Analyse Vidéo : Carmelo Anthony méritait-il un contrat maximum ?

Analyse Vidéo : Carmelo Anthony méritait-il un contrat maximum ?

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Getty Images

Après une free agency mouvementée durant laquelle furent évoquées de nombreuses destinations potentielles (Chicago, Los Angeles, Houston, Miami), Carmelo Anthony a donc décidé de rester à Big Apple. Second meilleur joueur disponible sur le marché derrière Lebron James, ce ne sont pas ses capacités ni qualités individuelles que certains remettent en cause mais bien sa capacité ou non à faire gagner une équipe. Alors, Carmelo Anthony méritait il un contrat maximum ?

Jetons un coup d’œil à son profil.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

D’un point de vue physique, Anthony possède le profil parfait du stretch 4 moderne. Grand (6’8/2m03) et long (7’0/2m13), il n’est pas explosif ni très aérien mais possède une très solide carrure (104 kg), très épaisse et costaude, tout en restant très vif et agile pour un joueur de ces proportions.

Offensivement,  Anthony est d’abord et avant tout un jump-shooteur, un des tous meilleurs de NBA. 79% de ses tirs sont même de cette nature, soit près de 21 jump-shot de moyenne par rencontre qu’il convertit avec une excellente efficacité de 42% (48eFG%).

Son tir est parfait d’un point de vue technique, avec une très bonne et très rapide mécanique de tir, un très bon équilibre ainsi qu’un point de relâchement du tir très haut qui lui permet de dégainer dans n’importe quelle situation et shooter par-dessus les défenseurs. Anthony est un des meilleurs scoreurs de la ligue depuis la mi-distance, convertissant un excellent 44% de ses 10.2 tentatives par match depuis cette zone. Il n’a aucun problème pour se créer son tir en sortie d’un P&r ou sur ISO, et se montre remarquable depuis le poste haut où il crée de l’espace au moyen de jabsteps, stepbacks, feintes ou dribbles rapides avant de shooter. Egalement, c’est un superbe shooteur à longue distance, très à l’aise en réception de passe, en sortie d’écran et même en sortie de dribble, se faisant là encore avec une très bonne efficacité (40% sur 5.3 atp/m).

On peut lui reprocher néanmoins une sélection de tir pas toujours très judicieuse malgré cette belle réussite générale, mais que l’on peut facilement attribuer en grande partie au manque de talent comme de mouvement autour de lui lorsqu’il reçoit la balle en situation de un contre un.

Anthony est également un excellent slasher pour son poste. Pour un joueur de sa taille, sa qualité de dribble est très bonne et il possède un des meilleurs footwork de la ligue. Quand il ne fait pas la différence sur son superbe premier pas, on le voit effectuer de bons changements de rythme ou tout simplement s’ouvrir un chemin jusqu’au cercle en passant à travers le défenseur de par sa force brute. Il conclut d’ailleurs très bien malgré les contacts et ne recule jamais devant eux, provoquant 7.0 lancers par matchs qu’il convertit avec une belle réussite de 84%. Plus rapide que la majorité des postes 4 et plus costaud qu’une grande partie des postes 3, il est assez difficile à contenir et pourrait (devrait) être incité à attaquer le cercle plus souvent. En revanche, une fois au cercle son manque d’explosivité et de verticalité lui fait défaut. Il est en effet obligé de jouer sous le cercle et force fréquemment de mauvais tirs lorsqu’il n’arrive pas à mettre son défenseur dans le vent ou lorsqu’un protecteur de cercle arrive en second rideau (un moyen 58% de réussite au cercle, 53% sur lay-ups).

Egalement, Anthony possède un excellent jeu au poste bas de par sa combinaison de force, vivacité et son footwork. Dos au panier, il peut user de sa puissance, scorer sur son excellent turnaround jumper (par-dessus n’importe quelle épaule) mais démontre aussi une belle créativité et aisance sur ses appuis pour feinter le défenseur et obtenir un panier facile. Face au panier, il peut user de son premier pas ou tout simplement se contenter d’un face-up jumper, un tir qu’il affectionne particulièrement et sur lequel il se montre très efficace.

Anthony possède enfin de bons instincts de passeur que sa réputation plus ou moins fondée de croqueur occulte. Il possède en effet une mentalité de scoreur d’abord et avant tout mais est un plamaker tout à fait capable. Anthony possède une solide vision du terrain et s’avère être un passeur décent sur Pick&Roll. Il est également capable de se montrer altruiste et de réaliser la passe simple, mais ne le fait pas suffisamment, et il lui arrive de manquer des coéquipiers grands ouverts à une passe près pour forcer son propre tir. Egalement, il a du mal à créer en sortie de dribble ni n’est toujours très précis dans ses passes, mais rien d’inquiétant du fait qu’il reste en priorité un scoreur et non un point forward. Ses 3.1 passes de moyenne l’an passé avec un casting moyen à ses cotés et un jeu très poussif attestent en tout cas de ses capacités de passeur.

Défensivement, il y a du bon et du moins bon. C’est un défenseur moyen sur l’homme, et les Knicks changeaient d’ailleurs très souvent sur les écrans la saison dernière pour le préserver et le faire défendre le ballon le moins possible. Il ne fait pas toujours preuve de très bons efforts, et même si c’est quelque chose qui pourrait se justifier en partie par la très mauvaise saison des Knicks, le fait est qu’il n’a jamais réellement tiré de réelle fierté de sa défense (sur du long terme) ni n’a jamais été aussi impliqué et enclin à performer qu’il ne l’est en attaque. Sa vitesse latérale est d’ailleurs moyenne et il ne peut pas toujours garder son vis-à-vis en face. Sa belle envergure (7’0/2m13) lui permet en revanche de contester les tirs très efficacement, et ses mains à la fois vives et fortes lui valent de bâcher ou voler quelques ballons, mais ce ne sont pas des choses qu’il fait avec une grande régularité malheureusement.

Loin du ballon Anthony est également irrégulier. Indiscipliné, il ne fait pas preuve de la meilleure attention qu’il soit (perdant de vue son attaquant et le ballon) et se retrouve de ce fait hors de position lorsque cela arrive. C’est un défenseur moyen sur aide défensive, capable mais pas toujours très actif ou pas toujours de la manière la plus fondamentale qu’il soit (tente l’interception, mauvais angle ou timing sur aide). Anthony est aussi un mauvais protecteur de cercle, manquant essentiellement de tous les ingrédients requis pour le job (explosivité, verticalité, taille et même expérience). Rien qu’on puisse réellement lui reprocher de par sa formation de poste 3, mais s’il est appelé à continuer à jouer en stretch 4 à l’intérieur, c’est définitivement quelque chose à prendre en compte pour les Knicks. Anthony est en revanche excellent sur trajectoires de passe, de par ses 2m13 d’envergure et une bonne anticipation, et est également un très bon rebondeur, solide et très actif sous les panneaux.

Tout bien considéré, difficile d’affirmer que Carmelo Anthony ne mérite pas un contrat maximum. Un des trois meilleurs attaquants de NBA, un des tout meilleurs joueur de la ligue, et un très bon cocktail de physique, technique et qualités basket, si le format contrat maximum n’est pas fait pour lui, il n’est fait pour personne (ou presque).

Anthony se traîne derrière lui une sale réputation de franchise player en bois, machine à stats mais incapable de faire gagner une équipe. Une réputation injuste quand on se souvient que, jusqu’à la saison passée, il avait toujours réussi a emmener son équipe en post season années après années depuis sa campagne rookie. Ironiquement, à l’instar d’un Patrick Ewing lui aussi à Big Apple, Melo est le joueur de sa génération qui n’a jamais eu la chance de jouer sur la durée avec un joueur All Star pour le soulager, ni même d’avoir un vrai bon meneur de jeu pour l’alimenter (exception faite de Chauncey Billups à Denver, avec qui il est arrivé jusqu’aux finales de conférence).

Reste désormais à l’entourer correctement, mais c’est certainement ce que New York compte faire et va pouvoir faire avec une nouvelle direction (a priori) compétente et un salary cap enfin dégagé dès l’été prochain.

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2 Comments

  1. Moi aussi. Et Anthony a perdu du poids cet été et j'espère donc qu'il a pris un peut d'explosivité. Et avec d'Antoni au commande et Fischer en coach j'espère que les Knicks iront loin.

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