[Interview] Evan Fournier : « J’ai les boules de ne pas y être; On a eu un rendez-vous avec Adam Silver »

[Interview] Evan Fournier : « J’ai les boules de ne pas y être; On a eu un rendez-vous avec Adam Silver »

Après la défaite 121-109 du Magic à Toronto, nous avons pu nous entretenir avec Evan Fournier qui n’a pas démérité en finissant meilleur marqueur des siens avec 21 points.

Evan, tout d’abord une question sur le match de ce soir. Vous avez bien démarré en gagnant le premier quart-temps mais on a senti après que Toronto est repassé devant grâce à un net changement dans l’intensité de leur défense. C’est quelque chose que t’as ressenti aussi ? 

Oui exactement, à partir du deuxième quart-temps ils étaient beaucoup plus physiques.  Ils ont vraiment joué avec plus d’intensité, ça a clairement changé le cours du match.  Après de notre côté, on a pas su répondre à leur engagement physique donc c’est assez décevant.  On s’est fait bouffer au rebond et même sur les 50-50 balls, ce n’est pas quelque chose de normal.

Vous êtes actuellement en 9ème position juste derrière le Heat (qui s’est également incliné ce soir contre les Celtics )  mais c’est très serré avec moins d’un match d’écart et vous semblez avoir un calendrier légèrement plus favorable sur les derniers matchs, ça va être quoi la clé sur la fin de saison pour accrocher les Playoffs ?

Gagner. Il faut absolument qu’on gagne nos matchs.  On a surtout deux matchs clés à la maison qui arrivent et qui sont contre des équipes de bas de tableau (New York et Atlanta). C’est très dur à négocier ce genre de matchs-là donc il va falloir absolument s’imposer sur ces deux matchs. Mais il n’y a pas que Miami qui lutte encore avec nous pour les Playoffs, il y a aussi Brooklyn.  Concernant Detroit, je pense que ça va être juste pour les rattraper mais en tout cas, on est pleinement dans la course donc il va falloir jouer notre meilleur basket.

Justement, concernant ces équipes de bas de tableau dont tu parlais, vous avez eu cette saison un peu de mal contre elles. Vous avez par exemple, perdu contre Chicago ou New York alors que vous arrivez à battre des grosses équipes. Comment tu l’expliques, tu penses que c’est un manque d’expérience ?

Non je pense pas d’autant plus que ces matchs-là c’était une période un peu plus lointaine, juste après le All-Star Break. Après, c’est sûr que c’est clairement des matchs qu’on aurait dû gagner.  C’est un peu le défaut de notre équipe malheureusement. Si on doit faire une vision globale de cette année, contre les meilleures équipes on se mettait au niveau mais on le faisait aussi contre les équipes plus mauvaises et c’est une grosse faiblesse.

L’équipe a quand même beaucoup progressé depuis l’année dernière alors que l’effectif a peu bougé. Qu’est qui a changé cette année ?

C’est le coach, clairement (Steve Clifford, arrivé cet été en remplacement de Frank Vogel).  Il a complètement révolutionné notre manière de jouer. C’est un très bon coach qui est reconnu dans le milieu. Je pense qu’il est la principale raison de nos progrès cette année.

D’ailleurs, il a récemment déclaré dans une interview que tu es « un formidable défenseur ».  Tu sens que tu as vraiment progressé dans ce domaine ? C’est quelque chose que tu travailles ?

(Il sourit) Il est gentil de dire ça. Disons que c’est plus facile pour nous les joueurs de bien défendre lorsque les choses sont claires et bien précises, que les systèmes sont bien établis et qu’on a juste à les respecter. En tant que joueur ça devient beaucoup plus facile et après tu as juste à faire l’effort.

A titre individuel, comment tu juges ta saison ? La qualification en playoffs sera déterminante pour vraiment la jauger ?

A titre personnel, c’était une saison assez bizarre pour moi, c’était la première saison où je rate mes tirs vraiment comme ça.  Je n’avais jamais été aussi maladroit et c’est assez frustrant pour un scoreur de ne pas rentrer ses tirs. J’ai eu une  bonne passe mais j’ai eu aussi pas mal de mauvaises. Après, effectivement, tant qu’on est dans la course aux playoffs  et qu’on a une chance de les faire, j’aurais l’occasion de me rattraper.

Un petit mot sur ton pote Nikola Vucevic, qui a vraiment passé un cap cette saison ?

Il fait une saison de All-Star, c’est pas rien. C’est vraiment une très très bonne saison pour lui. Je pense que pour lui aussi, le nouveau système l’aide à vraiment briller. On joue pour lui et il répond présent. C’est sa meilleure saison.  Ça joue beaucoup aussi dans nos résultats et ça fait plaisir de voir ça parce que les deux dernières saisons n’avaient pas été faciles pour lui donc ça fait du bien.

Il sera d’ailleurs free-agent cet été. Vous en avez déjà parlé ensemble ?

Oui bien sûr, après je pense que à l’heure d’aujourd’hui c’est pas une question qu’il faut poser. Il reste quatre matchs, il reste les Playoffs donc pour l’instant on se focalise tous sur notre fin de saison.

Il y a eu l’annonce récemment par la NBA d’un match de saison régulière à Paris la saison prochaine entre les Hornets et les Bucks.  T’es déçu de ne pas en être ?

Ah oui clairement, moi j’ai les boules de ne pas y être.

T’as parlé avec les dirigeants de ta franchise pour essayer de voir si dans un futur proche le Magic pourra aussi y jouer un match ?

Oui bien sûr.  On a eu un rendez-vous avec Adam Silver et le Magic, je leur avais demandé si c’était prévu, s’ils allaient nous envoyer, même si à l’époque, c’était pas encore totalement certain que le match à Paris aurait lieu.  Clairement la NBA sait qu’on veut y aller, que je veux y aller. Le rêve pour moi ça aurait été de jouer Rudy (Gobert) là-bas contre le Jazz. Après on les a déjà joué l’année dernière au Mexique donc je sais pas si ça va vraiment pouvoir se faire. Mais de tous les français en NBA je suis le seul originaire de région Parisienne. Je serais vraiment chez moi là-bas. Je viens de Charenton, j’ai grandi à côté de Bercy. Bercy c’est vraiment chez moi. Pour moi, ce serait un rêve clairement.

Pour finir, j’ai vu que tu as récemment fait un peu le buzz avec ton histoire avec Hugo (@Hugoobdx), ce jeune fan qui te charriait un peu sur Twitter et que tu as ensuite invité à Orlando. Comment ça s’est passé votre rencontre ?

C’était cool, c’était vraiment bien.  Il est sympa Hugo, c’est un jeune que j’aime bien. Il n’a pas froid aux yeux, c’est pour ça que je l’ai invité.  Au début, il était un peu gêné mais il s’est vraiment relâché par la suite. Selon ses dires, il a vraiment adoré l’expérience, et en plus on a gagné les deux matchs auxquels il a assisté donc peut-être qu’il va falloir le faire revenir ! (rires)

Propos recueillis à la Scotiabank Arena de Toronto par Gauthier Hartmann

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