Inside NBA

Inside NBA : Les Clippers, un candidat sérieux ?

Afin de ne rien manquer de la semaine en NBA, Basket-infos vous propose un debrief complet par notre consultant NBA, Frédéric SCHWEICKERT, journaliste à l’Equipe (que vous pouvez retrouver chaque dimanche à 18h30 dans « NBA Sunday », sur la toute nouvelle chaîne de la TNT, l’Equipe 21). A travers cette toute nouvelle rubrique, il nous apportera donc chaque vendredi son analyse de spécialiste et abordera différents sujets qui feront probablement débat.

LE RETOUR DE RICKY RUBIO

Il a redonné le sourire dans le Minnesota, voir même à toute la NBA. Je suis même sûr que David Stern a eu un p’tit rictus. Car le retour de Ricky Rubio est une super chose pour la ligue. Ce côté spectaculaire tout en étant efficace, tout le monde aime. Pour son retour ? 8 points et 9 passes décisives en simplement 18 minutes ! Mais c’est clair que ceux qui doivent être le plus contents, ce sont les dirigeants des Wolves. Car cette équipe n’a clairement pas le même visage avec et sans Rubio. Pour vous dire la vérité, j’étais un peu sceptique quand il est arrivé dans la ligue, et surtout je ne pensais pas qu’il pourrait avoir autant d’impact sur cette équipe. Car même s’il y a des joueurs comme Love, Pekovic, Barea, rien ne marche sans un vrai maître d’orchestre (n’est pas, les Lakers ?). Et dire que les Wolves ont fait un bon début de saison sans ce joueur d’exception, cela ne peut augurer que de bonnes choses. Maintenant attention ! On le sait, les joueurs qui reviennent démarrent fort et ensuite peuvent avoir un gros coup de mou. Et d’ailleurs, il n’a pas attendu : dès son deuxième match, l’ibérique a eu plus de mal avec 0 points et 4 passes en 16 min ! Il va donc falloir être indulgent avec Rubio car pour le moment il ne pourra pas tout faire tout seul. Mais après 9 mois d’absence, c’est un vrai plaisir de revoir un tel magicien sur les parquets.
STEVE NASH ATTENDU COMME LE MESSIE…
Toutes les semaines, et je pense jusqu’à la fin de la saison, il va y avoir une partie de cette chronique qui va être consacrée aux Lakers de Los Angeles. Bon, soyons clair, les choses ne se sont pas arrangées depuis la semaine dernière : les résultats ne sont pas au rendez-vous, toujours pas de match référence, Mike D’Antoni qui pianote avec ses joueurs et qui tente tout ce qu’il peut pour trouver un semblant d’équilibre et pour gérer les égos californiens. Peut-être va-t-il être aidé par un homme qui manque considérablement dans la cité des anges : Steve Nash. Et oui, on l’aurait presque oublié celui-là. Blessé assez rapidement cette saison, il n’a pas eu le temps de montrer l’étendue de son talent aux côtés de Kobe et Dwight. Alors, ne nous enflammons pas non plus, car ce n’est pas avec lui que les Lakers vont se mettre à défendre dur (cf. D’Antoni himself), mais au moins il va donner une meilleure organisation offensive à des Lakers qui se contentent de donner le ballon à Bryant et « débrouille-toi mon gars !! ». C’est déjà ça, en attendant une révolution défensive qui ne serait pas superflue…
LA BAISSE DE RÉGIME DES SPURS
Il y a des équipes qui sont faites pour la saison régulière, et d’autres pour les playoffs. San Antonio est une équipe de playoffs. Un peu comme Boston finalement qui connait un début de saison poussif, mais qui sera bien présent en avril prochain et qui sera toujours un vrai poil à gratter pour des équipes qui se voient déjà en Finals NBA. Alors, certes, le début de saison des deux équipes n’est pas comparable. Si les Celtics sont franchement à la traîne dans la conférence Ouest (8e, sous la menace d’Orlando et de Philadelphie), les Spurs étaient partis toutes blinde, et là sont en train de connaitre un coup de moins bien (1 victoire lors des 5 derniers matchs. Un succès face à…Boston !). On sait que toutes les équipes ont des passages à vide durant la saison, sinon le record de 72 victoires des Bulls serait battu depuis longtemps. Et San Antonio ne fait pas exception à la règle. Et Pop à une philosophie qui va également dans ce sens, en n’hésitant pas à mettre ses stars au repos (et ça peut lui coûter cher, comme on a pu le voir la semaine dernière). L’objectif des texans est de ne pas finir trop bas à la fin de la saison régulière pour profiter le plus possible de l’avantage du terrain. Et puis, n’oublions pas que la saison est longue et que les Spurs vont pouvoir rapidement se remettre en selle, avec des matchs à venir contre NOLA, Dallas et Toronto. Que les fans des Spurs se rassurent : tout va bien !
LES CLIPPERS : CANDIDAT SÉRIEUX ?
Si San Antonio tourne un peu au ralenti en ce moment (et que dire de cette pauvre équipe des Bobcats, qui pour la 3e fois en deux saisons réalise une série d’au moins 10 défaites…Allez Mike, une bonne aspirine et ça va allez mieux…ou pas !), il y en a deux qui carburent à plein régime : Oklahoma City et les Clippers de Los Angeles. Pour le Thunder, à partir du moment où l’intégration de Kevin Martin s’est bien passée, il était logique de retrouver le dernier finaliste tout en haut avec des ambitions à hauteur de leur talent. Par contre, quelle surprise pour les Clippers !!!!! 11 victoires de suite, record de la franchise égalé ! Mais que se passe-t-il, pendant que les Lakers version « All-Star » se demandent encore qui sera titulaire et comment enchaîner deux passes ? C’est une véritable métamorphose pour une équipe qui s’est bien renforcée cet été (Barnes, Crawford, Hill, Odom, avec certes des temps de jeu plus ou moins conséquent). Bon par contre, soyons clair, il n’y a pas non plus de victoire de référence. Dans cette série, on y retrouve soit des équipes de fond de classement, soit des équipes surprises (comme Milwaukee) ou des équipes qui ne sont clairement plus ce qu’elles étaient (Dallas, Phoenix), mais quand même.  Chris Paul qui reste l’un des meilleurs meneurs de la Ligue (avec Rondo et Westbrook), Blake Griffin qui a compris que la défense était aussi importante que l’attaque, que d’avoir un petit shoot de loin, ça peut aider et que même si ses statistiques sont en baisse, il reste le « one-two punch » des Clippers avec Chris Paul. Mais ce qui change la donne cette année, c’est l’apport du banc qui est considérable, à l’image des 26 pts/matchs du duo Barnes/Crawford, ainsi qu’une véritable défense, la 4e de la ligue (et comme disait l’autre, « l’attaque permet de gagner les matchs, la défense permet de gagner les titres »). et encore, Chauncey Billups n’en est qu’à trois matchs cette saison…
PAU GASOL ANNONCE UN PEU PARTOUT !
Tiens, restons en Californie. Il y en a un qui doit avoir ses valises sur le pas de la porte, en attendant de lire dans le L.A. Times sa destination Finale. Et oui, comme cet été, Pau Gasol est au coeur de nombreuses rumeurs de transferts. Minnesota, Houston, Atlanta…A croire que la moitié des équipes NBA sont sur le coup. Mais ce qui est clair, c’est que le divorce semble bien consommé entre les deux parties. Mike D’Antoni a récemment expliqué qu’il ne pouvait pas faire jouer ensemble Gasol et Howard. L’espagnol pense au contraire que c’est possible. Et vu comment les Lakers ont fait des pieds et des mains pour s’attacher les services de la pâle copie de Superman, on connait déjà l’issue finale de cette histoire. Maintenant, Gasol n’est pas le premier venu, et il faut quand même que L.A. y trouve son compte. Les dirigeants californiens ne seront pas prêts à tout accepter. Mais il est clair qu’aujourd’hui Gasol devient plus un boulet pour les Lakers, qui tentent de composer tant bien que mal (titulaire ? 6eme homme ? DNP ?). Il va y avoir des joueurs free sur le marché, et ce n’est pas impossible que les Lakers fassent parler d’eux et que Gasol exporte ses talents ailleurs.
KYLE IRVING : UN PEU SEUL AUX CAVS
Il y avait Lebron James, l’élu de l’Ohio qui avait conduit les Cavs en Finals NBA (enfin, lui, il a conduit le bus jusqu’en finale de conférence et ensuite, il a abandonné tout le monde). Maintenant qu’il n’y a plus de maillot à l’éfigie du numéro 23 à brûler dans l’Etat, les supporters de la Q Arena semblent avoir trouvé un nouveau messie : Kyrie Irving. Alors, attention, on ne s’enflamme pas. Ce n’est pas parce que le meneur des Cavs a dominé son duel face à Kobe Bryant qu’il va devenir le nouveau visage de la ligue. Certes, il a gagné 5 points/matchs depuis le début de la saison (23.6 contre 18.5 l’an passé, avec 5.6 passes décisives), il ne joue pas dans un marché assez flashy pour devenir le nouveau fer de la lance de la NBA. Surtout, à la différence de Lebron James, il n’a pas changé le statut de cette équipe (14e de la conférence east, avec seulement 5 victoires au compteur). Et si Lebron James ne pouvait pas compter sur de vrais lieutenants (Gibson ? Ilgauskas ? Hughes ? Allons, allons, restons sérieux…), Kyrie Irving peut compter sur un joueur qui est en train de vivre la meilleure saison de sa carrière : Anderson Varejao (meilleur rebondeur de la ligue tout de même, escusez du peu). Le rookie Dion Waiters, drafté assez haut et dont on se posait la question de son intégration, présente des statistiques tout à fait convenables. Cette équipe de Cleveland, depuis bien trop longtemps, ne sait pas construire une équipe qui tienne la route. Se reposer sur un seul homme, ce n’est pas possible, et tous les coachs vous le diront : certes il faut des stars, mais il faut également pouvoir compter  sur des lieutenants (que serait Jordan sans Pippen ? O’Neal sans Bryant ? ou Bryant sans Gasol ?) et sur des joueurs qui savent faire le sâle boulot,  être au bon endroit au bon moment et qui n’ont pas besoin d’avoir tous les projecteurs braqués sur eux (Kerr ? Fisher ?). Tant que les dirigeants dans l’Ohio n’auront pas compris cela, ils devront se contenter d’avoir une star qui foutra le camp dès qu’il en aura l’occasion pour gagner un titre loin des Cavs (tiens ? ça me rappelle quelqu’un…).
DAMIAN LILLIARD : PLUS QU’UN ROOKIE !
Dans l’histoire des Drafts, Portland fait quand même partie des équipes qui ont fait les plus belles conneries ! Excusez moi pour cette familiarité, mais quand même ! Sam Bowie à la place de Michael Jordan en 1984. Greg Oden numéro 1 de la draft 07 devant Kevin Durant ! On ne peut pas dire que ce soient des choix très malins. Mais là, illumination dans les cerveaux des dirigeants des Blazers ! Lors de la dernière draft, ils ont choisi le pick numéro 6 Damian Lillard de Weber State. Quel grand bien cela leur a fait. Rookie du mois de novembre à l’Ouest, il est en train d’effacer des tablettes les Kidd-Gilchrist ou même le numéro 1 Anthony Davis. Meilleur marqueur (18.8 pts) et passeur (6.3 pds) des rookies, il domine sa promotion et se dirige tout droit vers le titre de rookie de l’année. Au delà de l’aspect statistique, il a montré également son côté clutch avec son buzzer-beater face aux Hornets et prouve qu’il peut devenir un cadre de cette équipe aux côté de Nico Batum et de Aldridge. Maintenant, attention, il y a beaucoup de rookie qui ont explosé en vol, que se soit lors de leur première saison avec le fameux « rookie wall » ou qui n’ont pas réussi à confirmer la saison suivante. Maintenant, un peu comme Kyrie Irving, Lillard risque de ne pas être évalué à sa juste valeur s’il évolue dans une équipe qui ne joue pas au moins les playoffs. Et Portland aujourd’hui fait partie des mauvaises surprises de la conférence Ouest, avec Dallas et Phoenix.
L’ETAT DE FORME DE JOAKIM NOAH
En voici un qui risque de râler en février prochain. Il risque de rater le match des étoiles de Houston, et pourtant il a des statistiques qui défient toute concurrence au poste de pivot, surtout dans la conférence East. Meilleur passeur des pivots, 7e à l’évaluation, des statistiques en progression notamment en attaque en l’absence de Derrick Rose, Joakim Noah a passé un cap, si ce n’est deux ou trois. Vrai leader d’une formation des Bulls qui est en train de survivre tant bien que mal en attendant le retour de son leader, Noah accompagné de Luol Deng a décidé de prendre les choses en main. Et l’apothéose bien sûr, c’est ce triple-double contre Boston (et son meilleur ennemi Kevin Garnett), son deuxième en carrière. Seul pivot de la ligue avec plus de 10 points, 10 rebonds et 4 passes décisives, sans oublier son abattage au contre et son énergie qui ne se reflète pas forcément dans les stats, Jooks franchi les étapes une par une pour devenir l’un des trois meilleurs pivots de toute la NBA. Pour faire tout cela, il faut jouer, et Noah joue beaucoup. Avec le deuxième temps de jeu de la ligue avec plus de 40 minutes par match, le pivot de Chicago n’est devancé dans ce secteur que par son co-équipier Luol Deng. D’ailleurs, pour dire à quel point il entre petit à petit dans une classe de pivot « VIP », il y a ce chiffre : il faut remonter à un certain Hakeem Olajuwon en 1994 pour voir un joueur enchaîner 50 matchs avec au moins 40 minutes. La classe. Maintenant, face à Lebron James et Carmelo Anthony, dur dur de se faire une place dans le 5 de départ de l’East. Espérons que les coachs penseront à lui le moment venu, et que les blessures ne l’empêcheront pas de lui donner sa première étoile qu’il mérite tant…

Frédéric SCHWEICKERT

Propos recueillis par Patrick Parizot, pour Basket-infos

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3 réflexions sur “Inside NBA : Les Clippers, un candidat sérieux ?

  • Basket Infos

    Merci encore pour ce point très très intéressant!!
    Pour les Spurs rien d'alarmant je pense, puis on oublie aussi qu'ils ont eu des blessures, notamment celle de Kawhi Leonard qui est un joueur méconnu mais déjà un excellent joueur de NBA. Très bon attaquant il est déjà un des meilleurs défenseurs à son poste et son absence a fait défaut. Mais la meilleure période de l'équipe est comme tu le dis pour les playoffs, voir même après le All-Star Game où tous les ans ils enchaînent les victoires.
    Pour Noah ce serait juste scandaleux qu'il ne soit pas au All-Star Game et ça me parait impossible, les entraîneurs adorent ce genre de joueur et ils le choisiront.
    Concernant les Wolves j'a hâte de voir ce que donne cette équipe enfin au complet avec tous ses joueurs en forme, ça peut faire mal, on en a eu un aperçu cette nuit

  • RickieOnYT

    J'ai tout lu, SA RACE GG le rédac' !

  • Spreedog

    Un ptit mot sur Ricky Rubio !
    Même si son retour n'est pas flagrant, c'est tout de même un magicien dans l'art de la passe !
    Lors de son 1er match, il s'est même illustré dans le Top 10 de la NBA.
    Alors une question !
    L'apport de Rubio est-il indispensable à la réussite des Wolves ?

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