En 1999, Phil Jackson a envisagé de transférer Kobe Bryant contre Grant Hill
Charley Rosen, ami de Phil Jackson, a publié aujourd’hui la 8e et dernière partie de The Phil Jackson Chronicles, après s’être entretenu avec le président des Knicks tout au long de la saison. Dans cette dernière, le Zen Master y évoque ses souvenirs avec Kobe Bryant, qu’il a coaché 11 ans.
Une relation parfois compliquée même si les deux hommes sont aujourd’hui totalement réconciliés.
Kobe était là lors de ma conférence de presse de présentation en tant que nouveau coach des Lakers (en 1999, ndlr). Il est ensuite venu à mon hôtel et on a discuté pour la première fois en face à face. Il a dit qu’il avait tout lu à propos de mes titres avec les Bulls, qu’il avait étudié plusieurs cassettes de matchs, donc il était très excité. Kobe avait 20 ans et il avait déjà joué 3 saisons NBA.
La Summer League était à Los Angeles cette année là et on s’est assis ensemble pour regarder les matchs des Lakers. Jim Cleamons était un de mes assistants coachs à Chicago et était aussi dans mon staff avec les Lakers. Donc c’était JC qui coachait l’équipe de gars en quête de contrats et de choix de draft. Alors que j’expliquais les éléments de bases de l’attaque en triangle que JC avait mis en place, et que j’évoquais même les principes les plus avancés, Kobe était toujours excité. Il était clair pour moi qu’il était non seulement prêt à apprendre, mais qu’il voulait vraiment apprendre.
Et puis il est tombé et s’est cassé le poignet lors de notre premier match exhibition. Pendant plusieurs semaines, Kobe devait regarder des gars comme Shaq, Glen Rice, Ron Harper, Rick Fox, Derek Fisher, A.C. Green, Brian Shaw et Robert Horry empiler un bilan de 10 victoires pour 1 défaite. Shaq avait vraiment bien accepté le triangle et il était très bien en place au cœur de notre attaque.
Quand Kobe était guéri et prêt à revenir, j’étais un peu réticent à effectuer un gros changement dans notre combinaison gagnante. Donc j’ai suggéré que Kobe sorte du banc. « Je ne me vois pas ne pas être titulaire » a été sa réponse. « Je ne veux pas être connu comme un joueur de banc ». Il avait 20 ans et il se préoccupait déjà de son héritage.
Quelques semaines plus tard, on gagne toujours et Shaq est motivé à fond. Mais Kobe ne tournait qu’à 19 points de moyenne par match. Donc Kobe a appelé Jerry West et voulait savoir comment Jerry et Elgin Baylor tournaient tous les deux à 30 points de moyenne. Kobe a aussi dit qu’il voulait être transféré. Bien sûr, Jerry m’en a parlé. Et pendant quelques minutes, j’ai songé à accepter une offre des Pistons qui avaient proposé de transférer Kobe pour Grant Hill. Pendant quelques secondes en fait.
Kobe se voyait déjà comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de la NBA. Je pensais, qu’en temps voulu, il atteindrait effectivement cet objectif. Quoi qu’il en soit, il n’allait pas être transféré. Donc on a parlé de patience, de laisser le jeu venir à lui. Mais de temps en temps il sortait quand même des systèmes et faisait son propre truc, en essayant de gagner les matchs à lui tout seul. Quand je lui ai fait remarquer, il m’a dit que pour qu’on continue à gagner, il avait beaucoup de choses à faire.
Il y a eu un match contre Toronto où Kobe s’est lancé dans un 1 contre 1/concours de scoring avec Vince Carter et on gagné le match avec plus de difficulté à cause de ça. Donc j’ai eu une autre conversation avec Kobe, en lui disant que la façon la plus simple pour nous de gagner c’était qu’il s’assure que Shaq ait le ballon quand il avait une position. Et Kobe m’a sorti un de ses : « Oui, mais… ».
Sur le reste de la saison, Kobe avait plus ou moins compris le message. Mais on a quand même 4 ou 5 discussions sur le même sujet qui était : « Sers le joueur ouvert ».