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Boston, le malaise

Il ne fait décidément pas bon de jouer pour les deux franchises historiques de la ligue cette saison. Les Boston Celtics ont peut-être la chance d’être moins sous le feu des projecteurs que leurs ennemis Californien, et d’évoluer dans une Conférence où il sera plus facile d’accrocher les playoffs, mais la saison des Celtics n’est pas plus rassurante ou satisfaisante que celle des pourpres et or. Une timide 8e place de Conférence, et donc une situation fragile dans l’optique de la post season, décidément les derniers Finalistes de Conférence Est n’y arrivent pas cette saison. Vraiment pas.

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Le bilan fait vraiment tâche. 20 victoires pour 20 défaites, on attend toujours que les Celtics lancent leur saison. Et pourtant, les espoirs étaient grands cet été, après être passés à un match près des Finales NBA et après un recrutement qui, sur le papier, avait l’air plutôt réussi. Pourtant la réalité est tout autre. Après une nouvelle défaite avant-hier soir contre la jeune et maladroite équipe des Pistons, Doc Rivers est monté au créneau, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’épargne personne. « Cette équipe cherche à gagner facilement », « Les joueurs ne sont pas honnêtes entre eux », « Si ça continue, nous allons devoir en faire partir certains », les mots du coach des C’s sont durs, mais pas forcément faux.

Le point le plus juste que relève Doc à propos de son équipe, c’est qu’elle joue facile, bien trop facile, et l’impression donnée est qu’elle se repose beaucoup sur ses lauriers. Pour rappel, la saison dernière avait commencé de la même manière, avant un gros regain de forme après le All Star Game et un parcours héroïque en playoffs. Mais ça ne veut pas dire que tout va bien s’enchaîner de la même façon cette saison. Et pour que les choses s’améliorent, attendre que ça arrive ne suffit pas, il faut forcer le destin.

Les Celtics n’y arrivent pas offensivement, et le bilan s’en ressent.

A l’image de son franchise player, Rajon Rondo, les Celtics semblent donc suffisants, par moments amorphes, et le manque d’agressivité est flagrant. Il faut dire que l’âge avancé de l’effectif et de ses stars en particulier (Garnett et Pierce) n’est pas là pour aider, mais on attendait justement que les role players apportent cette énergie. Recruté pour sa défense et ses tirs longue distance, force est de constater que Courntey Lee vit actuellement une mauvaise saison, loin de ce qu’on attendait de lui. Son adresse est en berne, et son impact moins grand que prévu. Le retour il y a quelques semaines d’Avery Bradley a tout de même fait du bien dans ce domaine, puisque le garçon est un réel energizer, que ce soit en défense comme en attaque, où l’arrière des Celtics est passé maître dans l’art de couper vers le panier pour obtenir des points faciles. Brandon Bass, si précieux l’an passé, est aux abonnés absents cette saison, incapable d’apporter son petit quota de points ou de représenter une menace à mi-distance, comme c’était le cas il y a encore quelques mois de cela. Et l’émergence de Jared Sulliger n’est pas là pour arranger les choses.

Présent un temps dans le cinq de départ, Jason Terry n’arrive décidément pas à rentrer dans les pompes de Ray Allen, et ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Jeu sans ballon, en sortie d’écran, spécialiste des tirs primés, Terry avait l’occasion d’être la nouvelle arme longue distance de Doc. Mais tout comme Lee, son adresse est elle aussi inquiétante, et il n’est pas rare de le voir manquer même certains shoots ouverts.

Les décevants Terry et Lee n’ont toujours pas convaincu à Boston.

Le cas Jeff Green fait également débat. On attendait justement de lui qu’il apporte cette explosivité que Pierce ne peut évidemment plus fournir pendant 40 minutes par soir. Mais l’ancien forward d’OKC revient d’un an absence et d’une grave opération au cœur, et il paraît impossible de le voir évoluer à un niveau de meilleur sixième homme de la ligue, ce que Boston espérait en signant le garçon pour 40 millions de dollars. Cependant, sa gestion n’est sans doute pas optimale, et il serait sans doute temps pour Doc Rivers de tenter quelque chose de nouveau.

En effet, le balancer en tant que leader offensif et créateur de la second unit se révèle maintenant une mauvaise opération, les résultats et les statistiques parlent d’elles même. En revanche, on a tout de même connu de bons matches de Green cette année, lorsqu’il évoluait avec les titulaires. En le titularisant dans le cinq de départ, Green aurait l’occasion d’apporter de l’énergie, dont ce cinq manque cruellement, mais également il ne serait plus l’option première de l’équipe, et pourrait au passage jouer avec de meilleurs joueurs. Surtout quand dans le même temps, Brandon Bass peine à trouver son rythme, tenter de placer Green dans ce rôle de titulaire n’est pas la chose la plus risquée que Doc pourrait faire.

Est ce la bonne solution de maintenir Jeff Green sur le banc ?

Pour Rondo, cette saison n’a rien de différent des précédentes : en saison régulière, c’est rythme de croisière. Le problème c’est que si les Celtics n’élèvent pas leur niveau de jeu, ils pourraient bien ne pas arriver à bon port en Avril prochain, et tout commence avec Rajon Rondo. Nonchalant, presque insolent, Rondo manque clairement d’agressivité, et ne doit pas se contenter de distribuer les passes. C’est lorsqu’il attaque le panier et va chercher ses points que Boston s’en sort le mieux.

Défensivement, le meneur des Celtics commence à se traîner, comme Kobe Bryant, une réputation de grand défendeur qui n’est plus légitime désormais. Clairement, ce n’est plus le Rondo de 2010 qui termine second dans les votes du meilleur défenseur de l’année. Certes, il demeure un joueur intelligent, qui arrivera toujours à piquer quelques ballons à l’adversaire, mais on est loin du super défenseur extérieur que Doc Rivers n’hésitait pas à placer sur les attaquants adverses les plus dangereux. En défense un contre un, c’est limite. Son pêché mignon de vouloir aller trop souvent à l’interception ouvre trop de brèches dans la défense de Boston, et il est parfois perdu dans l’organisation défensive. Il faut revenir aux fondamentaux, et avoir plus de discipline.

Rondo doit forcer un peu plus son talent en saison régulière

Reste le cas Paul Pierce. Si c’est Rondo qui est considéré comme le nouveau patron de la franchise, dans la réalité de la saison régulière, c’est souvent Pierce qui tient la baraque. L’âge ne semble pas affecter le capitaine des C’s, souvent décrit très justement comme un scoreur professionnel, et le voilà pourtant en première ligne en ce qui concerne les possibles transferts à Boston. On parle de Rudy Gay, on parle de DeMarcus Cousins, et en toute honnêteté, avec Danny Ainge aux commandes, on est en droit de s’attendre à tout. Il n’empêche que, sans même parler du coté sentimental et affectif qui laissent à penser que Pierce est intransférable, même sportivement, ce n’est pas certain que les Celtics arrivent à obtenir un meilleur joueur.

Certes, Rudy Gay est spectaculaire, et dans la force de l’âge, mais Paul Pierce demeure un bien meilleur basketteur, des qualités d’All Around Player souvent oubliées, et une intelligence de jeu qu’on ne trouve pas dans chacun des joueurs de cette ligue. Quant au cas DeMarcus Cousins, KG n’a clairement plus les jambes et la vivacité pour évoluer au poste 4, ni pour défendre au poste 4, et une raquette Cousins – Garnett manquerait clairement de mobilité. Et la dernière chose dont Boston a besoin, c’est de perdre du temps avec un jeune joueur dont toute l’éducation est à reprendre (ou presque). En tout cas pas pour cette fin de saison.

Doit-on, et peut-on transférer un montre sacré comme Paul Pierce ?

Alors, quelle solutions ? Les rumeurs de trade vont bon train, car c’est le meilleur moyen de créer un électro choc dans ce groupe qui semble se laisse aller. Mis à part Rudy Gay et DeMarcus Cousins, on sait que Danny Ainge adore Tyreke Evans depuis ses années NCAA, et le King présente un profil plus complet, plus playmaker et plus athlétique que ne peuvent l’être Jason Terry ou Courtney Lee, reste à voir si le GM de Boston souhaite conclure l’affaire. Clairement, les Celtics auraient bien besoin d’un autre Big Men, pour suppléer Kevin Garnett dans la raquette, mais qui ? Les bons joueurs pas chers ne courent pas les rues.

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Trade ou non, Boston va en tout cas devoir très rapidement se reconcentrer pour faire le boulot contre les équipes plus faibles, ce qui serait le minimum pour espérer rester dans la course au playoffs. 7e meilleure défense de la ligue, c’est en attaque que les Celtics doivent retrouver de l’agressivité et de l’envie. Avec une adresse extérieure en berne, se forcer à pénétrer et à aller se frotter à la défense adverse dans la raquette. Et redescendre sur terre sans doute aussi pour certains. Le parcours de l’an passé en playoffs n’offre pas automatiquement un billet pour la post season, et le plus frustrant pour Doc Rivers, c’est qu’à priori, l’effectif ne manque pas de talents pour faire fonctionner la machine.

Maintenant, y’a plus qu’à, mais il n’est plus temps de traîner.

 

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3 réflexions sur “Boston, le malaise

  • Thibaut38

    nice , tu résume bien Boston cette saison , et coté transfert il n'y a pas 20 possibilité soit Rondo contre 2 bon joueurs ou un trés bon soit au moins 3 joueurs (comme Bass , Lee , Terry , Barbosa ou Green ) contre un trés bon .

  • geofanba

    Je trouve aussi que l'article est bon mais rien n'a été dit sur les performances plutôt discrète d'Avery Bradley ?

  • Guillaume (BI.com)

    Discret offensivement, mais c'est pas de lui que j'attend du scoring. Ce qu'il montre défensivement est satisfaisant, et c'est ça son job.

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