A la rencontre de Dunky, la mascotte de la JSF Nanterre
Sans elle, le Palais des Sports de Nanterre ne serait plus le même ! On parle bien sûr de la mascotte de la JSF Nanterre, Dunky, qui régale depuis deux saisons le public francilien avec humour. Afin de mieux comprendre ce personnage atypique, Basket Infos a eu la chance de s’entretenir avec une des mascottes les plus populaires du basket français et nous explique comment il est devenu le chouchou du public
Bonjour Dunky, comment vas-tu ?
Très bien, en grande forme !
Tout d’abord comment devient-on la mascotte de la JSF ?
Un peu par hasard en fait… Je devais assister à un match en tant que spectateur, je me suis renseigné sur l’équipe toute nouvelle en pro A en regardant son site internet. J’y ai trouvé une annonce proposant de devenir la mascotte et cela s’est présenté à moi comme une évidence. D’ailleurs, pour ce premier match de la saison à domicile, les amis avec qui j’avais pris les places étaient dans le public et moi sur le terrain !
Comment se sont déroulés tes débuts ?
Le management de Nanterre m’a fait entièrement confiance dès le départ. J’ai été très surpris par le fait qu’on m’ait remis les clés de la baraque en me disant grosso modo « tu y vas, tu as carte blanche ». Ça aurait pu très mal se passer, mais je crois que je m’en suis pas trop mal sorti. Les échos qui me sont revenus après le match était plutôt positifs.
Racontes-nous un peu l’origine de ton nom Dunky ?
Avant de prendre ce poste, je n’avais aucune idée du nom de la mascotte de Nanterre. Je pensais même pouvoir la baptiser moi-même. Et ce qui est cocasse, c’est que j’ai pensé à la nommer « Dunky ». Quand j’ai appris que c’était déjà son nom, j’ai trouvé la coïncidence assez extraordinaire. Je ne sais pas si c’est la logique qui a été adoptée pour trouver son nom, mais pour les néophytes, un « dunk » au basket est une des actions les plus spectaculaires et le « y », cela doit être pour que cela ressemble un peu plus à un petit nom sympathique ?
Réellement quel est le rôle d’une mascotte ?
Une mascotte est en premier lieu une sorte de passerelle entre le public et l’équipe. Il faut essayer de contribuer au maximum à ce que le public pousse l’équipe par des chants, des cris, des applaudissements. Je compare souvent cela aux rires enregistrés qu’on entend dans les séries américaines : quand on entend ces rires, notre inconscient comprend qu’il s’agit de quelque chose de drôle et cela peut déclencher un sourire, voire des rires. Mon rôle à moi, c’est d’exacerber toute émotion que pourrait ressentir un supporter par mes gestes et mon dynamisme pour lui donner envie de s’exprimer. Quand le public se lâche bien, l’équipe se sent souvent pousser des ailes. Et quand l’équipe réussit, cela aide aussi le public à monter en intensité. Lorsque cette mécanique tourne bien, cela facilite beaucoup ma mission !
J’ai également un rôle à jouer auprès du jeune public. Il n’est pas rare que les enfants viennent au Palais des Sports non pas pour voir le match, mais surtout pour me voir moi ! J’essaye donc d’être très présent pour eux et de leur apporter quelques petits souvenirs en les prenant dans mes bras, en posant pour quelques clichés, etc…
Selon moi, une mascotte reflète aussi une partie de l’image du club. De ce fait, j’essaie de prôner des valeurs de fair play, de solidarité et d’ouverture vers les autres.
Et avec les joueurs comment ça se passe comment ?
Très bien en général. Lors de la présentation des équipes, j’applaudis chaque joueur de l’équipe adverse à son entrée sur le terrain. Lorsqu’ils sont tous en place, je fais un passage éclair en leur tapant dans la main. Il arrive que certains refusent ce geste, je me demande bien pourquoi.
Ensuite je vais accueillir nos joueurs sur leur moitié de terrain. Je leur tape dans la main les uns après les autres. Certains me mettent même une petite tape amicale sur la tête, c’est un petit truc entre nous. Je n’attends rien de particulier de leur part à ce moment précis, je ne voudrais en aucun cas les déconcentrer. Pour les après matchs, il y a des joueurs avec lesquels j’ai développé plus d’affinités, mais tous sont très sympathiques. Cela n’a pas forcément de lien avec le fait que je sois mascotte, c’est juste qu’à Nanterre les joueurs sont des hommes simples et accessibles.
As-tu des copains mascottes dans le basket ?
Depuis mon arrivée en pro A, je bataille pour essayer de créer une unité au sein des mascottes françaises. C’est une idée qui m’est venue quand j’ai vu que les mascottes françaises n’étaient pas représentées au All Star Game français. J’ai même entrepris des démarches dans ce sens au cours desquelles les organisateurs m’avaient laissé entrevoir l’espoir de nous recevoir pour finalement faire marche arrière car les mascottes françaises n’apportent « rien de nouveau ».
Cette déconvenue aura eu le mérite de créer des liens avec quelques mascottes comme Scott (Chalon), Stouby (Le Havre), Coky (Orléans), Slucky man (Nancy), Sig’Oh (Strasbourg), August (Limoges) et même Elliott (Vichy). J’ai eu l’occasion de rencontrer les 3 premiers qui font vraiment un boulot incroyable et qui sont toutes de vraies figures dans leur ville respective. Tout le monde les connaît et les apprécie !
Peux-tu nous faire part de ton quotidien ?
Ma vie privée s’articule autour de 3 axes principaux : ma famille (je suis marié avec « Madame Dunky » et papa d’une petite « Dunkyette » de 20 mois),mon travail d’ingénieur et le sport (je suis un touche à tout, mais depuis une dizaine d’année je pratique surtout des sports de contact : rug by, MMA et boxe thaïlandaise)
Justement comment te prépares-tu pour un match ? As-tu un programme particulier ?
Normalement je ne prépare jamais rien, tout se fait à l’improvisation. Le public de Nanterre est un vrai générateur d’inspiration et puis l’avantage de notre « petite salle » est que maintenant je connais tous les habitués, ce qui me permet d’avoir des attentions particulières pour la plupart d’entre eux. Pour la partie physique, les sports de combat me procurent la condition suffisante pour endosser ce rôle. Il faut pouvoir enchaîner les sauts, les courses et autres acrobaties sous une forte chaleur et avec une respiration limitée, ce qui n’est pas forcément évident quand on ne fait pas de sport.
Tu es de plus en plus populaire, selon toi à quoi cela est dû ?
Je pense que les résultats de l’équipe jouent pour la promotion de tout notre club, mascotte comprise. J’ai pu mesurer cela lorsque j’ai vu mes demandes d’amis sur facebook s’envoler lorsque l’équipe sortait de bons résultats pendant les finales du championnat, puis quand nous avons remporté le titre. Ajouté à cela, j’ai eu la chance d’être invité à plusieurs reprises sur le plateau de l’équipe 21, chaîne où l’exposition est aussi relativement élevée.
Parlons basket, toi qui est très proche du public de Nanterre, comment le définis-tu ?
Le public de Nanterre est familial, bon vivant et voue une fidelité sans faille à son équipe. Comme pour beaucoup d’équipes je suppose. Une de ses forces, c’est qu’il est très complémentaire en terme de structure : il y a la Mafia Verte, nos jeunes fougueux qui donnent l’élan en tapant sur les tambours et en donnant de la voix, les Dunkers, qui sont le groupe de supporters officiels et qui donnent le relais aux chants lancés par la Mafia Verte et aussi quelques petits groupes d’indépendants qui permettent aussi de répartir ces chants un peu partout dans la salle.
Quelques images du show de Dunky pendant un temps-mort
Nanterre a réalisé un des plus beaux exploits du basket français en battant Barcelone. Comment as-tu vécu la rencontre ?
Comme dans un rêve… J’ai eu la chance de faire ce déplacement, d’y être en tant que spectateur « normal ». J’ai pu crier et chanter pour encourager l’équipe. Tous les supporters de Nanterre présents ont donné de la voix et on a réussi à mettre une ambiance incroyable, bien que l’organisation du Barça nous avait groupés dans un coin reculé de la salle. Le résultat était pour moi presque plus fort que le titre de champion de pro A. Je pensais à la joie que pouvait bien ressentir certains de nos joueurs qui rêvaient de jouer de ce genre de rencontres, mais juste de les jouer, pas de les gagner !
Que réponds-tu à ceux qui ont dénigré la JSF quant à votre participation en Euroleague ?
Concernant ces polémiques, je me sens proche des valeurs de nos joueurs et même de nos dirigeants, qui encaissent souvent les critiques sans y répondre et qui préfèrent agir sur le terrain. Au delà de la parole, rien ne remplace les actes. Je trouve que pour le moment l’équipe s’en sort plutôt bien et que tout le monde a bien fait de ne pas donner suite à ces critiques.
Ton avenir à la JSF tu le vois comment ?
C’est un club au sein duquel je me sens plus que bien. Je suis même en contact avec l’administration pour me faire appeler « Dunky Donnadieu » (rires). Je plaisante bien entendu, mais l’esprit familial qui règne à Nanterre, ce n’est pas une légende. Dès qu’on pose le pied à Nanterre, on a envie de tout faire pour ces gens là qui nous le rendent bien. Je dirais juste à titre d’exemple qu’après chaque match, que l’équipe gagne ou perde, Jean (le Président) vient me serrer la main en toute humilité pour me remercier de ce que je fais.
J’aimerais donc rester ici le plus longtemps possible, un de mes objectifs étant de rester au moins jusqu’à ce que ma Dunkyette puisse devenir fan de son papa.
Pour terminer, penses tu que la JSF puisse accéder au top 16 ?Et pourquoi ?
Lors de la montée en pro A, l’équipe a subi plusieurs défaites de rang et ne marchait pas forcément sur l’eau. Pour remotiver nos supporters, il m’arrivait de dire dans mes statuts facebook « à cœur vaillant, rien d’impossible ». Depuis, je pense que l’équipe a su vraiment s’inspirer de cet adage et réaliser des choses que tout le monde pensait impossibles. Allez chercher le titre avec la manière contre Strasbourg après une cuisante défaite suite à laquelle tout le monde nous voyait comme les dindons de la farce, perdre de 3 points contre Le CSKA après avoir mené pendant tout le match, vaincre le grand Barça sur ses terres, qui aurait cru cela possible ? L’état d’esprit de nos joueurs est vraiment très particulier : dans un sens, ils sont tous là pour réaliser un rêve de gosse, mais d’un autre côté, ils ont tous une combativité et un cœur à l’ouvrage qui fait qu’ils ne veulent pas laisser passer toute victoire à leur portée. Il est une citation de Mark Twain qui circule en ce moment à Nanterre et qui colle bien avec ce que nous vivons actuellement : « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». Pourvu que ce rêve dure le plus longtemps possible !
Merci à toi pour disponibilité ! Un petit mot peut-être avant de nous quitter ?
Avec plaisir ! Je profite de cette interview pour saluer tous nous supporters ainsi que les supporters d’autres équipes qui nous suivent et apprécient notre jeu. J’invite également tous ceux qui ne nous connaissent pas encore à venir nous voir jouer, que ce soit à domicile ou à l’extérieur ! A bientôt sur les parquets !
Dunky
Propos recueillis par Patrick Parizot, pour Basket Infos
Crédits Photos : Claire Macel


Super l'interview ^^
Pas mal l'itw ! Niveau originalité ils sont fort Basket Infos !