Nando De Colo: « Ce qui me déplaît c’est ce que Nicolas Batum a pu dire »
Dans la seconde partie de l’excellente interview accordée par Nando De Colo à la LNB, l’arrière revient sur l’équipe de France et tout ce qui a été dit avant, pendant et après la compétition, notamment le concernant. voici quelques morceaux choisis:
Mais comment avez-vous vécu les critiques émises par Tony Parker après la compétition ?
Non… (Soupir et longue pause) Il n’y a pas eu… enfin personnellement, je n’ai pas vraiment fait attention à tout ça. Et puis, je pense qu’il y a eu certaines choses qui ont été mal interprétées. En plus, quand c’est imprimé sur le papier et qu’on lit, cela peut paraître un peu différent de ce que le joueur pensait vraiment. Moi, derrière, je sais que j’ai eu quelques discussions avec Tony pour savoir comment tout se passait. Lui m’a écrit pour me demander comment se déroulait ma reprise à Moscou. J’ai fait la même chose lors de la reprise NBA. Après, tout ça n’est pas bien grave. Pas important… Je crois que ce n’est pas ce qu’il a voulu dire… Maintenant, il faut essayer de se tourner vers le futur et faire le maximum pour conserver cette continuité dans la performance qu’on a pu avoir pendant toutes ces années. Après, il faut aussi apprendre de nos erreurs. Moi, sur tout ce qui a été évoqué, ce qui me déplaît le plus, c’est ce que Nico (Batum) a pu dire. Parce que si c’est vraiment ce qu’il a pu ressentir, c’est à dire de ne pas avoir été exploité de la meilleure des manières, bah ce n’est pas après la compétition, dans la presse, qu’il faut le dire, mais plutôt pendant la compétition et au moment voulu. Il faut qu’il en discute avec le coach, avec les autres leaders de l’équipe aussi, ceux qui ont le plus d’expérience. Là, on essaie de tout mettre à plat sur le moment pour corriger le tir. Pas après, quand c’est trop tard… Donc, j’espère que ce sont des choses qu’on essaiera de faire évoluer à l’avenir : se dire les choses et essayer d’aller de l’avant pour avoir l’équipe la plus compétitive possible.
Vous pouvez lire la réaction de Nicolas Batum aux propos de Nando ici
Très honnêtement, dans les discussions entre observateurs des Bleus, ce qui revenait justement, c’était le rôle pas assez important donné à celui qui venait d’être sacré Meilleur Joueur FIBA…
Moi, j’essayais de rester sur mon rythme. Evidemment, on me voyait moins que l’été précédent par exemple. Parce qu’à l’été 2015, j’ai commencé à être dans le cinq majeur, avec plus de 25 minutes de temps de jeu alors qu’avant, il m’arrivait de jouer 25 minutes parfois, puis seulement dix. Je n’avais pas un rôle bien déterminé. A l’été 2015, évidemment, il y a eu un déclic. Je sortais d’une bonne saison avec le CSKA et j’ai essayé de surfer là-dessus. L’été dernier, ça a été pareil à peu près. Mais tout en respectant les rôles de chacun. On sait bien que l’on ne peut pas prendre la place des uns et des autres. Dans le passé, la force des Bleus était aussi d’avoir une hiérarchie claire et des joueurs de très bon niveau à chaque poste. Mais c’est comme avec le CSKA : quand les choses fonctionnent, c’est que chacun sait ce qu’il a à faire et reste dans son rôle. Tu sais, l’équipe de France, pour moi, c’est avant tout une aventure collective où l’on va chercher ensemble des résultats. Evidemment, ça dure deux mois, l’été. Alors il faut faire l’effort et essayer de s’ajuster le plus vite possible au rôle qu’on se doit d’avoir au sein de cette équipe. Après, avoir plus de responsabilité ou d’opportunités, c’est un truc qui se construit ou se gagne plutôt, au fil des matches et des campagnes.
En cours de préparation, vous donnez une interview dans les médias dans laquelle vous revendiquez (gentiment) un nouveau statut. Le lendemain, paraît une interview de Tony titrée : « Je suis toujours le boss ». Quand on constate comment TP a pu passer la main à Leonard et Alridge aux Spurs, de l’extérieur, avouons que l’on s’est dit que tout cela n’était pas top. Vous serez confronté un jour à cette indispensable évolution de votre rôle. Pensez-vous que ce soit difficile à accepter ?
Clairement. Je pense que ça doit être difficile à digérer. Après, cela dépend aussi du caractère des uns et des autres. Moi, je sais que je suis un joueur qui, s’il constate à un moment qu’il n’a plus les mêmes jambes que par le passé, cela ne me dérangera pas d’être dans un rôle différent. Un rôle de mentor auprès d’autres joueurs plus jeunes et de tout faire pour les aider à progresser. Après, comme je viens de le dire, cela dépend du caractère de chacun. Cela doit être aussi difficile, quand on a fait autant pour l’équipe de France et que c’est votre dernière campagne, de ne pas parvenir à atteindre son but. Mais bon… je le répète, ça a été un été compliqué. Tous les joueurs ont vraiment eu du mal à trouver leur place. Même quand Rudy (Gobert) est arrivé dans l’équipe, ça n’a pas été simple. Parce que ça a redistribué pas mal de cartes dans le secteur intérieur. Voilà… Le plus important maintenant, c’est de se tourner vers le futur, parce que pour nous, l’équipe de France, ça ne se terminait pas aux J.O. de Rio. Il faut donc juste apprendre de nos erreurs et se préparer au mieux pour les compétitions à venir.
Retrouvez l’intégralité de l’interview sur le site de la LNB