Drew Hanlen veut transformer Joel Embiid en Shaquille O’Neal au poste bas

Drew Hanlen veut transformer Joel Embiid en Shaquille O’Neal au poste bas

Drew Hanlen commence à avoir un vrai nom en NBA. Le coach personnel spécialiste de la mécanique de tir, à qui la tache de rétablir le shoot de Markell Fultz était confiée, s’occupe également entre autres, de joueurs comme Bradley BealZach LaVineJoel Embiid et Jayson Tatum, de quoi avoir un carnet d’adresses bien rempli !

Concentrons-nous aujourd’hui sur le pivot des Sixers, Joel Embiid. En deux saisons en NBA (pour seulement 94 matchs de saison régulière disputés), le Camerounais a progressé mois après mois, changeant le visage des 76ers de cancre à celui de possible contender dans la conférence Est. Titulaire au dernier All-Star Game et participant à ses premières joutes de playoffs, il a clairement passé un cap l’an dernier. Mais a-t-il atteint son potentiel maximum ? Peut-être pas. Embiid commet encore beaucoup d’erreurs et perd beaucoup de ballons. Il est donc perfectible. Ce sont d’ailleurs sûrement ces erreurs qui font la différence entre une star de la ligue et une superstar capable de mener son équipe au titre, comme il en existe peu. Travailler sa condition physique, son handling, sa vision du jeu, sa gestion des prises à deux et ses moves au poste bas faisaient donc logiquement partie de son programme avec Coach Hanlen cet été. Voici d’ailleurs ce qu’il avait livré à la conférence de presse prévue pour le Africa Game il y a une dizaine de jours.

« Quand ma saison s’est terminée, il y avait beaucoup de discussions sur le fait de recruter une superstar. Je m’en foutais car mon seul objectif était de devenir meilleur. Je veux être meilleur que ces gars qui étaient mentionnés. Enfin, je peux me préparer en étant au top de ma santé pendant l’offseason et je suis capable de faire exactement ce que je veux faire. » Joel Embiid

Il est vrai que pour son début de carrière, Joel Embiid n’a pas été épargné par les blessures. Absent des parquets pendant la totalité des deux années ayant suivi sa draft en raison de deux opérations au pied, il n’a ensuite joué que 31 matchs lors de sa saison rookie tronquée en raison d’une déchirure du ménisque qu’il a dû encore soigner pendant tout l’été 2017. Enfin, Embiid va pouvoir se concentrer plus sur ses défauts que sur sa santé, à la plus grande joie de son coach Brett Brown.

« C’est le premier été où il arrive à être en bonne santé. Si vous faites un zoom sur ce qu’il doit développer cet été, vous voyez que sa capacité à naviguer au poste (en se retournant de face, de dos, en ressortant la balle) est un domaine qu’il doit posséder et maîtriser à son paroxysme. Il doit vraiment développer cette facette du jeu, et je pense qu’il le fera ! » Brett Brown

Drew Hanlen de son côté, après avoir travaillé pendant deux étés avec un Embiid diminué, n’hésite pas à livrer plus de détails sur la progression estivale du pivot. Les deux années passées ensemble ont permis de construire des bases. Maintenant, il est temps de passer aux choses sérieuses.

« La priorité numéro un est la domination au poste bas. Evidemment, il a été très bon au mid-post la saison dernière, mais quand vous regardez le match où il a mis 46 points contre les Lakers, ou la match d’avant où il en a mis 37 contre les Clippers, il martyrisait ses adversaires sous le cercle. Notre objectif est que maintenant, il intimide ses adversaires tout le temps ! » Drew Hanlen

Selon Synergy Sports, avec 593 possessions jouées au poste sur la saison, Embiid est le deuxième joueur en NBA derrière LaMarcus Aldridge concernant cette statistique. Il shoote à plus de 50% sur la totalité de ses tentatives commencées dans ce secteur. Parmi les 11 joueurs qui ont débuté plus de 200 actions au poste cette saison, seul Karl-Anthony Towns (avec 51.9% de réussite) a eu une meilleure adresse. Mais là où Drew Hanlen a raison, c’est qu’il attrape beaucoup trop souvent la balle en dehors de la raquette plutôt que réellement au poste bas. Lorsqu’il récupère la balle au mid-post, Embiid se retrouve souvent face au panier (ce fut le cas sur 265 de ses 593 actions jouées au poste). Si avec sa variété de moves et ses appuis, il arrive régulièrement à s’en sortir, son physique imposant devrait lui permettre de travailler en amont pour obtenir la balle plus bas, puis enfoncer de dos son défenseur pour un panier plus simple et une efficacité ravageuse dans ce domaine. Drew Hanlen compte bien profiter des qualités de son joueur qu’il n’hésite pas à comparer à Shaquille O’Neal.

« Depuis Shaq, nous n’avons vu personne qui était capable de dominer autant au poste bas et nous pensons qu’il peut être ce gars-là ! Nous devons lui permettre de se retrouver au poste bas plus souvent ! » Drew Hanlen

Pour réellement dominer sous le panier, Embiid devra progresser dans deux domaines précis : sa capacité à distribuer le jeu à des coéquipiers démarqués (notamment sur des prises à deux) et sa capacité à diminuer son nombre de balles perdues.

« Quand j’ai commencé avec Joel, il était bien évidemment très talentueux, mais rien dans son jeu n’était suffisamment poli. Donc ce que l’on a fait, c’est que l’on s’est concentrés sur son jeu au mid-post très tôt. Il a montré d’excellents résultats dans ce domaine. Un domaine sur lequel je ne l’ai pas assez préparé c’est sur les prises à deux et les rotations défensives quand les équipes essaient différents systèmes pour défendre sur lui. Je m’en veux et je suis fautif vis à vis de son nombre de balles perdues car je ne l’ai pas assez mis dans ce genre de situations. » Drew Hanlen

Mais Hanlen ne veut pas seulement permettre à son poulain de martyriser ses adversaires sous le cercle. Il veut aussi travailler sur ses qualités plus rares, et notamment son dribble, plutôt bon pour un joueur de son gabarit, mais encore trop incertain pour s’en servir d’arme régulière pour se créer un shoot efficacement.

Trop souvent, il va feinter un shoot, prendre un dribble et soit être sanctionné d’un passage en force, soit perdre la balle, soit prendre un tir en déséquilibre. Donc nous travaillons sur comment il pourrait poser un second dribble pour se créer des actions dans le rythme. Je pense que parfois, il essaie trop de jouer sur sa panoplie de moves plutôt que de jouer avec simplicité. Je pense que nous allons surtout identifier les domaines qui lui permettront d’attaquer mieux. Je pense qu’il va y arriver et pouvoir réellement compter dessus plutôt que de faire seulement comme l’an dernier où il se disait : ‘Tiens, si j’essayais ça, ça pourrait passer au vu des qualités que j’ai !’. » Drew Hanlen

Et oui, malgré tout le talent qu’a déjà montré Joel Embiid en NBA, il peut encore progresser et atteindre un niveau que peu de pivots avant lui ont réussi à atteindre. Mais pour cela, il faudra bosser de façon acharnée et de manière constante. Pour Brett Brown cela ne posera pas de problème : Embiid est un travailleur toujours très à l’écoute des conseils.

« Quand Joel s’entraine, participe aux séances de shoot, il y a une sorte de feeling pour le jeu qu’il peut acquérir très vite. Il y a des sensations de fluidité qu’il va vite acquérir et ensuite, il faudra vous méfier ! » Brett Brown

Alors Joel Embiid peut-il devenir le nouveau Shaq ? Nous n’en sommes pas là, même si en raison de son adresse longue distance, le potentiel du Sixer semble presque supérieur. En tout cas, il a déjà le charisme et le caractère chambreur, mais cela ne suffira pas ! En tout cas, si les deux joueurs de Philly dont s’est occupé Drew Hanlen cet été (Fultz et Embiid) progressent aussi vite que leur coach personnel le laisse entendre, les 76ers, sans pour autant avoir fait un gros recrutement pendant l’offseason, pourraient encore atteindre un stade plus élevé, eux qui ont tout de même terminé l’exercice 2017-18 avec 52 victoires.

Via The Athletic

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