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Playoffs Preview : San Antonio Spurs (2) vs Memphis Grizzlies (5)

Joe Murphy/NBAE via Getty Images

Duel au sommet de la Conférence Ouest, mais pas forcément le plus sexy des affrontements que l’on aurait pu imaginer. Pas de Thunder, pas de Clippers, pas de Warriors (qui commençaient à avoir le vent en poupe dans les médias), mais bien deux équipes sobres et efficaces. San Antonio contre Memphis. L’occasion pour les Spurs de prendre leur revanche sur les Grizzlies qui les avaient éliminés au premier tour, il y a deux ans de cela, et l’occasion pour Memphis de confirmer et concrétiser cette montée en puissance depuis quelques années.

Bilan du second tour

AP Photo/Eric Gay

Bizarrement, on a eu droit à l’inverse de ce qu’on aurait pu imaginer durant les demi-finales de Conférence. Un Memphis qu’on voyait bien batailler longtemps avec OKC, a plié l’affaire en cinq petits matchs, et à l’inverse un San Antonio qui a dû batailler sans doute un peu plus que prévu pour se débarrasser des Warriors. Il aura fallu attendre les matchs cinq et six pour voir le San Antonio dominant, se mettant hors de porté d’un Golden State insolent mais encore trop jeune.

San Antonio a réussi à développer son jeu léché, et une fois fait, la défense des Warriors n’a pas su suivre le rythme, tandis que leur attaque s’enraillait également face à des Spurs qui tenaient la baraque. Du pick & roll, beaucoup de pick & roll, pour aller titiller un Andrew Bogut qui n’aimait pas du tout sortir de la raquette pour défendre Tim Duncan sur la rotation, ou qui ne pouvait contenir un Tony Parker en pénétration. Du trois points également, avec un banc qui s’est montré à la hauteur de l’évènement, tant Manu Ginobili que Matt Bonner, Boris Diaw ou Gary Neal. Le tout en trouvant la bonne formule pour éteindre les Warriors et leur réussite à trois points, les forçant à jouer plus sur du basket un contre un ou isolation.

Pour les Grizzlies, cette victoire sonne comme (pour le moment) le plus grand fait d’arme de cette jeune équipe pleine d’ambitions. Comme Lionel vous le racontait en personne récemment, Memphis avait trouvé la bonne formule pour freiner Kevin Durant, à défaut de pouvoir l’éteindre complètement : au lieu de vouloir insister avec un ailier de sa taille sur lui (Tayshaun Prince ou même Austin Daye), la pression qu’on mis les plus petits mais plus actifs Tony Allen et Quincy Pondexter s’est révélée payante, sans non plus oublier le fabuleux boulot d’un Marc Gasol sur prises à deux.

Offensivement, Memphis a réussi à développer son jeu, et à ainsi prendre confiance tout le long de la série, avec notamment une énorme présence sous les paniers qui a beaucoup dérangée Scott Brooks, qui de son coté préférait insister sur du small ball. Mais plus encore, le domaine où les Grizzlies ont le plus progressé, c’est dans leur gestion des fins de match. Après avoir laissé filé le premier match malgré une avance assez conséquente, Memphis a réussi à raccrocher le bon wagon, et à battre OKC dans le money time des quatre matchs suivants. Une vraie force de caractère, qu’on ne leur connaissait pas l’an passé par exemple.

Les Clés de la série pour San Antonio

Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

– Insister sur Pick & Roll : C’est leur force évidement, mais c’est aussi un domaine où l’on a vu Memphis en difficulté déjà. La double menace Tony Parker/Tim Duncan est une association qui marche, et qui fait peur : le français est sans doute un des meilleurs meneurs de NBA en terme de percussion et de finition au cercle en sortie d’écran, et Duncan s’est montré régulier sur ce petit shoot en tête de raquette en pick & pop, ou tout simplement en coupant vers le cercle. Du coté des Grizzlies, Gasol est plutôt performant pour couvrir le pick & roll, mais a du mal face à des meneurs explosifs du type Tony Parker, et manque de mobilité pour se montrer tout le temps efficace. Quant à Zach Randolph, il a lui beaucoup plus de mal, et ça s’est vu contre les Clippers au premier tour, lorsque Chris Paul se baladait sur chaque pick & roll. S’il y a bien un domaine où Greg Popovich devrait insister, c’est bien celui-là

– La défense à l’intérieur : Ce n’est pas nouveau, c’est sous les paniers que Memphis construit son succès. Que ce soit sur rebonds offensifs, défensifs, ou sur du jeu au poste, Randolph et Gasol à la baguette. Du coté de San Antonio, la vraie interrogation sera de savoir si Tiago Splitter sera à 100% pour aller aux combat contre cette raquette, ce serait la situation idéale. Il faudra pour les Spurs se montrer dur à l’intérieur, garder les intérieurs le plus loin possible du cercle , et même pratiquer de la prise à deux : cela créera des espaces pour les Grizz’ dans le périmètre, mais Memphis est une équipe assez mauvaise sur du tir à trois points, ou plus généralement sur du jump shot, donc ça peut aussi être une stratégie que de les forcer à prendre du tir extérieur plutôt que de les laisser opérer à l’intérieur.

– Le facteur X : Tony Parker : Le Français aura fort à faire, et c’est de sa réussite que dépendra directement le sort des Spurs. Désormais franchise player maison, TP aura une tâche difficile face à un backcourt des plus efficaces défensivement, mais il sera capital pour lui de rentrer très rapidement dans le rythme, et d’enchainer les paniers. Pour accumuler les points le plus rapidement possible évidement, contre la meilleure défense de la ligue, mais aussi pour focaliser plus d’attention, et libérer ainsi plus de place pour ses coéquipiers dans le périmètre, ou pour Duncan en sortie de pick & roll. A l’inverse, un TP en panne ne devrait pas trop perturber la défense des Grizzlies, qui pourra se permettre de ne jouer qu’en individuel si le français est dans un mauvais soir.

Les Clés de la série pour Memphis

Andy Lyons/Getty Images

– Se rappeler de leurs forces : C’est encore le petit défaut de cette formation des Grizzlies. Sur certaines séquences, lorsque l’adversaire commence à rentrer dans le rythme, réalise quelques stops et parvient à scorer de l’autre coté du terrain, Memphis peut parfois déjouer. Particulièrement en attaque, ça devient brouillon, on essaye de forcer sur du jump shot, ou de s’en remettre à du un contre un, alors que ce ne sont en aucun cas leurs forces. Il faudra continuer dans ces petites périodes creuses pendant les match à arriver à se reconcentrer et à exécuter les bons systèmes, chose qu’ils font de mieux en mieux, ce qui n’empêche pas qu’ils peuvent parfois encore se laisser prendre au piège. Memphis a toutes les armes pour rejoindre la Finale, ce qui fera la différence sera sans doute sa capacité à exécuter et se montrer efficace.

– Être attentifs aux shooteurs : Memphis a plié l’affaire bien vite, par quatre manches à une, mais chacune des rencontres fut des plus disputées, et une des raisons à cela fut la capacité du casting autour de Kevin Durant à être efficace. Les Grizzlies ont gâché beaucoup de bonnes séquences défensives sur KD en ne prêtant pas assez attention aux joueurs autour, et les Derek Fisher, Reggie Jackson, Thabo Sefolosha ou Kevin Martin qui se sont montrés productifs, profitant de toute cette attention portée à Durant. Il ne faudra pas faire de même contre les Spurs, qui pourront leur faire payer sur du trois points, si Memphis oublie les shooteurs et surveille d’un peu trop près un Tony Parker en pénétration par exemple.

– Le facteur X : Mike Conley : Le meneur de jeu des Grizzlies est en train de se construire une belle réputation durant cette post season, et pour cause, le garçon a réalisé jusqu’ici de très belles performances. Non seulement de distribuer le jeu, on voit de plus en plus Mike Conley s’impliquer au scoring et ça ne peut être que bénéfique pour Memphis. De la pénétration, mais aussi du tir à mi-distance sur pick & roll, ou du shoot à trois points. Conley sera d’autant plus le facteur X de Memphis que les Grizzlies ont beaucoup de mal à développer leur jeu d’attaque sans lui pour l’organiser. De quoi sans doute retrouver Conley au-dessus des 40 minutes par match sur ces Finales de Conf’.

Les Matchs up à suivre

Joe Murphy/NBAE/Getty Images

– Tony Parker vs les défenseurs extérieurs des Grizz’ : Première option offensive de l’équipe, TP aura sur cette série du pain sur la planche face au meilleur backcourt défensif de NBA. On pense à Mike Conley et Tony Allen, mais aussi Quincy Pondexter : durant le premier tour, le nouveau sixième homme de Memphis avait fait un excellent boulot sur Chris Paul, et sa grande envergure avait énormément gênée le meneur des Clippers, parfois même plus qu’un Conley plus mobile. La bonne nouvelle, ce sera donc que Memphis aura une rotation assez profonde pour permettre d’avoir tout le temps un défenseur de talent sur le meilleur attaquant adverse.

– Tim Duncan vs Marc Gasol : L’élève pourra-t-il dépasser le maître ? On est en tout cas forcé de remarquer l’affrontement de deux intérieurs au profil très similaire (gros défenseurs, capable d’évoluer dans le périmètre, et avec un excellent touché de balle et d’excellentes mains). Les deux ne devraient sans doute pas se défendre l’un l’autre sur l’intégralité de la série, mais sans doute que l’on verra quelques duels intéressants au fil des matchs. L’avantage de l’espagnol, c’est qu’il possède un plus gros volume de jeu en défense, là où l’impact d’un Duncan se fait bien plus ressentir sous les paniers, mais le vétéran s’est lui montré toujours aussi dangereux au poste comme sur du tir dans le périmètre. De quoi peut être également forcer Gasol à commettre plus de fautes qu’il ne le voudrait, et limiter son impact.

– Le duel des bancs : C’est aussi ce qui a fait la différence contre Golden State, lorsque San Antonio a voulu passé la seconde. La réussite d’un Matt Bonner ou d’un Gary Neal, un Boris Diaw impliqué au scoring (oui oui) et qui distribue bien, mais surtout un Ginobili qui retrouve peu à peu sa magie après une saison régulière compliquée. En face, Memphis n’a pas autant de talent à proposer, mais n’en a pas forcément le besoin, possédant un cinq déjà complet et habitué à jouer très longtemps. Tout de même, les Grizz’ espéreront retrouver un Jerryd Bayless en forme, capable de dégainer à longue distance, des Kenyon Dooling ou Quincy Pondexter et leur apport défensif, ou encore un Darrell Arthur qui fait un excellent job pour permettre à Randolph ou Gasol de prendre quelques minutes de repos. L’efficacité de chacun des bancs devrait être une bonne indication de la direction que prendra la série.

Bilan

En éliminant l’épouvantail que représentait Thunder, Memphis a définitivement frappé un grand coup, s’attirant par la même occasion (enfin) l’attention des médias. Une grosse défense, un groupe talentueux, un coach parmi les meilleurs du métier, et un fond de jeu très solide, les Grizz’ ont le vent en poupe selon toute vraisemblance.

Mais ce serait une erreur que de négliger une équipe aussi rodée que celle des Spurs. Solides en défense et sans doute la meilleure équipe de la ligue en terme d’exécution des systèmes, San Antonio aura aussi à cœur d’enfin passer ces Finales de Conférence, qu’ils n’ont plus remportés depuis six ans désormais. La meilleure façon de décrire ce superbe affrontement qui va avoir lieu, c’est encore celle de Tim Duncan, qui nous racontait il y a quelques jours que « ça va être difficile, ça ne va pas être beau ». Let’s the war begin.

Programme:

Game 1: MEM @ SAS | Dim., 19 mai, 21h30 | ABC
Game 2: MEM @ SAS | Mer., 22 mai, 3h | ESPN
Game 3: SAS @ MEM | Dim., 26 ma, 3h | ESPN
Game 4: SAS @ MEM | Mar., 28 mai, 3h | ESPN
Game 5: MEM @ SAS | Jeu., 30 mai | ESPN | Si Nécessaire
Game 6: SAS @ MEM | Sam, 1er juin | ESPN | Si Nécessaire
Game 7: MEM @ SAS | Dim., 3 juin | ESPN | Si Nécessaire

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