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Oh Deer !

Chris Chambers/Getty Images

Brandon Jennings, c’est le cas qui passionne Milwaukee cette saison, si tant est que le Wisconsin puisse encore se passionner pour du basket. La deadline des transferts passée, Jennings est désormais en quête de bonnes performances pour les quelques semaines de compétition restantes cette saison, afin de convaincre des dirigeants qui ont choisi délibérément de ne pas le prolonger il y a quelques mois de cela. Prélude d’un divorce ou simple manœuvre financière risquée ?

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Gary Dineen/Getty Images

La dernière fois que Milwaukee avait main mise sur la ligue, les Bucks évoluaient encore dans la Conférence Ouest. C’était au début des 1970’s, lorsque Jabbar et Robertson avait fait de la franchise une des toutes meilleures de NBA. Aussi, lorsque dans ses tout premiers pas avec les Bucks, Brandon Jennings se permet d’inscrire 55 points pour son 7e match pro seulement, c’est tout Milwaukee qui retrouve espoir. D’autant plus que le kid n’a pas froid aux yeux, fait le show en playoffs et passe à deux doigts d’éliminer Atlanta au premier tour.

Malheureusement, la suite ne répondra pas aux attentes, et la bande à Jennings n’a plus retrouvé la post season depuis cette saison-là, en 2010. Plus irrégulier, clairement en manque d’efficacité au shoot, des stats de passes décisives en chute, et des vacances prématurés en avril, Jennings déçoit depuis son année rookie. Au point que les dirigeants de la franchise ont décidé durant la dernière intersaison de ne pas le prolonger, et de prendre le risque de le perdre l’été prochain. Laissé pour compte alors que ses copains Stephen Curry, Ty Lawson, Jrue Holiday et même Taj Gibson ont encaissé leur chèque avant la saison, c’est dur.

L’ambiguïté du problème, c’est que les dirigeants doivent faire face à deux inconnues dans cette équation, et qu’un faux pas pourrait faire replonger la franchise vers les bas-fonds d’une Conférence déjà médiocre. La première inconnue, c’est la régularité du joueur : capable de planter 30 points lors d’un match, et de plafonner à 4 unités la rencontre suivante. On peut comprendre les inquiétudes de la direction de la franchise, encore en quête de son franchise player, qui a peur de miser sur le mauvais cheval.

Ronald Martinez/Getty Images

Deuxième inconnue : quid du joueur, et de ses envies ? La vraie nature du problème est que Jennings a annoncé depuis longtemps vouloir toucher le maximum possible, à l’image d’un James Harden ou Blake Griffin, de cette même classe de draft 2009. Raison pour laquelle les Bucks lui ont refusé la prolongation, et raison pour laquelle il s’est séparé de son agent, incapable de réaliser le miracle. Néanmoins, Milwaukee prend tout de même le risque de le perdre sans contrepartie durant la prochaine free agency, d’autant que le bruit d’un désamour entre le joueur et la franchise circule dans les couloirs depuis un petit moment déjà. Ne l’oublions pas, Milwaukee reste un petit marché, aux moyens limités et dont la cote glamour flirte avec le zéro chez les free agents. Non seulement que les Bucks ne pourront pas trouver mieux l’été prochain, mais ne pourront se l’offrir si un joueur venait à convenir.

Les négociations qui devraient se tenir l’été prochain entre les deux parties dépendront ainsi de nombreuses choses. Après avoir testé le marché et constater qu’aucune franchise n’est à priori prête à miser 80 briques sur lui, reste à savoir si Jennings reverra ses intentions à la baisses, et si c’est le cas, s’il compte se contenter de moins d’argent à Milwaukee…ou ailleurs. Autre facteur à prendre en compte, la direction que compte prendre la franchise dès la prochaine intersaison : les Bucks semblent se diriger vers les playoffs, mais sans doute pas pour y faire des exploits. JJ Reddick arrivera en fin de contrat, Monta Ellis aura l’occasion de devenir restricted free agent, et Jennings sera lui unrestricted donc. La franchise pourrait choisir de se séparer d’un des deux membres du backcourt, plutôt que de rempiler avec ce duo qui présente quand même quelques failles (manque de taille, défense, efficacité en berne pour les deux).

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Nathaniel S. Butler/Getty Images

Une multitude de possibilités, et de décisions à venir pour les deux camps donc. Jennings pourrait avoir des envies d’ailleurs, tout comme les Bucks des envies de sang neuf. Pourtant, Brandon Jennings joue depuis un certain temps avec un niveau on ne peut plus satisfaisant, qui pourrait mettre d’accord les deux parties.

Parmi les points positifs à mettre à son crédit, durant cette période où il joue son meilleur basket depuis longtemps, c’est sa capacité à rentrer dans un rôle de gestionnaire. Pas assez reconnu pour ses belles qualités à la passe, (notamment par le fait que lui-même ne le montrait pas forcément suffisamment), Milwaukee affiche une belle réussite, et Jennings excelle dans ce nouveau système de catch & shoot que pratiquent les Bucks dernièrement. La réussite des JJ Reddick, Monta Ellis, Mike Dunleavy et autres a participé à la réussite de BJ à distribuer le jeu, mais pas uniquement. Milwaukee pratique également beaucoup plus de pick & roll, dans lequel Jennings excelle. C’est véritablement dans cet exercice que l’on peut se rendre compte de ses qualités de playmaker. Patience, vision, précision, ne pas forcer le jeu, une aisance à trouver l’ouverture dans la défense, qui m’avait poussé récemment à vous montrer en quoi Jennings demeurait un passeur sous-estimé, victime de sa réputation. Ce qui fait également penser qu’il pourrait se sublimer dans ce rôle de gestionnaire, si Jim Boylan persiste à l’utiliser de la sorte.

De plus, Jennings demeure une menace sérieuse à longue distance. Le 38% de réussite actuel arrière arc n’est pas significatif : lorsqu’un shoot ouvert se présente, dans la très grande majorité des cas ça rentre. Néanmoins, les Bucks manquent encore d’une véritable menace au poste, et lorsque le système offensif ne mène à rien, c’est souvent Jennings ou Ellis qui sont chargés de créer par eux-mêmes, et cela résulte rarement sur ce que l’on pourrait qualifier de bon shoot. En revanche, la faille de son jeu reste ses capacités en pénétration. Si il a les qualités de ball handler pour faire la différence dans le périmètre, il n’est pas un très bon finisseur près du cercle, comme en atteste ses nombreux circus shot et son vilain 42% de réussite sous le panier.

Gary Dineen/Getty Images

D’un point de vue sportif, Milwaukee aurait en tout cas tout à gagner à resigner un Brandon Jennings gestionnaire comme il l’est actuellement, et de parfaire cette attaque avec une vraie présence au poste pour soulager le secteur extérieur. Une question demeure néanmoins : Brandon Jennings est-il capable d’être le franchise player de cette équipe ? Ce ne sont pas les qualités qui manquent, mais comme pour beaucoup de joueur NBA, passer ce palier est extrêmement difficile car il requiert une chose essentielle : de la régularité. Milwaukee peut toujours compter sur Jennings pour une ou deux fulgurance sur une semaine de compétition, des perf’ à 30 points ou plus, mais la prochaine étape et de pouvoir être un taulier pour l’équipe durant chaque match. Evan Turner, Ty Lawson, ou Damian Lillard, parmi tant d’autres, la clé du statut de star en NBA passe par une capacité à répondre présent soir après soir, et pour le moment Jennings n’a pas su l’être sur la durée. De quoi justifier de ne pas lui offrir de contrat maximum à 80 millions, mais un joli 50-55 millions, à l’instar de Holiday, Lawson ou Curry ne serait pas scandaleux à mettre sur la table pour conserver BJ.

Il faut néanmoins envisager un départ de Brandon Jennings. Si le joueur se trouve en désaccord avec la direction, s’il est frustré de ne pas avoir son argent, ou tout simplement si le fait d’évoluer dans la même région que les Green Bay Packers ne suffit plus à le retenir dans le Winsconsin. Pourtant, Jennings comme les Bucks seront confrontés à un problème réciproque si ils décident de se séparer. Milwaukee ne trouvera certainement pas mieux comme meneur sur le marché, niveau qualité prix, et quant à Jennings, difficile de trouve une franchise qui n’est pas à la mode du moment : avoir son meneur du futur. Parmi les candidats, le plus sérieux pourraient être Dallas. Des rumeurs d’échange avaient d’ailleurs circulé durant les jours avant la deadline, sans aboutir mais sans pour autant être infondées. Il n’y a pas de fumée sans feu.

Mécontent de Darren Collison à la mène (qu’il ne porte pas non plus dans son cœur), Rick Carlisle pourrait bien se satisfaire de la venue de Jennings chez les Mavs. L’occasion pour BJ de changer d’air pourrait ne pas être si mauvais que ça, mais il serait confronté au même schéma qu’à Milwaukee : former un duo avec un petit arrière scoreur, en l’occurrence OJ Mayo à la place de Monta Ellis. Pas certain que ce soit le meilleur choix de carrière. Surtout pour aller chez des Mavs en fin de cycle, qui seront en dehors de la course au playoffs dans une Conférence Ouest très dense, alors qu’il peut rester à Milwaukee pour continuer la construction de cette équipe pas si mauvaise que ça. Et qui peut en plus accéder au playoffs régulièrement et plus facilement pendant que les dirigeants continuent d’ajouter les pièces au puzzle.

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L’affaire Brandon Jennings sera donc un des dossier à suivre de près l’été prochain, en plus du cas Tyreke Evans et des Kings. Avec encore un bon mois de saison régulière, et surtout une aventure de post season qui se profile pour cette équipe de Milwaukee pas si moche que ça, les choses ont encore le temps de changer. Dans cette Conférence Est en quête de leader, on ne serait plus à une surprise près. Qui sait, si après une belle aventure de playoffs, Brandon Jennings ne pourrait pas s’asseoir sur un contrat juteux et rempiler au Bucks. Et redorer ainsi le blason de la franchise au cerf.

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2 réflexions sur “Oh Deer !

  • Crabash

    On dit Oh dear*

  • Basket Infos

    C'est un jeu de mot;)

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