seul joueur de la franchise de l’Illinois à ne jamais être vraiment rentré dans le moule made in Bulls. Attaquant doué à la base, son adresse décline (46%, plus mauvais pourcentage en carrière) comme son temps de jeu (28 min, plus faible moyenne depuis son année rookie). Faut dire qu’à son poste, Taj Gibson le pousse progressivement dehors. Reste que, même s’il fait moins d’efforts que les autres en défense et qu’il ne joue plus les money times, sa relation avec Noah et son apport offensif ne sont pas de trop.
Bonus track : les conneries de Benny the Bull au United Center. Déjà, sa tronche de toxico est pas mal. Mais quand il se met à faire ch… les friqués du courtside, le mec prend encore une autre dimension…
– Washington (44-38)
Ce que vous allez aimer :
- Le mélange expérience/jeunesse : entre Wall, Beal, Seraphin et Booker, Washington possède une belle brochette de joueurs à gros potentiels. Bon par contre, comptez pas sur eux pour s’auto-discipliner. Après quelques erreurs de castings (Blatche, Jordan Crawford, Nick Young…), les dirigeants ont fait le ménage et en ont profité pour amener deux, trois mecs stables pour entourer les jeunes pousses : Nene, Gortat, Ariza, Webster… Pas bête Ginette, ça les a menés en PO.
- La traction arrière : l’avenir. A 23 et 20 ans, Boule & Bill Wall et Beal sont déjà les leaders offensifs des Wiz. Encore un peu fou-fou (3.6 bps pour Jean Mur, 42% aux tirs pour Brad), les deux compilent quand même 36.4 pts, 7.8 rbs et 12.1 pds. Correct. Et, pour calmer et intellectualiser le jeu de Wall, Dede Miller est arrivé en renfort, en mode tuteur. Riche idée.

Ce que vous allez moins aimer :
- Les sautes d’humeur du collectif : capables d’être totalement en phase et concentrés sur leur sujet puis de partir en cacahuètes dans le même match, les Sorciers sont un peu stressants pour leurs fans. Quand les jeunots de l’arrière jouent chacun leur tour, ça se complique. Les autres ont alors tendance à faire de même dès qu’ils aperçoivent un ballon. Syndrome classique mais dangereux. Surtout en Playoffs…
- Le manque d’expérience commune à ce niveau : même si pas mal de joueurs des Wizards ont déjà connu les frissons des PO (Nene, Gooden, Dede Miller, Ariza…), le collectif est encore assez neuf. Le jeu plus posé et plus lent de la post season, a fortiori contre les Bulls, va aussi être un sacré test pour Wall, All Star et franchise player mais néophyte à ce niveau. A voir comment Jean assume l’enjeu et donc la pression…
Celui qu’on appelle « Pascal, le grand frère » : Nene
Le boss. Au-delà de son impact sur le terrain (14.2 pts), le Brésilien est le leader du vestiaire. Cet été, il en a eu clairement marre de perdre (29-53 l’année dernière). Surtout qu’il n’était pas trop habitué à ça du côté de Denver. Bref, cette saison, le message a mis du temps mais semble être rentré dans la caboche de Johnny Wall. Même des mecs improbables comme Drew Gooden ou encore Al Harrington semblent aujourd’hui l’aider dans cette démarche. Étrange mais ça marche.
La stat : cette saison, les deux franchises sont efficaces loin de leurs bases (22-19 pour les Wizards, 21-20 pour les Bulls, n°1 et 2 à l’Est). L’avantage du terrain, vous avez dit ?
Prono : Chicago 4-2
Entendons-nous : à la vue des deux effectifs, il n’y a pas photo. Washington est beaucoup plus talentueux et possède une profondeur que Chicago n’a pas. Sauf que… les Bulls ont un truc qui ne s’apprend pas : des tripes. Ces mecs-là ont tous le gêne de la compet’ et ne donnent rien. Bref, il faudra les abattre car ils vendront chèrement leur cuir de bovins. Après, est-ce que le fait de voir des têtes improbables comme celle de Drew Gooden suffira à déstabiliser les Bulls ? Je ne pense pas.

Demandez le programme !
- Game 1 : dimanche 20 avril, @Chicago, 19h (1h, heure française), TNT
- Game 2 : mardi 22 avril, @Chicago, 21h30 (3h30, heure française), TNT
- Game 3 : vendredi 25 avril, @Washington, 20h (2h, heure française), ESPN
- Game 4 : dimanche 27 avril, @Washington, 13h (19h, heure française), ABC
- Game 5, si nécessaire : mardi 29 avril, @Chicago
- Game 6, si nécessaire : jeudi 1er mai, @Washington
- Game 7, si nécessaire : samedi 3 mai, @Chicago
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Par @Papadiplodocus
