Analyse Vidéo : Chandler Parsons méritait-il un contrat maximum ?

Analyse Vidéo : Chandler Parsons méritait-il un contrat maximum ?

Dallas Mavericks Media Day 2014-2015

38e choix de la draft 2011, Chandler Parsons vient tout juste de toucher le pactole cet été. En signe fort de son importance au sein de la franchise, les Rockets avaient décidé de briser son petit contrat rookie calibré second tour pour lui offrir dans la foulée un salaire bien plus proportionnel à son rôle. Un enchaînement d’événements plus tard (offre maximum proposée par Dallas, Chris Bosh qui prolonge à Miami au dernier moment, et la réticence de Houston de bloquer son salary cap en s’alignant sur une trop grosse somme), voilà donc Parsons qui passe d’une franchise texane à une autre. Une bonne affaire pour Marc Cuban et les Mavs, mais qui ont tout de même dû sortir un très gros chèque pour forcer l’affaire. Alors, Chandler Parsons méritait il vraiment un contrat maximum ?

Jetons un coup d’oeil à son profil.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

D’un point de vue physique, Parsons est un plutôt bon athlète, fluide et très grand pour son poste (6’10/2m08). Il n’est en revanche pas explosif, ni même très costaud (103 kg mais il semble avoir pris du muscle cet été ), et possède une envergure de bras certes satisfaisante (6’9.5/2m07) mais clairement petite au vue de sa taille.

Parsons est en premier lieu un bon jump-shooteur, même si son volume de tir reste plutôt limité. C’est d’abord et avant tout un scoreur sur catch & shoot, particulièrement à trois-points où il se montre assez performant (37% sur 3.7 tentatives par match). Capable de scorer en sortie de dribble de par sa grande taille qui lui permet de shooter par-dessus la défense, Parsons reste tout de même limité dans la matière, ayant beaucoup de mal à créer de l’espace et une bonne séparation avec le défenseur en situation de un contre un. De même, sa mécanique de tir n’est pas si excellente que cela. Il manque de très nombreux shoots du fait d’une trajectoire de tir très (trop) plate, et sa prise d’appuis diffère d’un tir à l’autre.

En qualité de slasher, Parsons se montre tout à fait régulier et efficace. Il attaque de cercle balle en main à coup de grandes enjambées depuis de nombreuses situations (straight-line, P&R, spot-up, etc), étant vraiment à l’aise balle en main pour un joueur de sa taille. Une fois au panier c’est un excellent finisseur (65% de réussite) qui use à merveille de sa taille, ses longs bras, son très bon toucher de balle des deux mains ou d’un floater très fiable pour scorer. Également, il est actif sans le ballon, coupe vers le panier dans un très bon timing et est également très performant sur du jeu en transition.

Parsons est un athlète fluide et agile, mais manque cependant de force et d’explosivité. Son premier pas est assez banal et l’empêche de faire la différence sur un contre un. Il joue également généralement loin du cercle sur du jeu placé en demi terrain, et ce malgré sa taille et ses longs bras. Également, Parsons est très peu enclin à créer les contacts sous le cercle et cherche même régulièrement à les éviter, se contentant de floaters/leaners compliqués ou en déséquilibre à quelques mètre de l’arceau (3.0 FTA/m). Il n’est d’ailleurs pas capable de conclure avec les contacts.

Parsons est en revanche un excellent playmaker, un des tous meilleurs passeurs de la ligue sur le poste 3. Il possède une très bonne vision de jeu, est toujours attentif à trouver l’ouverture dans la défense, et se montre particulièrement performant pour pénétrer balle en main et trouver des coéquipiers ouverts sous le panier ou dans le périmètre. Altruiste, il réalise très fréquemment l’extra pass et possède un très bon QI basket. De plus, Parsons est généralement très lucide dans ses décision, affichant un excellent ratio ast/tov de 2.1 (seulement 1.9 tov/m). Reste à voir si cela pourra toujours être le cas avec plus de responsabilités à prendre et la gonfle plus souvent entre ses mains.

Défensivement, Parsons est un plutôt bon défenseur sur l’homme mais certainement limité et irrégulier. Il est tout à fait capable lorsqu’il est concentré et enclin à performer mais est bien trop irrégulier dans ses efforts, paraissant clairement se reposer sur certaines séquences de jeu. De plus, il possède un vitesse latérale plutôt bonne mais sans être excellente, et il est assez rarement dans une très bonne posture défensive. Il manque également grandement de force pour pouvoir tenir son territoire et défendre efficacement les postes 3 assez costauds que l’on retrouve en nombre dans la grande ligue (il est souvent pris dans les écrans ou ne peut offrir suffisamment d’opposition au poste et face aux pénétrations). En revanche, loin du ballon Parsons se montre plutôt bon, faisant preuve d’une bonne attention et d’une excellente discipline défensive, et jouant même plutôt bien les lignes de passes (1.2 int/m).

L’un dans l’autre, Chandler Parsons apparaît sur le papier comme une excellente acquisition pour les Dallas Mavericks. Ce profil de point forward aux très bons instincts de passeur, fiable sur jump-shoot et en pénétration, et défenseur limité mais correct n’est finalement pas si abondant que cela.

Sur un plan purement théorique cependant, il ne mérite pas forcément un contrat maximum et le salaire calibré super star qui va avec, étant grandement limité en terme de création offensive pour lui-même sur du un contre un (shoot ou drive), ce que l’on demande d’une star. La pratique est cependant un peu différente. Les Mavs étaient dans l’obligation de lui offrir une telle somme d’argent (46M/an sur 3 ans tout de même) pour que Houston ne puisse pas, ou ne veuille pas s’aligner et le conserver. Entre avoir un Parsons un peu surpayé ou rien du tout, Dallas a préféré la première option et sans doute à raison.

D’autant que, malgré ce contrat, les Mavs n’espèrent pas faire rentrer Parsons dans un rôle de première option offensive ayant déjà Dirk Nowitzki et Monta Ellis pour assurer le scoring. Il restera surpayé pour ses services, mais n’aura pas à changé de registre (scoreur occasionnel derrière deux scoreurs attitrés, et playmaker régulier), ce qui annihile tout risque de devoir s’adapter à un costume différent. Sans même compter le fait que Mark Cuban se préoccupe peu de payer la luxury tax s’il peut avoir une équipe compétitive en retour, et que son contrat bouche d’ailleurs beaucoup moins le cap que ça n’aurait été le cas à Houston. Dallas n’a personne de grassement payé, au contraire de Harden et Howard eux aussi sur contrat maximum chez des Rockets qui continuent de rechercher une 3e super star (et ne voulait pas faire de Parsons ce joueur là).

Même s’il ne le mérite pas vraiment, ce contrat maximum offert à Chandler Parsons par Dallas demeure une bonne affaire pour les troupes de Rick Carlisle.

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