[Interview] Matthew Dellavedova : « LeBron James et Giannis Antetokounmpo partagent cette faim et ce désir de s’améliorer chaque jour »

[Interview] Matthew Dellavedova : « LeBron James et Giannis Antetokounmpo partagent cette faim et ce désir de s’améliorer chaque jour »

Hier Matthew Dellavedova était de passage à Paris pour présenter sa signature shoe, la Delly One de Peak, et nous étions là pour jouer avec lui mais aussi lui poser quelques questions.

Bonjour Matthew et merci de répondre à nos questions ! Tu es ici pour présenter ta première chaussure signature, la Delly I, qu’est-ce que ça représente pour toi ?

C’est un immense honneur. Je suis vraiment très fier de représenter Peak. Je n’avais jamais vraiment rêvé d’avoir ma propre chaussure parce que pour moi, ce n’était même pas une éventualité. La chaussure est vraiment un superbe produit, je suis vraiment fier de ça.

Justement, on nous a dit que tu avais été bien impliqué dans le processus, tu peux nous en dire un peu plus ?

J’ai été impliqué dans toutes les étapes : la semelle de la chaussure, les lacets, la languette, le logo (qui représente l’Australie avec un ballon situant Maryborough, sa ville d’origine). Nous avons fait quelques tests, ils n’hésitaient pas à faire des ajustements et à revenir en arrière selon mes remarques. Ils devaient en avoir marre à la fin tant j’ai pu être aux aguets sur certains petits détails (rires). Je suis vraiment content du produit !

Tu es un joueur de combat, l’action la plus Dellavedo-esque de la saison, c’était sûrement cette interception puis ce buzzer à la fin du premier quart-temps du match 4 contre les Celtics, qu’as-tu ressenti à ce moment-là ?

Le public était vraiment incroyable à Milwaukee pendant ces playoffs. Pouvoir réussir une action comme celle-ci, surtout après une saison difficile avec mes blessures, tous ces efforts pour revenir au plus haut niveau, C’était vraiment… génial

Tu es un joueur de l’ombre, un col bleu, qu’est-ce que ça te fait d’être un des joueurs les plus appréciés par tes supporters mais détestés par les fans des autres équipes ?

Le plus important, c’est que tes équipiers t’aiment bien. Je suis Australien, mes parents m’ont toujours inculqué ces valeurs : être le meilleur coéquipier. Je suis très compétiteur donc je veux vraiment gagner et même si les autres joueurs n’aiment pas ça, j’espère que mes coéquipiers veulent me garder avec eux.

Les Bucks n’ont pas gagné une série depuis 2001. Est-ce que tu ressens plus de pression vis-à-vis des fans. Qu’est-ce qui a manqué par rapport aux Celtics ?

C’était dur. Il y a pleins de petites choses qui nous ont manquées, que nous avons ratées. Nous n’avons pas su saisir toutes les opportunités et en playoffs, tu dois les réussir. Boston a failli faire les Finales alors qu’ils ont presque perdu au premier tour. Nous savons que nous sommes proches. Nous devons travailler cet été pour devenir meilleurs individuellement et revenir plus forts en tant qu’équipe.

Qu’est-ce que Mike Budenholzer va changer et est-ce qu’il t’a déjà appelé par rapport à ce qu’il attend de toi ?

Nous avons eu quelques discussions oui ! Ce sont des conversations générales pour le moment, il essaye d’apprendre à nous connaître. Il a fait un travail incroyable à Atlanta et je suis vraiment impatient de voir ce qu’il va pouvoir faire à Milwaukee.

Tu es l’un des joueurs avec le plus gros leadership dans une équipe très jeune. Quel est le message que tu essayes de transmettre aux autres joueurs ?

Je pense que quand tu as un effectif qui arrive en playoffs, avec lequel tu veux aller en Finales, aller gagner un titre, tu dois faire attention aux petites choses. Les écrans retard, la communication en défense. Ce sont ces détails qui te font gagner ou perdre une série. Nous devons travailler sur ces points pour nous améliorer.

Quel est le joueur extérieur le plus difficile à défendre ? Est-ce que ta défense sur Stephen Curry pendant les Finales 2015 était la meilleure de ta carrière ?

C’est une question difficile, le poste de meneur de jeu est le plus relevé de la ligue. Chaque match est difficile. Tu as Curry bien sûr, Westbrook, Kyrie, Chris Paul, Lillard, John Wall. Tous les meneurs de jeu sont forts. Tu dois vraiment être prêt à chaque instant. Les Finales de 2015 ont vraiment été une opportunité incroyable pour moi dans une situation difficile avec les blessures de Kyrie Irving et Kevin Love. C’était une superbe expérience et la défaite n’a fait que renforcer notre motivation pour l’année suivante.

Tu joues avec Giannis Antetokounmpo, tu as joué avec LeBron James, quel est leur principal point commun ?

Leur faim et leur désir de s’améliorer chaque jour. C’est la chose qu’ils partagent. Cette envie de gagner, de trouver un moyen de le faire, je le vois dans ces deux gars-là. Bien sûr je ne compte pas les points évidents comme le physique. J’ai eu la chance de jouer avec le LeBron « Produit fini », celui qui a plein d’expérience à revendre. Giannis progresse chaque jour, apprend beaucoup de choses et je suis vraiment impatient de voir son développement et de l’aider alors que c’est déjà un joueur exceptionnel !

Tu reviens d’Australie où tu as joué les qualifications pour la Coupe du monde, Evan Fournier avait vivement critiqué le format en nous disant que c’était « de la grosse merde » parce que les équipes n’avaient pas leurs meilleurs joueurs. C’est aussi ton sentiment ?

D’un côté, c’est dur de manquer ces matches importants pendant la saison mais d’un autre côté ça donne l’opportunité à d’autres joueurs de porter le maillot des Boomers et ils ont fait un travail incroyable ! C’est une chance pour ces joueurs de devenir meilleur.

Que s’est-il passé à Manille ?

C’est triste. Ce n’est pas bon pour le basket-ball. J’attendais ce match avec impatience puisque l’année dernière j’étais allé aux Philippines avec Peak et j’avais pu voir à quel point les Philippins sont passionnés par notre sport. Ce qui s’est passé, devant 30 000 personnes, c’est triste. Tous ces joueurs vont bien et je pense que c’est vraiment le principal.

Aux Etats-Unis, une partie de la diaspora australienne supporte les Bucks parce que c’était l’équipe d’Andrew Bogut, un peu comme chez nous en France avec les Spurs et Tony Parker. Est-ce que tu suivais particulièrement les Bucks quand tu étais plus jeune ?

Quand j’étais plus jeune, mon idole c’était Steve Nash, donc je regardais plutôt les Phoenix Suns ! »

Propos recueillis par Hugo Givernaud

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