NBA Mock Draft by L’Echo des Parquets : N°3, Washington Wizards

NBA Mock Draft by L’Echo des Parquets : N°3, Washington Wizards

L’équipe de l’Echo Des Parquets quitte momentanément les micros pour la plume : StillBallin, Guillaume et Lucas se glissent dans la peau des GMs le temps d’une mock draft. Dans quelques jours les franchises les plus hauts placées dans la draft vont en effet avoir la possibilité de se donner un énorme coup de boost jusqu’à pourquoi pas sortir leur équipe de leurs difficultés, grâce au renfort d’un des meilleurs jeunes joueurs désirant intégrer la grande ligue. Mais les erreurs seront cruelles et douloureuses dans ce moment crucial alors faire le bon choix devient une obligation qu’il n’est assurément pas facile de tenir. Joignons-nous à la réflexion pour quelques unes d’entre elles et voyons quels genres de voies devraient-elles suivre. Le premier et le second pick sont déjà passés au travers de nos réflexions fiévreuses, voici le troisième.

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With the Third pick in the L’Echos Des Parquets’ NBA Mock Draft, the Wizards select…

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Les Wizards ont le cou bordé de fers à cheval. Ils n’étaient pas la 3ème plus mauvaise équipe du championnat. Ils n’en étaient pas la 4ème, la 5ème, ni la 6ème d’ailleurs. Ils en étaient seulement la 8ème. Mais comme un professeur de maternelle qui ne peut pas s’empêcher de donner une friandise supplémentaire à son élève préféré, la loterie a décidé de faire passer la franchise de D.C. avant d’autres et de lui filer le 3ème choix de draft. C’est fou ce que les adultes peuvent faire quand vous arrêtez de jouer avec des allumettes (Arenas, Blatche, McGee, Young, Crawford).

Les Wiz sont même vernis une seconde fois car si cette cuvée qui n’offre que des joueurs de complément comme meilleurs et plus sûrs prospects désespère les franchises squelettiques et dépenaillées, elle tombe à point nommé pour eux: avec un socle d’éléments majeurs déjà en place en les personnes de John “Don’t ever talk about me like you did” Wall, Bradley Beal et Nené Hilario, ainsi qu’une impressionnante dynamique, c’est précisément de ce genre de joueurs qu’ils ont besoin. En général, une franchise détentrice d’un si haut choix de draft qui dispose déjà de son comptant de cadres doit choisir entre utiliser ce pick sur un gros talent juvénile au risque de créer de problèmes de hiérarchie entre touLe top 10 de la saison de John Wallt ce beau monde, d’entente et de complémentarité (qui va faire le travail de l’ombre?), ou le craquer sur un excellent role player qui remplira les tâches délaissées par les leaders mais au risque d’avoir le sentiment d’user un pick trop haut pour ce type de joueurs et de passer à côté d’une future star, peut-être plus forte que les piliers en place. Cette draft s’est arrangée pour que Washington n’ait pas à ce triturer le ciboulot avec ce dilemme. Elle a présenté un bataillon de prétendants dépourvu de prospects absolument incontournables.

Les prospects les plus fiables sont en effet à peine plus que des role players et les joueurs à fort potentiel comme Anthony Bennett ou Cody Zeller -tous les deux assez alléchants en power forward à côté de Nené et avec Wall pour meneur, surtout si Zeller confirme les qualités de shooteur entrevues lors des sessions pré-draft (à prendre avec des pincettes donc) que sa fac n’avait pas voulu montrer- présente également un fort potentiel d’échec. Entre un role player sûr et un de ces gros talents plein d’interrogations, je plaiderai pour la sécurité d’un role player, même avec ce pick de bronze. Je ne voudrais pas prendre le risque de secouer l’encourageant et fragile édifice qui a trouvé une belle dynamique en lui mettant dans les pattes un jeune loup susceptible de perturber l’organisation et les prémices d’une alchimie dans cette formation. Surtout si ce jeune loup risque de se planter en beauté. Un joueur de l’ombre, au contraire, est plutôt facile à intégrer tout en offrant un véritable apport dans le sens où il viendra remplir les trous autour des éléments clés. Personne n’aime partager les tickets-shoot mais tout le monde adore avoir un coéquipier pour dépenser de l’énergie dans les basses besognes.

Les Wizards ont besoin d’un pion en tenue de soldat à placer en soutien de leurs stars, ici ils vont pouvoir se vautrer dans l’embarras du choix. Même les tout meilleurs morceaux, Ben McLemore et Nerlens Noel, collent mieux à l’étiquette de “brillants joueurs d’appoints” qu’à celle de meilleurs prospects de la draft. D’ailleurs, si la chance sourit toujours autant à la franchise de Washington, une de ces deux têtes d’affiche sera encore disponible lorsque viendra son tour de piocher quelqu’un. Après tout, il n’y a que deux choix avant le sien.

J’imagine assez bien Noel dans cette équipe, en homme de main de la raquette et de Nené Hilario chargé des basses besognes (protection de la raquette en défense, ramasse-miettes qui se fait oublier jusqu’à ce qu’il soit tout seul près du cercle, en attaque). Sa venue encombrerait pas mal la peinture et pourrait réduire les possibilités de pénétration de John Wall mais Wash jouait déjà la plupart du temps avec deux pivots cette année et les ardoises du meneur n’ont manifestement rien remarqué et ont continué d’afficher de grosses additions. Mais pourquoi ajouter un pivot de plus, me direz-vous? Parce que l’effectif compte surtout des pivots lourds à côté de qui un intérieur au profil élastique, bondissant, vif et a priori capable de contenir les power forwards les plus mobiles (ou presque) comme l’ancien Wildcat ferait extrêmement bien.

Ben McLemore, lui, ne ferait-il pas doublon avec Bradley Beal? J’aurais tendance à penser que oui et que cela serait un motif légitime pour l’écarter. Cependant, une équipe avec un meneur supersonique et une raquette bétonnée profiteraient énormément de la présence de deux menaces à longue distance aussi talentueuses sur le terrain. McLemore n’est pas vraiment taillé pour jouer ailier mais ses grosses qualités athlétiques réduiront un peu le fossé. Une vivacité supérieure peut aussi être suffisamment pénible à gérer pour le small forward opposé pour réduire encore ce déficit de centimètres et de kilos. Son shoot d’une très grande qualité -qui associé au reste du cinq washingtonien pourrait donner une nouvelle dimension au collectif de D.C.- et ses autres qualités (son potentiel défensif notamment) valent sûrement le risque qu’implique cette différence physique. Enfin peut-être.

Les chances de voir Noel ou McLemore être encore sans casquette siglée d’un logo NBA à ce moment de la draft sont malgré tout assez minces. Ce n’est d’ailleurs pas le cas dans cette mock draft. A mes yeux, le choix se résumera donc en un duel de féroces soutiers entre le longiligne et très complet Otto Porter et la boule d’énergie et de muscles, Victor Oladipo.

Tout le monde imagine que c’est le premier qui endossera ce troisième pick. Ça peut se comprendre, Porter est un small forward et il n’y a qu’un Trevor Ariza retrouvant doucement ses standards de L.A. et un Martell Webster intéressant mais pas suffisamment (arrivant en fin de contrat qui plus est) sur son poste. Alors que le shooting guard qu’est Oladipo aura un Brad Beal déjà promis à partager l’avenir de la franchise avec John Wall sur son temps de jeu (ainsi que Webster s’il prolonge, celui-ci pouvant alterner les deux postes extérieurs).

Cela dit, je ne pense pas que l’apport potentiel de l’ailier de Georgetown soit aussi incisif que celui d’Oladipo. Entendons-nous bien, cet apport ne sera pas faible, loin de là ; Porter est présent dans toutes les facettes du jeu, se glisse parfaitement dans un collectif, facilite le jeu par son placement, ses passes et son jeu sans ballon, se donne toujours à fond, peut gêner beaucoup de monde en attaque (jeu poste bas) comme en défense avec sa grande taille et il a ressemblé à un shooteur fiable cette année. Seulement, cet apport ne sera pas aussi “incisif” que celui du feu follet d’Indiana.

Je m’explique. Oladipo est l’exemple même du chien de garde défensif capable de coller au derche de n’importe quel extérieur comme un possédé grâce à un impressionnant cocktail de qualités athlétiques, de vitesse, de puissance et surtout, d’énergie. Porter est lui aussi un défenseur d’impact mais il risque de lui manquer quelques crans de vitesse, de puissance et d’ “athleticism” pour passer du défenseur performant à la sangsue à faire péter les plombs que devrait normalement être le Hoosier.

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Victor Oladipo

A côté de ça, comme Porter, l’américano-nigérian excelle dans le jeu sans ballon et les paniers d’opportuniste (d’où un hallucinant total de 59,9% de réussite aux tirs), est présent un peu partout dans le jeu (6,3 reb ; 2,1 ast ; 2,2 stl ; 0,8 blk en 28,4 minutes), ne s’aventure pas beaucoup dans les domaines qu’il ne maîtrise pas et se bat sur tout ce qui bouge. Avec plus de voracité et d’impact physique. Et plus que Porter, il est un finisseur efficace au cercle. Il manque en effet quelques doses d’explosivité, de puissance et de technique à l’étudiant de Georgetown pour scorer efficacement dans une zone aussi protégée que la peinture. Ma crainte est notamment que son excellent jeu sans ballon en paye le prix: trouver des positions près du panier, c’est bien. Les convertir sur le tableau d’affichage, c’est le seul truc qui compte.

Enfin, Oladipo est devenu un shooteur d’une efficacité inattendue cette année: il a affiché un exceptionnel 44% de réussite derrière la ligne sur 1,9 tentatives pas matchs. Il est toutefois impossible de dire s’il est définitivement devenu un franc-tireur fiable car il ne compte qu’une seule saison de ce calibre dans les mollets et plaque son magnifique 44% sur un nombre de tirs trop réduit pour ôter de l’esprit l’idée que ce joli chiffre n’est peut-être que le résultat d’un état de forme passager. Néanmoins, Porter est à peu de choses près dans la même situation, avec un pourcentage de réussite un brin moins bon (42,2%) et un volume de tirs un peu plus épais mais toujours pas suffisant pour nous mettre en confiance.

Notez que je ne me pétris pas la cervelle pour rien avec ces détails pointilleux sur les qualités de shooteur des deux hommes, la question de l’adresse à longue distance est extrêmement importante pour cette équipe de Washington, comme je l’ai laissé entendre avec McLemore. Cette faculté sanctionnerait en effet mortellement toute volonté adverse de se focaliser sur le puissant secteur intérieur des bleus et rouges ou sur le génial John Wall. Donc s’ils n’ont pas trop de liquide dans le cerveau, les dirigeants de la franchise creuseront férocement la question lors des work-outs des deux prétendants (comme exercice, je propose de voir qui mettra le plus de trois points en étant torpillé de balles de ping pong). Celui qui apportera le plus de garanties dans le shoot aura un atout certain dans ce duel à distance. Pour ma part, je vais taper en touche et dire que les deux prospects se valent à peu près dans ce domaine. Avec le peu d’informations qu’on a actuellement et face à cette absence absolue de certitudes, autant essayer de deviner le temps qu’il fera demain simplement en levant le nez au ciel.

Bref, voilà en quoi Oladipo aura selon moi un impact plus acéré que Porter dans ce rôle de soldat de soutien. Joueur plus énergique, défenseur plus harassant et difficile à défaire, attaquant moins outillé mais plus efficace, l’alumni d’Indiana est un animal lancé sur le terrain quand Porter n’est qu’un employé modèle. Le Hoya est un joueur plus complet et plus en maîtrise mais à Washington, il y a suffisamment de talent et de leadership pour porter la majeure partie du jeu et en contrôler les soubresauts. Ce qui nous intéresse plus particulièrement ici, c’est le travail de l’ombre pour lequel les leaders ne peuvent pas se permettre de dépenser trop d’énergie. Et dans ce domaine précis, Oladipo enfonce un couteau dans l’estomac. Porter ne fait que donner un solide uppercut.

Un abruti de double miniature de moi-même juché sur mon épaule lâche avec un rictus méprisant que c’est bien beau tout ça mais que ça ne change pas le fait qu’Oladipo joue sur le même poste que la petite perle qu’est Brad Beal. Après avoir négligemment cogné mon épaule contre l’encadrement d’une porte, je reconstruis mentalement les schémas de cette équipe de D.C. Je dois bien reconnaître que ce n’est pas faux. Son mètre quatre vingt treize est juste suffisant pour qu’on ne le considère pas comme un peu trop petit pour jouer shooting guard. Alors ailier…

Cependant, ce guerrier infatigable s’est souvent retrouvé à défendre des ailiers forts autant que des meneurs dans le championnat NCAA. S’il a pu faire baver des power forwards universitaires, il doit pourvoir encaisser des ailiers shooteurs NBA, non? Et puis comme je le disais pour McLemore, un gnome nitroglycériné sur le poste d’ailier peut être suffisamment accrocheur par sa vivacité pour que son déficit physique ne paraisse pas si problématique. Avoir une raquette aussi bien charnue en soutien derrière comme c’est le cas à Washington peut aussi lever quelques inquiétudes à ce sujet. N’oublions pas non plus que l’Hoosier pourra consacrer la totalité de son énergie débordante à s’occuper du small forward d’en face et que, si je ne m’abuse, il est souvent arrivé à Tony Allen (1,94 m aussi) de mettre pas mal de bâtons dans les roues de Kevin Durant (2,08 m). Enfin, je ne négligerais pas un autre intérêt d’avoir un “petit” sur un poste extérieur: avec une telle configuration, une équipe gagne en effet énormément en vivacité. Si elle joue sur cette force en multipliant les déplacements rapides, ça pourrait avoir de quoi tournebouler pas mal d’adversaires.

Par ailleurs, Oladipo ne serait pas forcément confiné à cette tâche défensive sur le small forward ennemi. Il pourrait au contraire offrir une merveilleuse flexibilité stratégique en étant utilisé sur les postes 2 et 3 pour défendre sur le meilleur extérieur opposé, que celui-ci soit un ailier, un arrière ou un meneur. De quoi permettre à John Wall ou Bradley Beal d’économiser un peu d’énergie en défense pour mieux la balancer à la tronche des adversaires en attaque.

Poster régulièrement Oladipo à l’aile reste un risque mais l’impact global du tempétueux arrière et l’énorme renforcement qu’il constitue dans les secteurs un peu creux des Wizards ne surplombent-ils pas ce risque? Avec lui, la bande de D.C. est à la fois plus complète, plus ordonnée et plus saillante dans les domaines clés. Apporter une nouvelle dimension à son équipe, n’est-ce pas ce qu’on attend d’un n°3 de draft?

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With the Third pick in the L’Echos Des Parquets’ NBA Mock Draft, the Wizards select…

Victor Oladipo from Indiana University

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StillBallin (@StillBallinUnba)

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