[Interview] Joel Embiid : « C’est comme ça que j’ai commencé à aimer le basket »

[Interview] Joel Embiid : « C’est comme ça que j’ai commencé à aimer le basket »

Avec les playoffs en ligne de mire, les ambitions du Camerounais grandissent, mais aussi ses objectifs personnels. Basket-Infos est allé parler de son jeu avec lui, en évoquant aussi celui de Ben Simmons et le cas Markelle Fultz. Des éléments qui collent bien au concept « The Process »…

Joel, les playoffs, c’est quelque chose qui te motive particulièrement ?

Oui ! La première fois que j’ai regardé du basket NBA, c’était la finale des Lakers contre Orlando. C’était très intense, et c’est comme ça que j’ai commencé à aimer le basket. Donc forcément j’ai envie de vivre ça, de savoir un peu ce que c’est de jouer à ce niveau.

Tu vous vois plutôt comme des « underdogs » ou des « contenders » ?

Si on est à la 6ème place, c’est plutôt « underdogs », mais en même temps je trouve qu’on a une bonne chance de surprendre pas mal de monde. Je suis assez excité par rapport à nos chances en playoffs.

Vous avez de grandes chances de croiser les Cavaliers à un moment, si c’est le cas qu’en penses-tu ?

Il reste encore pas mal de matchs donc on verra, mais si c’est le cas je trouve qu’on a un bon match-up contre eux. A mon avis on a l’avantage au poste bas, contre leurs intérieurs. Mais il y a encore de la route avant d’en arriver là.

« Je ne suis pas complètement satisfait de ma saison »

 

Es-tu satisfait de ta saison ?

Pas complètement. Au début de l’année, l’équipe voulait que je ne joue que 50 matchs, et là j’ai déjà passé ça, alors qu’il ne nous reste qu’une quinzaine de matchs à jouer. Du coup je suis assez content de ça. Et j’ai envie de jouer encore plus bien sûr, surtout les derniers de la saison là. Je suis sur le bon chemin. Sur le plan physique d’ailleurs, je me sens bien. Des fois c’est un peu compliqué, mais j’ai de bonnes sensations. Il faut que je continue à travailler et les matchs suivants, je pourrai continuer à dominer.

C’est difficile pour toi de savoir quand dominer et quand laisser faire tes coéquipiers d’ailleurs ?

Oui. Honnêtement. Tout est basé sur la confiance. Des fois, je passe la balle et ça ne rentre pas derrière, comme le match contre Indiana. Donc du coup j’essaie de prendre le match en main et peut-être que je suis trop agressif. Je veux tout faire tout seul. Du coup je suis sûrement un peu bloqué dans mon truc, et c’est ça qui fait que j’ai des pertes de balle… J’essaie de dominer et peut-être que je fais trop d’erreurs du coup. Mais je sais aussi que je dois être agressif. Par exemple, contre les Knicks on était derrière, et je savais que c’était à moi de prendre le match en main. Du coup c’est ce que j’ai fait. Ça ne compte pas d’ailleurs ce qu’il s’est passé avant. Quand le quatrième quart temps arrive, il faut que je m’y mette. Des fois peut-être que je n’ai pas été assez agressif. Mais en même temps des fois j’ai peut-être trop cherché à l’être… Je continue d’apprendre !

« Sur le terrain, il n’y a pas de pote »

 

En défense, le contre sur Emmanuel Mudiay ce soir est un bon exemple de ta fierté dans ce secteur, et notamment dans ce genre de situation ?

Oui ! C’est une question d’orgueil pour moi. Si je « switch » sur un arrière, je trouve ça irrespectueux qu’il essaie de nous attaquer, nous les grands, parce que soi-disant on est plus lents… Pour moi c’est manquer de respect. Du coup je veux faire quelque chose pour marquer le coup, et un contre c’est toujours bien ! Je l’ai déjà dit, je veux être le meilleur défenseur en NBA. Donc des moments comme ça, il faut que je fasse quelque chose pour qu’on s’en rappelle. Je peux te dire qu’il en a entendu parlé derrière (rires) ! C’est mon gars en plus. Mais sur le terrain, il n’y a pas de pote.

On te voit également faire des feintes à trois points, pour partir en dribble derrière, ça a l’air de te faire plaisir ce genre d’action…

Oui, j’aime bien ça ! Il faut faire gaffe aux turnovers, mais ça fait partie de mon jeu. J’essaie de travailler ça de plus en plus. Ça va me permettre d’attirer un défenseur supplémentaire aussi, et de trouver des coéquipiers ouverts. Il faut que je fasse un meilleur boulot en tant que « playmaker » d’ailleurs.

Et Ben Simmons, doit-il devenir plus scoreur lui ?

Je crois qu’il faut que cela vienne de lui. Il veut être un « pass first point guard ». Comme il a pas mal de gars à qui il peut passer le ballon et qui vont rentrer leur tir… Parfois il a besoin d’être (il insiste sur ces mots) un petit peu plus agressif. Mais personne ne devrait chercher à le changer, à changer comment il joue. Il va être de plus en plus agressif naturellement, parce qu’il continue d’apprendre. C’est sa première année, il apprend, tout le monde a son avis, mais il faut le laisser faire.

Où en est Markelle Fultz ?

Il va bien ! De mieux en mieux. Il s’entraîne avec nous, quand il a la possibilité. J’ai hâte de le voir revenir. C’est mon gars ! On est proches depuis qu’il est arrivé à Philly, donc tout ce que je peux faire pour l’aider je le ferai. Je sais ce que c’est de ne pas pouvoir jouer ta première saison, Ben (Simmons) aussi d’ailleurs…

Le tournoi universitaire débute, quelles sont les chances de ta fac, Kansas ?

Il faut voir. On a gagné le tournoi Big 12 et on a de bonnes chances je trouve. Il y a de l’expérience, ce qui compte toujours quand tu veux remporter un titre… Forcément, quoiqu’il arrive je suis fan, je vais supporter, mais franchement j’aime bien cette équipe. On peut shooter à trois points, avec Devonte (Graham), Sviatoslav (Mikhailiuk), j’aime bien ce que fait Udoka (Azubuike) aussi. J’y crois !

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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