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Playoffs Preview : Oklahoma City Thunder (1) vs Memphis Grizzlies (5)

Ronald Martinez/Getty Images

Voilà une série qui vaudra à coup sûr le coup d’œil. Parce que le Thunder espère toujours retrouver les Finales, et que Memphis souhaite enfin frapper un gros coup en playoffs, mais aussi parce que ce sera une belle revanche entre deux équipes qui s’étaient déjà rencontrées en 2011. A l’époque, OKC était encore une toute jeune équipe, loin d’être l’ogre que l’on connait, et qui venait à peine de passer le premier tour des playoffs pour la première fois, alors que les Grizzlies avaient créé la surprise, en sortant la tête de série San Antonio. Aujourd’hui, les choses sont différentes, Memphis à plus de certitudes, et de plus belles ambitions, et OKC ne pourra se satisfaire cette saison que d’un titre de champion. En espérant quand même que la beauté des matchs et le suspense d’une série en 7 manches comme en 2011 soit par contre au rendez vous.

Bilan du premier tour

Layne Murdoch/Getty Images

Le Thunder ne s’attendait pas à être aussi dérangé par les Rockets, mais la victoire fut quand même au bout. Dans des retrouvailles dignes d’un scénario Hollywoodien avec l’ancien fils prodige, James Harden, le Thunder a tout de même mis un genou à terre durant ce premier tour avec la douloureuse perte de Russell Westbrook, l’iron man qui n’avait pourtant jamais manqué aucun match dans sa carrière depuis la High School. Menant 3-0, puis se faisant rattraper 3-2 dont une défaite chez eux, OKC a tout de même su hausser le ton pour conclure l’affaire dans le Game 6, et ne pas aller se fatiguer à disputer un septième (et toujours indécis) match contre ces Rockets.

Au niveau du jeu proposé, la perte de Russell Westbrook à malheureusement aggravé la tendance que laissait transparaître de cette formation du Thunder : beaucoup de basket en 1 contre 1, et au final une certaine pauvreté tactique parfois. Pour leur défense, le one-two puch Westbrook & Durant est sans le doute le meilleur de NBA en terme de création de tir, percussion sur les défenses, et également le meilleur dans ce registre de basket un contre un. Et les résultats vraiment bons sur ces dernières années justifient aussi ce choix de Scott Brooks. Néanmoins, sans Westbrook, Durant devient la seule et unique option majeure en attaque, et ce qui a fait défaut à cette équipe contre Houston, c’est que parfois les quatres joueurs du Thunder stoppent tout mouvement et se contentent de regarder jouer Durant. Ou même qu’à la place de Westbrook, Ibaka a hérité de quelques isolations, sans franchement beaucoup de succès. La bonne nouvelle, c’est que dans un bon soir, personne ne peut défendre Kevin Durant, la mauvaise, c’est que quand ça commence à coincer pour lui, le Thunder a un manque au scoring. Ce que les fans d’OKC peuvent espérer, c’est que la rotation, les joueurs et le coach aient réussi à faire les ajustements nécessaires et à s’adapter à cette situation. Un Reggie Jackson ou un Kevin Martin devront par exemple continuer sur leur bonne lancée et soulager Durant au niveau des points.

Andy Lyons/Getty Images

A Memphis, on a enfin pris la revanche tant attendue contre les Clippers. Après avoir perdu en 7 manches la saison passée, et avoir été menés 2-0 dans la série cette année, Memphis à su se reconcentrer pour remporter quatre matchs consécutif, dont un à Los Angeles. Deux domaines clés entre le début et la fin de la série : le rebond, et l’organisation offensive. Les Grizzlies étaient une des meilleures formations de NBA en terme de rebond cette saison, mais s’étaient pourtant fait manger tout cru par les Clippers sur les deux premières rencontres, avec notamment des Zach Randolph ou Marc Gasol un peu en dedans. De retour dans le Tennessee, Memphis à haussé le ton, et montré qui était le patron au rebond, dominant à leur tour les Clippers pour remporter la série.

L’autre point clé fut donc l’organisation offensive : après deux matchs très brouillons à sortir de leur zone de confort et à ne pas coller à leur identité, les Grizzlies s’étaient fait avoir. Et encore une fois, de retour à Memphis, on avait resserré les boulons, et pratiqué le jeu qu’ils savent jouer. Du jeu au poste, avec un Zach Randolph retrouvé, tout simplement fantastique dans son boulot sous le panier, mais aussi un Marc Gasol efficace au poste, et que Lionel Hollins a réussi à garder impliqué au scoring (peut- être la chose la plus importante pour cette équipe). Sans oublier un pick & roll toujours aussi efficace, entre Mike Conley et Marc Gasol, ou encore Darrell Arthur qui a retrouvé une belle forme et apporte une belle contribution en sortie de banc. De plus, Hollins a aussi su adapter sa rotation, pour plus d’efficacité défensive : Quincy Pondexter s’est trouvé un rôle de gros défenseur et joueur discret en attaque, parfois au profit d’un Jerryd Bayless, moins physique et moins défensif mais qui a tout de même prouvé que son apport au scoring était non négligeable.

Les Clés de la série pour le Thunder

George Bridges/Getty Images

– Se montrer agressif : Non seulement, c’est le style de jeu de cette équipe (Kevin Durant, Reggie Jackson, et autres), en plus ça permettra aussi d’aller chercher des points sur lancers francs, domaine où OKC excelle. Mais aussi, parce que s’il y a bien une chose qui peut pénaliser cette équipe des Grizzlies, et qui arrive plus qu’ils ne le voudraient, c’est d’avoir des joueurs avec des problèmes de fautes. En ligne de mire, Zach Randolph et Marc Gasol dans la raquette, qui sont bien trop précieux en attaque pour devoir rester pendant de longues séquences sur le banc à cause des fautes. Mais aussi un Tony Allen, ou un Conley, qui contre des meneurs incisifs et percutant ont parfois du mal à ne pas commettre trop de fautes. Encore une fois, Memphis est très dépendant de Conley en attaque, et une des clés pour OKC sera d’aller provoquer toutes ces fautes pour mettre Memphis dans l’embarras. Car le banc est assez talentueux, mais il y a quand même trois classes d’écart entre le talent et l’expérience des titulaires et les remplaçants.

– Savoir accélérer le rythme : Même sans Russell Westbrook, OKC demeure explosif sur contre attaque, et marque beaucoup en transition. Que ce soit du layup ouvert après une interception, ou même trouver un spot ouvert à trois points sur semi transition. Contre une défense aussi dure, resserrée et efficace que celle des Grizzlies, une des manières de la contourner est d’accélérer le rythme, multiplier les possessions offensives et prendre des tirs assez tôt dans la possession. Le but est tout simplement que la défense adverse n’ait pas le temps de bien s’installer, de prendre ses marques et de créer des stops comme ils savent le faire. Encore une fois, c’est une des clés du Thunder pour atteindre de bons quotas au scoring, et surtout c’est quelque chose qu’il savent faire très bien. Y a plus qu’à.

– Le facteur X : Kevin Durant. Difficile ici de ne pas citer KD. Certes, on aurait pu choisir Reggie Jackson, qui doit continuer de jouer comme il sait le faire dans ce registre de faux meneur, très percutant en pénétration et qui aime bien dégainer rapidement à mi-distance, exactement comme Russell Westbrook. On aurait pu également citer Kevin Martin, qui lui aussi devra hausser le ton et apporter un apport solide au niveau du scoring. Mais bien évidement, celui dont la victoire dépend le plus, c’est Kevin Durant. On a d’ailleurs vu contre les Rockets au Game 3 ce dont OKC va être capable : en première mi temps, tout rentre pour Durant, tout va bien pour le Thunder, mais quand ça commence à coincer en seconde mi temps, OKC n’est pas passé loin de se faire rattraper par Houston. Le casting autour doit se montrer au niveau, mais ça ne passera pas sans un grand KD.

Les Clés de la série pour Memphis

Andrew D. Bernstein/Getty Images

– La défense sur le trois points : C’est bien là l’autre force du Thunder après son efficacité en pénétration : le tir à longue distance. Contre les Clippers, les Grizz’ ont fait un boulot assez correct, mais il faudra redoubler d’efforts contre OKC. Tony Allen, Mike Conley, Keyon Dooling, le vétéran pas mauvais défensivement, mais aussi Quincy Pondexter qui s’était illustré durant les victoires de Memphis, et qui pourra se montrer très précieux pour défendre Kevin Martin en sortie d’écran comme il l’avait superbement fait contre Jamal Crawford. Contrairement aux Clippers qui aiment prendre des tirs en sortie d’écran ou en mouvement, OKC laisse opérer Kevin Durant au milieu du terrain, et place des shooteurs dans les corners et sur les ailes pour dégainer directement en réception de passe (Thabo Sefolosha, Derek Fisher, Reggie Jackson, etc) pour une efficacité diabolique. A Memphis de se montrer au niveau défensivement.

– Gagner la bataille du rebond : Exactement comme contre les Clippers, Memphis devra exceller dans ce qu’ils savent faire, en l’occurrence, le rebond. Même si Ed Davis semble avoir reculé dans la rotation dernièrement, Arthur, Gasol et Randolph auront des minutes conséquentes et devront faire le boulot, sous peine de se faire prendre à revers comme sur les premiers matchs du premier tour. Dans un premier temps, il faudra sécuriser le rebond défensif, ce qui ne devrait pas être trop difficile quand on sait qu’OKC n’est vraiment pas très performant pour aller chercher des secondes chances. Mais il faudra aussi aller prendre des rebonds offensifs pour les Grizz, pour mettre le plus de chances possibles de leur coté en vue de la qualification. OKC est en revanche très performant sur le rebond défensif (3e, contre 25e sur offensif), mais peut parfois complètement passer à coté sur certains match contre des grosses raquettes. Ca a déjà été le cas en saison régulière contre Indiana…et contre Memphis, quelques semaines avant les playoffs, dans un match où la raquette du Thunder s’était faite mangée (comme un symbole, même le panier de la gagne de Gasol en overtime était une claquette au buzzer). Si Memphis peut jouer une grosse carte, c’est celle-ci, le rebond.

– Le facteur X : Zach Randolph. La encore, difficile de choisir un homme parmi tant. Comme au dernier tour, Mike Conley devra rester impliqué au scoring, tout comme un Marc Gasol d’ailleurs (Memphis perd rarement quand l’espagnol domine depuis le poste et se montre redoutable à mi-distance). Mais sans doute que la forme d’un Zach Randolph sera déterminante. On commençait sérieusement à se demander s’il n’était pas un peu cramé après les deux matchs à Los Angeles, et le voilà qui a répondu avec quatre grosses performances. Sans doute le meilleur dans le métier pour obtenir de bonnes positions sous le panier, être efficace au rebond offensif et réaliser des tip-in important, il devra tout de même faire attention à ne pas se montrer trop agressif dans la raquette : élevé au old school, avec des batailles de muscles comme on les aime dans la peinture, les arbitres sont aujourd’hui beaucoup plus attentifs et beaucoup plus enclins à siffler des fautes sur des contacts un peu rudes. Son apport au rebond, au poste bas (où il a retrouvé sa superbe) et au scoring en général est trop important pour qu’il se permette de prendre trop de fautes trop rapidement. Quand on connait son passif avec Kendrick Perkins (au moins aussi intense qu’avec Blake Griffin), ce sera d’autant plus à surveiller.

Les Matchups à suivre

Layne Murdoch Jr./Getty Images

– Le duel des raquettes : Marc Gasol, Zach Randolph, et Darrell Arthur d’un coté, Serge Ibaka, Kendrick Perkins et Nick Collison de l’autre. En plus du rebond, il sera intéressant de suivre la défense au poste et même un peu plus éloignéé du panier : on sait que Randolph mais surtout Gasol possèdent un tir très fiable à mi-distance, de quoi déranger un Perkins qui n’aime pas beaucoup s’éloigner du cercle. Mais aussi de l’autre coté du terrain, puisque Ibaka a développé dernièrement son propre tir extérieur loin d’être mauvais, pour ne pas dire très efficace également. Là aussi, c’est une arme de l’arsenal offensif d’Ibaka qui pourrait permettre d’éloigner un Randolph ou un Gasol du cercle, et limiter l’impact au rebond. A noter enfin, un Nick Collison très précieux en défense et possédant un profil d’intérieur différent devrait aussi avoir un temps de jeu très conséquent, et Hasheem Thabeet aussi pourrait avoir un rôle intéressant, pour sa taille et ses muscles, histoire de distribuer quelques fautes également. De plus, OKC jouant souvent avec des intérieurs plus grands que ce qu’ont fait les Clippers au tour précédent, Lionel Hollins pourrait choisir de faire revenir Ed Davis dans la rotation, pour apporter plus de taille. Il y a une bataille tactique à aller gagner dans la gestion des intérieurs.

– Kevin Durant vs les extérieurs de Memphis : Au premier tour, Tayshaun Prince avait perdu un peu de ses minutes de jeu, étant donné que sa réussite offensive demeurait assez moyenne, et que sa défense n’était pas forcément utilisée, les Clippers ne possédant pas de poste 3 de grand talent sur qui faire défendre Prince. En revanche, l’ancien Piston aura l’occasion de montrer ce qu’il sait faire contre KD. Francisco Garcia a excellé dans ce rôle avec les Rockets, et Prince possède en plus une envergure bien plus grande, qui pourrait beaucoup gêner Durant sur son jump shot. Également, il ne faudra pas exclure le fait de voir Tony Allen défendre sur KD pendant quelques séquences. En 2011, il avait d’ailleurs fait un fantastique job, freinant beaucoup Durant dans son scoring, malgré une différence de taille non négligeable.

– Mike Conley vs Reggie Jackson : Un duel intriguant et intéressant, entre un meneur qui confirme de plus en plus, et qui pourra un jour prétendre à une sélection All-Star, et un jeune meneur explosif qui tente de se montrer au niveau d’un Westbrook blessé. Jackson est parfois hors de contrôle, et manque encore de patience et de maturité, et contre un Mike Conley redoutable intercepteur ça peut aussi être l’occasion d’aller chercher quelques points faciles en contre-attaque. De même, ce sera un bon test pour le jeune Jackson, qui sera réellement mis à l’épreuve défensivement contre Conley très performant sur pick & roll, capable de distribuer, aller conclure au cercle ou prendre un tir extérieur. Là aussi, il faudra sans doute surveiller le coaching de Scott Brooks, qui dans le money time pourrait préférer la défense et l’expérience d’un Derek Fisher pour embêter Conley.

Bilan

C’est une série bien prometteuse auquel nous allons assister. Il n’y a pas si longtemps que ça, on aurait peut-être eu un peu de mal à imaginer Memphis renverser le Thunder (quoi que), mais la blessure de Russell Westbrook rentrant dans l’équation, il ne faudra pas s’étonner si le dernier Finaliste NBA venait à tomber.

Memphis est sur la bonne dynamique, et aura à cœur de se montrer au niveau de leurs ambitions. Exécuter leur jeu offensif, être présent à l’intérieur, se montrer au niveau défensivement et imposer un challenge physique, voilà ce que devront faire les Grizzlies pour se diriger vers les Finales de Conférence. De l’autre coté, ce sera un bon test pour OKC et pour Kevin Durant, qui après avoir été accroché par une équipe très performante en attaque, auront droit à un autre traitement face à la défense des Grizzlies. A ne louper, sous aucun prétexte.

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Le programme de la série:

  • Game 1 à Oklahoma City: dimanche 5 mai à 19h
  • Game 2 à Oklahoma City: mercredi 8 mai à 3h30
  • Game 3 à Memphis: samedi 11 mai à 23h
  • Game 4 à Memphis
  • Game 5 à Oklahoma City
  • Game 6 à Memphis
  • Game 7 à Oklahoma City

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