Coaching : Iguodala et les Warriors ramènent Philadelphie à la réalité

Après un départ de saison canon, les Philadelphie Sixers ont calé la nuit dernière.
Face à une équipe des Warriors plus expérimentée et plus rodée, Philadelphie n’est pas arrivé à pratiquer son jeu qui avait fait sa force lors des premiers matchs de la saison. Si bien que les Warriors ont pu prendre le large et plier l’affaire dès le troisième quart temps.
Une attaque en panne
La force de cette équipe des Sixers, en attaque comme en défense, depuis le début de la saison c’est l’intensité avec laquelle elle joue. Hier soir Golden State n’a pas eu de mal pour faire plier aisément une équipe des Sixers amorphe.
Philadelphie a tout d’abord laissé filer bien trop de ballons à l’adversaire. Souvent le pêché mignon d’une jeune équipe, les Sixers n’ont pas su limiter leurs turnovers hier soir comme ils avaient bien réussi à le faire jusqu’ici.
Plus inquiétant encore, le fait que bon nombre de ces turnovers n’ont pas été forcés par la défense des Warriors mais résultent simplement de grossières erreurs. Voici quatre exemples de très mauvaises passes d’Evan Turner et Michael Carter Williams.
Actif sur les trajectoires de passes, Golden State à également su forcer des pertes de balles (18 en tout) sur de la défense en homme à homme comme par exemple ici Stephen Curry ou Andre Iguodala qui ont combiné 8 turnovers à eux deux.
Golden State, une des meilleures équipes de la ligue en transition, a su parfaitement capitaliser sur ces mauvaises possessions offensives des Sixers. Premier exemple, sur une mauvaise passe de Carter Williams les Warriors scorent en quelques secondes de l’autre coté du terrain. Puis sur le second exemple, Carter Williams dégaine à trois points avec 14 secondes à jouer (un tir où on le sait pas extrêmement à l’aise) qui mène encore une fois pour une opportunité facile en transition.
Même lorsque le ballon bouge bien et que Philadelphie obtient le tir souhaité, Spencer Hawes à trois points relativement ouvert, la réussite n’est pas là et permet également aux Warriors de rapidement conclure de l’autre coté du terrain. Un exemple parmi tant d’autre, Phily a shooté à seulement 35% de réussite hier (31/88, 5/25 à longue distance).
Une défense amorphe
Contre Miami, Washington et Chicago, Philadelphie a pratiqué une défense basé sur l’intensité, les prises à deux, venir aider sur le porteur du ballon, les multiples rotations défensives. Autant dire une grande débauche d’énergie.
Mais hier soir les Sixers n’étaient pas animés par le même esprit et paraissaient trop amorphes pendant de longue séquences. Les rotations n’étaient pas là et contre une équipe des Warriors pleine de certitude en attaque ça ne pardonne pas.
En transition par exemple, Phily ne revenait pas assez vite et laissait bien trop de temps à Golden State pour scorer. Deux exemples parmi de nombreux où Curry file au lay-up sans que personne ne vienne le stopper, puis Klay Thompson n’a qu’à rester dans le corner pour obtenir un trois points ouvert sans qu’aucun Sixers ne soit autour de lui du début à la fin de l’action.
Sur l’action suivante, Phily fait une prise à deux bien exécutée sur Curry mais derrière la défense ne comble pas comme les matchs précédents et personne ne vient contester le tir de Klay Thomson. Des rotations défensives bien trop en retard.
De même, sur Pick & Roll les rotations défensives furent loin d’être parfaites. Par trois fois Maurice Speights obtient un tir facile à quelques minutes d’intervalle seulement.
Sur une remise en jeu, Golden State fait sa classique : Klay Thompson en sortie de deux écrans offre une première option tandis qu’Andre Iguodala (Harrison Barnes l’an passé) propose un seconde option de tir en réception de passe dans le corner opposé. Philadelphie se fait avoir et laisse Iggy ouvert : trois points pour Golden State.
Jermail O’Neal est au poste, Evan Turner garde les yeux sur le ballon mais perd le contact visuel avec Iguodala et ne le voit pas coulisser dans le périmètre pour un tir à trois points. Plus tard, Tony Wrotten est chargé de garder Iguodala mais se laisse aspirer dans la raquette par la pénétration de Curry et laisse à Iguodala bien trop d’espace pour encore une fois un tir ouvert. Puis sur une autre pénétration c’est Thaddeus Young qui en voulant aider laisse Iggy ouvert.
Ce sont ce genre de petites erreurs qui coûtent cher contre une équipe des Warriors qui sait parfaitement en tirer profit et faire grandir le score en accumulant les paniers longue distance.
Andre Iguodala en forme dans son ancien chez-lui
En plus d’un Stephen Curry en mode triple double, Golden State a également pu compter sur un excellent Andre Iguodala (32 points)
Auteur d’un 11/18 aux tirs, c’est d’abord et avant tout son 7/11 à trois points qui a impressionné. Voici deux nouveau exemples de tirs à trois points ouverts en réception de passe qu’il a su mettre pour aider son équipe en début de rencontre. Précisément le type de tir qu’il devra mettre régulièrement pour coller au style de jeu pratiqué par les Warriors.
Très précieux pour défendre dans le périmètre, il a également démontré sa polyvalence offensive. Quelques exemple ici lorsqu’il part à toute vitesse scorer en transition, balance une magnifique passe dans le dos pour David Lee, lorsqu’il joue le pick & roll en tant que poseur d’écran, ou qu’il distribue la ballon sur pénétration.
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Une performance à oublier donc pour les Philadelphie Sixers.
On pouvait s’en douter en voyant les premiers matchs, ce sera difficile de conserver cette même intensité en défense pendant 48 minutes par matchs pendant 82 matchs toute la saison. Et en attaque, il faudra à tout prix régler ces problèmes de turnovers et de mauvaises décisions plus généralement, Michael Carter Williams et Evan Turner en tête de file, les deux fers de lance des Sixers.
Je suis toujours aussi impressionné par une telle analyse !!! Chapeau ^^
Le turnover 2 fait mal et sur l'"easy transition", quand on connait Curry à 3 pts c'est limite inacceptable…
merci pour cette superbe analyse