[Interview] Nicolas Batum: « C’est peut-être mon plus grand défaut »

[Interview] Nicolas Batum: « C’est peut-être mon plus grand défaut »

Les Hornets continuent leur superbe second partie de saison avec une victoire à Philadelphie, et encore une fois Nicolas Batum a sorti un gros match. Il réalise son second triple-double de la saison avec 19 points, 12 rebonds et 12 passes. Nous étions là et nous avons pu lui poser quelques questions après la rencontre

6ème triple-double de ta carrière pour toi, le premier à l’extérieur en NBA. Comment tu t’es senti ce soir ?

Vraiment bien, c’est vrai qu’on a essayé de se mettre dans le rythme très rapidement et de ne pas tomber dans le piège de ces matchs là justement. On sait que quand on joue ce genre d’équipe comme Philadelphie, voilà ils n’ont plus rien à jouer, ils sont éliminés des playoffs donc si tu les laisses prendre confiance, ils peuvent peut-être avoir un espoir et ça peut devenir un match compliqué.

Ton coach me disait avant le match que tu avais joué à un niveau All-Star cette saison à part pendant cette période où tu étais blessé au pied. Qu’est-ce que ça te fait d’entendre ça de la part de ton coach ?

Le coach et mes coéquipiers m’ont mis dans une situation où je peux pleinement m’exprimer sur le parquet. Ce mois de janvier a été très compliqué à cause de cette blessure au pied que je n’ai pas forcément bien géré personnellement, je le reconnais. J’ai voulu trop précipité mon retour, j’aurais dû prendre mon temps et plus soin de mon pied avant de revenir. Mais d’une certaine manière, j’ai aussi appris de cette expérience. Depuis que j’ai repris mon rythme sans ma blessure, j’ai retrouvé un niveau intéressant qui me permet de porter l’équipe.

Pour moi, tu es un peu l’archétype même de ce joueur Français/Européen très collectif, très porté sur le jeu d’équipe et qui délaisse un peu son scoring pour le bien de l’équipe. Je ne vois pas de joueurs Français ou Européens aujourd’hui capable de prendre la relève de joueur comme Pau Gasol, Dirk Nowitzki ou même Tony Parker qui était capable les saisons d’avant de sortir très régulièrement des matchs avec beaucoup de points …

(Rire) Je pense que si tu poses cette question à Evan Fournier il ne te répondra pas pareil que moi. Evan il est plus scoring lui. Après ça dépend des joueurs et des formations qu’on a eues, moi c’est un style de jeu que j’ai adopté depuis que je suis gamin. Depuis que je suis gamin, j’ai toujours joué de la même façon. J’ai surtout suivi mes idoles qu’étaient Scottie Pippen et Dejan Bodiroga, des joueurs très collectifs et capables de tout faire sur le terrain.

Mais toi, tu n’aimerais pas être plus égoïste de temps en temps sur le parquet ?

Si des fois je dois l’être, mais après c’est dur parfois de forcer sa nature et d’ailleurs c’est peut-être mon plus grand défaut. De ne pas arriver à me forcer même si des fois j’essaye.

Tu m’avais dit au début du mois que c’était un mois de mars très important pour les Hornets, résultat, vous finissez avec 13 victoires ce qui est un record de Franchise…

On savait que ce mois allait être très important pour se mettre dans la course aux playoffs et d’avoir une bonne confiance pour la suite. On gagne 13 matchs ce qui constitue le record de la franchise donc c’est un petit peu un mois historique (sourire). C’est une bonne chose pour la suite, maintenant faut pas être satisfait de ça, ce n’est que le mois de mars, tu ne gagnes rien avec ça. Il nous reste 8 matchs à jouer contre des grosses équipes donc à nous de nous préparer pour les playoffs pour arriver prêts. Pas juste se dire ‘Super on y est !’ On y va pour faire quelque chose donc à nous de nous préparer.

Justement avec un mois comme ça, tu n’as pas peur que les Hornets se soient un peu découvert avant les play-offs, d’avoir en quelque sorte déjà tout montré avec ce mois quasi parfait ?

Tu sais, arriver à 70-72 matchs, je pense qu’on a tous plus ou moins montré ce qu’on est capable de faire donc je pense que toutes les équipes sont sur le même pied d’égalité que ce soit niveau fatigue, tactique, du jeu, tout le monde sait ce qui va se passer.

Propos recueillis par Arthur Heuzard à Philadelphie

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