[Interview 1/3] Joakim Noah: « Gamin à Paris, je suivais les Knicks sur Canal »
Joakim Noah et les Knicks, c’est une histoire d’amour de longue date. Lors de sa présentation, il est revenu longuement là-dessus – et n’a pas hésité à nous faire un clin d’œil typiquement français en mentionnant les soirées noctambules sur Canal +.
Qu’est-ce que cela te fait d’être aux Knicks ?
C’est une bénédiction ! Je suis tellement excité d’être ici. Je me sens comme un rookie à nouveau. C’est la même excitation. J’ai tellement envie de jouer. J’ai eu deux années difficiles, avec des blessures. Je suis dépassé par mes émotions ces jours-ci. Je me lève le matin, je suis juste heureux. Heureux !
Tu t’imaginais dans ce maillot en étant petit ?
(Regard très sérieux) Jouer avec ce maillot veut tout dire pour moi. Tout. J’ai grandi ici. J’étais fan des Knicks en grandissant. Même quand j’étais à Paris, gamin, je me levais à trois heures du mat’ pour regarder les matchs. Je me rappelle avoir vu la finale New York – Houston quand je vivais encore à Paris. J’étais debout à 3h du mat’. Ecole ou pas le lendemain… Canal + mon gars ! Spéciale dédicace à Canal + !
Parle-nous un peu de ton parcours ici…
Je suis allé à l’école des Nations Unies d’abord. C’était une super transition après Paris. Mais je me suis fait virer de là-bas, en fait… C’est après que je suis allé à Poly Prep (à Brooklyn), et c’est la meilleure chose qui me soit arrivé. Juste parce que l’éthique de travail était meilleure. Je commençais à prendre le basket de plus en plus au sérieux. Et puis bon, les écoles privées sont connues pour leurs programmes de basket aussi. Elles font des compétitions contre les écoles catholiques… Elles prennent les études au sérieux, mais elles prennent aussi leurs programmes de basket très au sérieux. J’étais avec d’autres gars qui voulaient aussi jouer en 1ère division en NCAA, quel que soit le sport. Etre dans cet environnement a aidé à me former.
C’est ce qui t’a décidé à signer du coup ?
Oui. Juste l’opportunité. Quand je suis au Garden, je sais que je n’aurai pas cette émotion ailleurs. Porter ce maillot, ça veut tout dire pour moi. J’étais au Garden quand Larry Johnson a rentré « le tir » (le trois-points plus lancer franc au match 3 des finales de conférence, permettant aux Knicks de passer à 2-1). J’étais au Garden quand Michael Jordan nous a botté le cul en nous plantant 55 points (lors de son retour en 1995). J’étais dans le building ! J’étais là aussi, gamin, pour les finales, quand Tim Duncan nous a botté le cul lui aussi. J’étais dépité. Dépité. Je ne suis pas ici pour juste prendre mon chèque et me faire plaisir. Je veux être un animal. Je veux être un animal et je veux rendre la ville fière d’elle.
« La rédemption, pour Derrick et moi, c’est une émotion très puissante »
Tu peux nous dire ce que cela représente pour toi d’être avec Derrick Rose aussi ?
(Il secoue la tête, comme s’il y croyait à peine) Tout ce que je peux dire, c’est que la rédemption est un sentiment très fort. C’est une émotion très puissante. On est passé par beaucoup de choses tous les deux. Les blessures, en tant qu’athlète, c’est certainement ce qui vous rend le plus humble possible. Je sais à quel point il a envie d’être sur le parquet – et je sais à quel point je veux être sur le parquet. Les deux dernières années ont été difficiles, mais je vais tout donner. Quand tu sais ça, au fond de toi-même, que tu vas tout donner… t’es bien.
Et Kristaps, tu en penses quoi ?
Porzingis ? Hype ! Hype ! C’est un bosseur. Quelqu’un qui a un talent incroyable. On n’a jamais vu quelqu’un comme lui. Qui peut faire tout ce qu’il fait avec sa taille. Je suis super excité de jouer avec lui.
Comment vois-tu l’équipe se former ?
Je crois que cela commence par créer une alchimie. Il y a beaucoup de nouveaux venus. Mais c’est une époque excitante aussi : nouveau coach, nouveaux joueurs… J’aime ce qui a été construit. J’aime la construction de cette équipe. Je crois que New York va être vraiment fière de cette équipe.
Tu sens l’effervescence qu’il y a en ville ?
(Grand sourire) Je le sens. Je le sens. Il y a un buzz en ville en ce moment. Les gens sont excités. Moi aussi. On a énormément de talent avec toutes ces arrivées. C’est à nous de faire que ça marche. La ville est vraiment excitée pour le basket new yorkais.
« C’est ici que je me sens le plus en paix »
C’est une certaine pression de jouer à New York aussi…
Tu sais quoi ? Je sais. Je sais qu’il y a beaucoup d’attentes quand tu joues pour New York. Mais je suis à la maison. J’ai mes gars avec moi. C’est ici que je me sens le plus en paix. Il y en a qui disent que je suis fou, qu’il y a trop de distractions. Mais la vérité, c’est que j’ai mes gars avec moi. Ma famille est ici. Les gens avec qui j’ai grandi. Ceux de mon quartier, à Hell’s Kitchen. Je me sens super bien !
On peut dire que c’est ici que tu t’es forgé ?
Putain que oui ! Putain que oui ! Je n’ai pas retiré ma casquette « Made in New York » depuis que j’ai appris que je venais ici (il fixe son regard, pour faire comprendre qu’il n’a pas besoin d’en dire plus) !
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Antoine Bancharel, à New York