[Interview All-Star Game] Nicolas Batum : « Rudy Gobert vivre ça pendant un ou deux ans… »

[Interview All-Star Game] Nicolas Batum : « Rudy Gobert vivre ça pendant un ou deux ans… »

L’ailier français n’a pas hésité à donner ses réactions sur les votes au All Star Game et plus particulièrement l’absence de Rudy Gobert. Mais aussi la présence de son coéquipier Kemba Walker, et la situation actuelle des Charlotte Hornets

Nicolas, avec sa non-sélection au All Star Game, ils vont nous mettre Rudy en colère pour dix ans là…

C’est difficile, parce qu’il le méritait… Mais en fait, il est en train de vivre ce que DeAndre Jordan a vécu. Ce que DeAndre a vécu sur les deux ou trois dernières années, c’est ce que Rudy va vivre pendant un ou peut-être deux ans malheureusement, je pense. La première sélection au All-Star Game est la plus difficile. Rudy était obligé de se faire snober une ou deux fois du coup. Marc Gasol a déjà été All-Star auparavant et il fallait un mec de Memphis… Cousins, il est tellement dominant qu’il devait être All-Star. Anthony Davis était déjà titulaire… Ça se joue entre Rudy et DeAndre. Mais DeAndre était first team All-NBA, champion olympique avec Team USA… Il avait cet avantage-là sur Rudy. Ils ont quasiment les mêmes bilans victoires-défaites, ils ont quasiment les mêmes stats. C’est peut-être ça qui a pesé, malheureusement pour Rudy. Mais c’est clair que Rudy se fait snober.

Est-ce qu’il ne manque pas un peu de capital sympathie, parce qu’il parle beaucoup notamment ?

Non. On dit cela parce qu’il est Français. Les Américains parlent tout autant et on ne dit rien.

Il n’a que 15 votes des joueurs, quand un Zaza Pachulia en prend 19… Ça n’est pas révélateur ?

Non, c’est la hype du premier vote du public. Il doit y avoir certains joueurs qui ont dû suivre la hype je pense… C’est gratter et aller chercher un peu loin là je pense !

Le vote des joueurs a justement été pas mal critiqué, notamment par Steve Kerr, au vu de certains résultats…

J’étais dixième arrière à l’Est selon le vote des joueurs ! Pas normal ça (il sourit) ! Ils ont voulu changé, je n’ai rien contre. Moi je trouve que c’est bien de l’ouvrir aux joueurs. Je trouve cela normal d’un côté que ce soit à nous de voter, mais il faut le faire intelligemment.

Justement, c’est ça le problème ! Il y a plein de joueurs qui n’auraient jamais dû recevoir une voix.

C’est un peu ça le problème, oui, mais ça reste normal. C’est aussi à nous d’avoir un avis. C’est nous qui jouons, donc c’est nous qui avons un meilleur avis. On s’affronte tous les soirs… mais c’est sûr qu’il  faut le faire intelligemment. Moi les votes que j’ai fait, je pense qu’ils n’étaient pas mal.

Tu n’as mis que des Français ?!

(Il rit) Non ! Je n’en ai mis qu’un. Pas moi hein ! Mais je pense que j’ai essayé de faire un vote qui a un certain sens. Je n’ai pas vu les résultats complets, mais normalement tu devrais avoir un certain mérite ou une considération minimale, c’est sûr.

Heureux pour Kemba Walker et sa sélection du coup ?

Bien sûr, bien sûr. C’est vrai qu’il le mérite énormément. Je pense que ça aurait été très, très, très dur s’il n’avait pas été sélectionné. Que ce soit personnellement ou en tant que groupe. Parce que c’est quelqu’un qui mérite. Et nous c’est vrai que l’on a poussé pour qu’il y soit aussi. Donc qu’il soit récompensé par la sélection All-Star, ça fait que toute l’équipe est contente pour lui. C’est quelqu’un qui le mérite énormément, qui est super sympa. On espère qu’il va bien s’amuser là bas ! Au niveau de la franchise, de la ville, pour tout le monde. C’est une très, très belle récompense pour tous.

 

« Kemba fait partie des meilleurs »

Où en est l’équipe justement ?

On a beaucoup de hauts et de bas. On a eu un calendrier difficile depuis six semaines. Ce qui va se calmer après le All-Star break. Jusque–là on a eu pas mal de road-trips à enchaîner, pas mal de grosses équipes. L’Est est un peu bizarre cette année en plus. On est quand même dans le top 8. On essaie de limiter la casse. On a eu quelques blessures aussi. Moi, Cody (Zeller), Marco (Bellinelli)… On essaie de survivre et pour l’instant on gère bien.

Quelle est la différence entre l’an passé et cette année ?

C’est difficile à dire car on a remplacé pas mal de joueurs, avec d’autres joueurs clés. Mais au jour d’aujourd’hui, on a un meilleur bilan que l’année dernière, comparativement au même point dans la saison. On est aussi l’équipe qui fait le moins de jeu un-contre-un ou en isolation, donc ça veut dire qu’on bouge vraiment bien le ballon. C’est un gros point positif.

Les performances de Kemba sont d’ailleurs moins dépendantes de ta présence sur le terrain, un signe que tout le collectif est meilleur là aussi ?

Oui, on a un Bellinelli qui est un joueur européen, qui comme moi aime bien faire tourner le ballon. Kidd-Gilchrist pareil. Marvin (Williams) bouge le ballon, (Ramon) Sessions pareil…

Quand tu étais arrivé à Charlotte, tu disais que Kemba n’avait rien à envier à Damian Lillard

La preuve ! Il fait partie des meilleurs. Il grandit. Moi ce qui m’impressionne avec lui, entre quand je le regardais avant et depuis que je joue avec lui, c’est qu’il a trouvé un équilibre dans son jeu. Quand il doit faire jouer l’équipe et quand il doit dominer. Et ça il le fait très bien d’ailleurs. Il bosse beaucoup, il regarde beaucoup de vidéos, c’est son évolution.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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