[Interview 2/3] Tony Parker : « Frank Ntilikina a besoin d’un collectif, mais il doit provoquer ! »

[Interview 2/3] Tony Parker : « Frank Ntilikina a besoin d’un collectif, mais il doit provoquer ! »

La première « French Heritage Night » au Madison Square Garden a permis au jeune français de se relancer, avec son record en carrière (18 points, tous en seconde mi-temps, 4/4 à trois points) face aux références Nicolas Batum et plus encore Tony Parker. Ce dernier nous a évoqué son avis sur le joueur des Knicks.

Frank Ntilikina a fait sa meilleure performance offensive en carrière ce soir (dimanche) contre vous, ça fait chaud au cœur pour lui ?

Je suis content pour lui ! Content pour lui. Il était dans le dur. Il était même dans le très très dur on va dire, puisqu’il ne jouait même pas. Et ça ne doit pas être facile pour lui, parce que c’est un joueur qui a besoin d’un collectif, qui a besoin que cela joue ensemble. Là, quand tu es dans une jeune équipe comme New York, où il y a beaucoup de jeunes joueurs qui veulent se prouver, qui veulent montrer au coach qu’ils ont envie d’être sur le terrain, ce ne doit pas être facile pour lui. C’est un peu comme Boris Diaw. Si tu mets Boris avec des joueurs qui ne font que des un-contre-un, il ne va pas être performant. Il faut le mettre dans un collectif.  Si tu le mets dans un collectif, là il va être performant Frank ! Ce soir il y a peut-être eu l’effet « soirée française » (les Knicks avaient promu le match sous l’étiquette French Heritage Night), et il fait toujours des gros matchs contre nous (à noter qu’il a souvent été comparé, parfois défavorablement, à Malik Monk, qui a été sélectionné par Charlotte trois picks plus tard) ! Tant mieux pour lui. J’espère que cela va lui donner de la confiance tous les matchs. Parce que c’est ça qu’ils veulent en NBA ! Il faut être régulier. Si tu n’es pas régulier en NBA, tu ne peux pas être titulaire, tu n’auras pas un gros rôle.

Qu’est-ce qui l’en empêche à ton avis ?

Il vient du système à l’européenne, donc ce n’est pas facile, il a du mal à s’ajuster à ce genre de situation. Mais c’est la NBA, donc parfois il faut essayer de forcer les choses, pour qu’elles aillent dans notre sens. Il faut qu’il montre qu’il est positif, agressif. C’est ce que je lui ait dit : « tu ne peux pas attendre ! ». Il a tendance parfois, en tant que meneur, à juste attendre. Mais parfois cela ne va jamais aller dans ton sens. Il faut provoquer, être agressif, et ce soir il l’a fait.

« J’ai dit à Frank qu’il ne peut pas attendre ! »

Il n’a pas été drafté par le président actuel, c’est son deuxième coach… Ça joue ?

Quand tu es un bon joueur, tu es un bon joueur. Tu dois t’adapter, t’ajuster. Donc ce n’est pas une excuse. Tu dois y aller et jouer. Et montrer que tu peux dominer. Et montrer que tu es le meneur titulaire, tous les soirs. Donc je ne pense pas que c’est une excuse.

Il faut qu’il soit plus agressif donc, et le montrer surtout ?

Oui, c’est ça. Il doit provoquer l’action. Il ne peut pas juste être patient. Parfois, dans cette ligue, tu dois montrer que tu es agressif ! Défensivement, il s’est fait un nom. Maintenant il faut qu’il soit plus régulier offensivement aussi.

C’est toi qui lui fait prendre sa sixième faute, alors qu’il venait d’atteindre son record en carrière (18 points, 4/4 à 3pts) avec neuf minutes à jouer et l’écart qui se réduisait en partie grâce à lui… C’était un petit peu fait exprès, une ruse de vétéran ?

Même pas ! Le coach a appelé un système pour moi, parce que j’ai pris un rythme dans le quatrième quart temps, j’étais agressif. Et Frank défendait sur moi, donc c’est lui qui a pris la sixième, mais ce n’était pas fait exprès.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

[Interview 1/3] Tony Parker : « Une nouvelle jeunesse »

Leave a Reply