[Interview] Joffrey Lauvergne : « J’ai joué avec Tony et Boris, mais jamais avec des joueurs comme Russell »

[Interview] Joffrey Lauvergne : « J’ai joué avec Tony et Boris, mais jamais avec des joueurs comme Russell »

Joffrey Lauvergne développe enfin son jeu au sein du Thunder, quand beaucoup pensaient que l’effectif était bouché à l’intérieur. Sans oublier Russell Westbrook, qu’il estime incomparable, même en ayant joué avec des joueurs du calibre de Tony Parker ou Boris Diaw.

Après le trade, beaucoup pensaient que cela allait être chargé à l’intérieur à OKC, et que tu n’aurais donc pas beaucoup de temps de jeu…

On m’en a parlé, c’est vrai. Mais moi depuis le début je trouvais qu’il y avait presque moins de monde à Oklahoma qu’à Denver. Depuis le début, j’ai regardé comment l’équipe était construite, et puis surtout le fait que le coach (Billy Donovan) aime beaucoup les grands. Il aime même beaucoup jouer les deux poste 5 en même temps, or il n’y a pas beaucoup d’équipes qui font ça. Surtout qu’à Denver, non seulement il y avait autant d’intérieurs voire même plus, et on faisait aussi jouer Danilo Gallinari, Wilson Chandler et même Will Barton parfois au poste 4. Donc bon, j’ai eu de bons moments à Denver, cela m’a bien servi, tout ça, mais j’étais gagnant sur tous les points. J’allais arriver dans une équipe qui avait plus de place sur mon poste, mais en plus qui avait aussi de plus hautes attentes, donc j’étais content.

Donc dès l’annonce, tu t’attendais plutôt à jouer ?

Oui, parce que j’avais bien regardé le roster. Et en plus depuis il n’y a même plus (Ersan) Ilyasova, alors qu’en fait il devait être là, donc voilà ! (En début de saison, Joffrey était quand même surpris de ne pratiquement pas jouer lors des premiers matchs, il comprendra plus tard que le staff voulait montrer Ilyasova pour pouvoir échanger le Turc, ce que le reste du groupe ne savait pas à l’époque).

C’est une équipe que tu avais pas mal observé ?

Oui, forcément. Déjà parce qu’on les avait joué quatre fois, plus une ou deux fois en pré-saison. Et puis après tu regardes d’autres matchs quand tu les prépares, que tu fais du scouting et tout ça, donc oui bien sûr. Leur jeu me plaisait, ne serait-ce que parce que c’est une équipe qui gagne beaucoup de matchs, mais aussi qui joue grand.

Quels sont les objectifs du Thunder cette année ?

Déjà, depuis le début en fait ils disent qu’on joue pour gagner le titre ici. Donc si déjà tu ne passes pas le premier tour des playoffs, dans cette mesure-là tu peux exprimer que c’est une contre-performance ! Et puis bon, on a un des deux ou trois meilleurs joueurs actuels, voilà… Ça donne des idées !

« J’ai joué avec Tony et Boris, mais jamais avec des joueurs comme Russell »

 

Russell Westbrook est en mode couteau entre les dents. Quelle est ton impression ?

C’est impressionnant, c’est sûr. C’est incroyable. Tu as l’impression qu’il fait des triple-double tous les soirs (depuis le match contre les Knicks dans la nuit de lundi à mardi, c’est d’ailleurs le cas en moyenne…) ! Il y a beaucoup de choses à regarder quand tu le vois évoluer à ce niveau. C’est un exemple sur le terrain.

Peut-on dire qu’il est incomparable, quelque part ?

On peut dire qu’il est incomparable oui. J’ai joué avec des joueurs comme Boris (Diaw), comme Tony (Parker), mais jamais avec des joueurs comme lui. C’est sûr que c’est impressionnant.

On parle énormément de ce que tu fais à trois points pour expliquer l’augmentation de ton temps de jeu, mais ton apport défensif joue beaucoup aussi, non ?

Oui, c’est vrai ce que tu dis. Et en plus je me sens plus à l’aise quand je défends sur les poste 4 que contre les poste 5. L’année dernière, je jouais pratiquement toute la saison en poste 5. Ça n’a pas toujours été facile, quand tu joues contre des grands, des lourds etc. Ce n’est pas que je suis plus petit mais bon, je ne sais pas, ça m’a toujours… En fait, je n’avais jamais joué poste 5, à part en équipe de France. Donc bon, 4 ans en équipe de France ça fait quoi ? 4 mois en tout quoi… Donc je me sens plus confortable et j’ai plus l’habitude de faire la défense que je fais actuellement que celle que je faisais l’an passé.

Quelque part, tu remplaces un petit peu Serge Ibaka aussi dans ce double-rôle 3 points et défense…

Bah, je me suis fait trader bien après, mais disons oui qu’il est parti et derrière ça ils ont ramené deux jeunes joueurs, Domantas Sabonis – même si lui est bien plus jeune – et moi. Donc on n’arrivait pas avec le même statut qu’Ibaka lorsqu’il est parti, mais au niveau du style de jeu, on essaie de jouer de la même façon que ce qu’il faisait avec eux l’année dernière. Pas forcément aussi bien, mais bon ! (Rires)

On sent que tu te fais plaisir….

Ouais, ouais ! (Il sourit) Je me fais plaisir. Déjà, de gagner, ça change beaucoup de choses. Je ne veux pas qu’on pense quand je parle comme cela que je dis (il grimace) : « ah, Denver c’est nul, machin-truc ». C’est pas ça, c’est juste que, à Denver, on avait moins de talent qu’ici et on gagnait moins de match. (Pause) C’est dur quand, en décembre ou janvier, tu sais que tu ne vas pas faire les playoffs, ou que ça va être super compliqué ! Que toute l’équipe se dit ça. Que tu sais que tu ne vas pas descendre en deuxième division non plus. C’est dur de continuer d’avancer et de montrer un beau visage… Ce n’est pas toujours évident en tout cas.

As-tu changé la manière dont tu travailles individuellement ?

Je travaille pareil qu’avant, car même si à Denver c’était moins la manière dont on m’utilisait, je savais quand même que c’était mon jeu et je continuais à travailler. Parce que j’avais besoin de me sentir progresser, de la manière dont je me voyais évoluer, et sur le joueur que j’estime être. Donc je travaillais déjà comme cela et je continue de travailler dans ce sens.

 

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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