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Analyse : Evan Turner transforme-t-il les Pacers en favoris pour la finale NBA ?

Le début de carrière d’Evan Turner a été plutôt chaotique. Attendu comme une sorte de messie à Philadelphie lorsqu’il fut drafté avec le choix numéro 2 de la draft 2010, le joueur était considéré par Ed Stefanski, general manager de l’époque, comme l’élément exact dont l’équipe avait besoin à ce moment-là. Un arrière talentueux, intelligent, avec une mentalité de gagneur, qui devait marquer le début d’une nouvelle ère à Philly. Et quand lors de son premier match, Evan Turner mit un panier au nez et à la barbe de Dwyane Wade après triple-menace et crossover, tout le monde pouvait alors s’attendre au meilleur.

Moins de quatre ans après, le joueur était clairement bradé vers les Pacers. Accompagné de Lavoy Allen, les 76ers n’ont demandé en échange qu’un second tour de draft et un Danny Granger diminué et complètement démotivé à l’idée de jouer pour Philadelphie. Si d’ailleurs les dirigeants de Philly décidaient de négocier un buy-out avec l’ancien franchise player des Pacers (piste évoquée dans les rumeurs aujourd’hui), la seule contrepartie reçue aura été un second tour. C’est maigre… Comment a-t-on pu en arriver là ? Ce n’est effectivement pas l’avenir que l’on prévoit régulièrement pour un numéro 2 de la draft…

D’abord il est important de dire que toute la direction des 76ers a changé dans les deux dernières années. Les projets ont été transformés du tout au tout et le seul mot d’ordre aujourd’hui est lié à l’avenir. Le but est d’effacer et de détruire tout ce qui était présent avant, pour repartir de zéro et créer des bases solides, suite à la prochaine draft. Evan Turner, free agent l’été prochain, n’aurait donc pas été resigné par les 76ers au prix qu’il aurait demandé (on peut penser qu’il aurait fallu dépenser environ 40 millions de dollars sur quatre ans). L’idée était donc de recevoir une contrepartie en échange du joueur, aussi maigre soit-elle… Pour Philly, ce move était donc plutôt financier,et Larry Bird a donc largement profité de cette situation, car pour Indiana, cette transaction a clairement été réalisée à des visées sportives.

Cette saison, dans une équipe des Sixers en bas de tableau, Evan Turner a joué le meilleur basket de sa carrière. Le joueur a ainsi pu scorer 17,4 points par match, tout en jouant un rôle aux côtés de Michael Carter-Williams dans l’organisation du jeu, sans oublier de prouver qu’il pouvait être un rebondeur très solide pour un arrière (5 prises en moyenne par match). Néanmoins, ses soucis d’adresse à 3-points et ses oublis en défense ont fait qu’il n’avait jamais répondu aux attentes placées en lui lors de sa draft. Sam Hinkie, general manager des 76ers, espère donc trouver bien mieux, et surtout bien moins cher lors de la prochaine loterie.

Réputé comme un fort compétiteur, Turner arrive aujourd’hui dans une équipe qui joue le titre. Cette motivation peut-il le transformer du haut de ses 25 ans ? Peut-il parvenir à se débarrasser l’étiquette décevante qui lui colle à la peau depuis le début de sa carrière ? Et surtout… Peut-il être la pièce qu’il manquait aux Pacers pour remporter un titre ?

A Philly, Turner a toujours eu l’image d’un joueur talentueux incapable de guider l’équipe vers la victoire : un joueur star, dans une équipe qui perd. A Indiana, les attentes qui pèseront sur son dos seront évidemment moins importantes, car l’ex-Sixer devrait à priori jouer le rôle de 6e homme de luxe, sortant du banc pour faire souffler des gars comme Paul GeorgeLance Stephenson et même George Hill, pour obtenir de grosses minutes en tant que remplaçant. Il deviendra donc le role player d’une équipe qui gagne. Ce qu’on lui demandera sera clair : scorer ! Et ça, le joueur sait faire. Plus besoin de réfléchir comment impliquer ses coéquipiers, guider l’équipe et être un leaderNon ! Les Pacers veulent que Turner mette des points au sein de la second-unit.

La pression n’est donc pas sur les épaules du joueur, car les Pacers faisaient déjà partie des contenders avant l’arrivée de Turner. Ils n’attendent donc pas de lui monts et merveilles, et ce n’est pas plus mal pour cet arrière qui a déjà montré des fragilités psychologiques. On ne lui demandera donc pas de transformer l’équipe, juste d’apporter sa contribution, quelque chose qui semble tout à fait dans les cordes d’Evan Turner. Et si l’on en croit ce que son agent David Falk a confié au Bleacher Report l’ancien d’Ohio est conscient du cocon dans lequel il arrive.

Il était surexcité. Les Pacers jouent un basket old school bien construit. C’est là-dedans qu’Evan se voit le mieux jouer. »

Vient donc la question du contexte. En effet, l’image que l’on a des joueurs NBA dépend beaucoup de la situation dans laquelle ils arrivent dans une franchise, et des attentes que l’on place sur eux. Jouer dans la mauvaise équipe, avec le mauvais coach, avec les mauvais systèmes, avec le mauvais rôle, avec les mauvais coéquipiers, et avec des espérances trop élevées sur les épaules peut être destructeur pour une carrière. Mais cela peut vite changer… Des exemples ?

A Memphis, Pau Gasol, malgré des bonnes statistiques, a toujours été considéré comme un loser bien trop soft. En arrivant aux Lakers, l’Espagnol a joué un gros rôle dans la quête des deux titres qui ont suivi son arrivée. Regardez aussi la carrière de Boris Diaw. Le joueur français a connu tous les rôles : rookie presque inconnu à Atlanta, lieutenant de luxe du MVP Steve Nash à Phoenix, joueur considéré comme nonchalant alors qu’il aurait pu être le franchise player des Bobcats à Charlotte, avant d’être l’intérieur difficile à critiquer, au vu de tout ce qu’il montre dans le collectif texan, que l’on connait aujourd’hui à San Antonio. Comme quoi, le contexte est important, et Evan Turner pourrait bien bénéficier de cette vérité. Indiana se dévoilerait ainsi comme l’opportunité idéale pour Turner de ré-écrire son histoire différemment.

Ce qui est important aussi, c’est de voir à quel point le joueur a progressé au cours de ses quatre saisons NBA : 7,2 points par match la première année, 9,4 la saison suivante, avant de marquer 13,3 points l’an dernier et 17,2 aujourd’hui. Son expérience en Pennsylvanie lui a de plus permis de se forger ses petits moments de gloire lors des playoffs. Turner a en effet eu l’occasion en 2012 d’inscrire des paniers très importants lors de la qualification des 76ers face aux Bulls lors du premier tour, avant de mettre le lay-up de la victoire à 40 secondes de la fin du match 2 face aux Celtics, que les hommes de Doug Collins avaient poussés dans leurs derniers retranchements, en sept matchs, au tour suivant. Collins, qui coachait alors Turner avait ensuite annoncé lors de ces playoffs, ce qu’on l’on affirmait déjà plus tôt. Le tacticien connait d’ailleurs très bien le joueur, puisqu’il l’a coaché pendant trois ans et l’a vu grandir dans la ligue depuis ses débuts professionnels.

Evan est un compétiteur, ce gamin est un gagneur. »

Alors que lors des playoffs 2011, les Sixers avaient affronté le Heat de Miami, Collins avait alors adoré l’apport de son jeune joueur. Il le confirme encore aujourd’hui.

 Il est toujours au top quand il joue contre des grosses équipes, il adore jouer dans ce genre de matchs, et je pense que c’est pour ça que son arrivée est une super chose pour Indiana. C’est un joueur hyper polyvalent. »

Déjà fort au rebond et à la passe, Turner a désormais su développer un shoot à mi-distance intéressant, et même s’il est toujours aussi maladroit à 3-points, l’arrière sait tout à fait créer son propre tir pour scorer dans les moments importants. Des qualités que les Pacers apprécieront forcément.

Le contexte Indiana pourrait donc être réellement bénéfique pour Turner. Et déjà que les Pacers apparaissaient dans les quatre équipes les plus citées pour remporter le titre cette année, il semble que cette arrivée donne un poids supplémentaire à cette idée, au vu de ce que le joueur est capable de produire offensivement, dans les matchs cruciaux. Que du bonheur donc… Mais qu’en est-il du côté défensif, marque de fabrique des Pacers ?

Dans ce secteur, Evan Turner est un joueur qui sait utiliser son envergure pour ralentir son adversaire direct, mais qui semble souvent fuir le contact et ainsi vite être dépassé par un joueur plus physique. L’ex-Sixer devra donc s’adapter au collectif des Pacers pour être utile aussi de ce coté-là du terrain. Et même si l’on peut imaginer que le contexte l’aidera sûrement à être plus performant, rien n’est encore certain dans ce domaine-là. Cependant, avec un protecteur de cercle comme Roy Hibbert derrière lui, Turner aura une sécurité s’il se fait dépasser. A lui de s’en rendre compte et d’en profiter pour montrer beaucoup plus d’agressivité défensive que ces derniers temps à Philly.

Dernier point que le joueur devra travailler : la détente mentale et la relaxation. Comme on l’a évoqué, Turner est parfois fragile psychologiquement, et a beaucoup souffert de ne pas répondre aux hautes attentes placées en lui en début de carrière. Collins évoque là encore ce point.

Souvent, il est trop dur envers lui-même. Plus il vieillit, mieux ça va. Mais c’est quelque chose dont je lui parlais tout le temps. »

Avec moins de pression sur les épaules, Turner sera peut-être un peu plus cool, relax. A lui d’utiliser ce manque de pression comme un boost, et peut-être qu’il pourra ensuite shooter ses paniers à 3-points complètement libre, sans réfléchir autant qu’il le faisait à Philly. Son manque d’adresse extérieure semblait effectivement souvent du à un manque de confiance flagrant en son shoot, surtout quand il était très ouvert. Le joueur donne l’impression, de trop hésiter, de peiner à trouver son rythme dans ces situations, et du travail est encore à fournir sérieusement dans ce domaine… Sans grosse pression, ce sera sûrement plus simple…

Maintenant que vous en savez un peu plus sur le joueur, pensez-vous qu’il permettra aux Pacers d’empocher le titre cette année ? Ses qualités de combativité, de dribble, de scoring et de polyvalence sont certaines, mais ses défauts concernant son manque d’adresse, sa défense et sa confiance instable, entrent eux aussi dans la balance. Cependant, comme on l’a vu, le contexte actuel des Pacers pourrait clairement aider cet ancien numéro deux de la draft à gommer partiellement ses faiblesses, ce qui pourrait le transformer en pion essentiel de l’effectif d’Indianapolis. Il faudra maintenant voir comment Turner s’adaptera à son rôle de remplaçant, et comment il trouvera ses marques auprès d’un Paul George déjà devenu une superstar malgré le fait qu’il ait été choisi lors de la draft 2010, huit places derrière l’ex-Sixer.

Ainsi, même s’il existe quelques incertitudes, tous les voyants semblent au vert pour les Pacers, et les voir remporter le titre pourrait n’être une surprise pour personne finalement. Alors que le Heat n’a à première vue pas énormément progressé par rapport à l’an dernier (mis à part les arrivées de Michael Beasley et de Greg Oden, compensant le départ de Mike Miller), les Pacers (déjà premiers de la conférence est), semblent eux, vraiment avoir passé un cap cette saison. Quand l’on se rappelle de l’intensité de la finale de conférence 2013 entre les deux équipes luttant jusqu’au septième match pour se départager, on peut se dire que les hommes de Frank Vogel pourraient enfin avoir parcouru les quelques centimètres qui leur manquaient pour enfin passer devant le Heat…

Et encore… Nous n’avons même pas évoqué l’arrivée d’Andrew Bynum, qui de son côté, devrait être présent pour les playoffs. Autre élément important à ce sujet là d’ailleurs ? Turner était le seul joueur vraiment proche affectivement, du pivot l’an passé lors de la saison blanche de ce dernier à Philadelphie. Ceci est donc un facteur qui pourrait faciliter l’intégration des deux joueurs dans le collectif. Encore un détail positif pour le nouveau 6e homme des Pacers !

Alors… Suffisant du côté d’Indiana pour accéder aux finales NBA cette saison à la place de Miami ? Pourquoi pas ! En tout cas, au vu de ce que Charles Barkley a confié sur TNT au moment du transfert entre les Pacers et les 76ers jeudi, celui-ci n’en doute pas.

Ils vont remporter la conférence Est. Ce transfert les emmène à un autre niveau ! »

Et vous, qu’en pensez-vous ? Pour vous faire une dernière idée avant de participer au sondage, n’hésitez pas à jeter un petit coup d’œil à ce mix, reprenant les meilleures actions de Turner cette année. Le joueur, même s’il a toujours été considéré comme une déception est quand même loin d’être manchot !

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3 réflexions sur “Analyse : Evan Turner transforme-t-il les Pacers en favoris pour la finale NBA ?

  • Swoosh8

    Les Pacers ont réellement franchi un cap : Paul George et Stephenson évolue à un tout autre niveau que l'année dernière et ils ont additionné à leur banc Bynum, Scola et Turner !
    Sinon, j'espère vraiment que Turner s’épanouira à Indiana, car tout les éléments semblent être enfin en place et j'aime vraiment bien le joueur.

  • Windy_City

    Déjà que les joueurs évoluent très bien depuis une voire deux années. Là avec l'arrivée de Turner en sortie de banc ça va faire un bien fou, j'suis pas sûr que ce soit possible de faire mieux que lui honnêtement. Offensivement il sait tout faire et pour driver une second unit c'est parfait.

  • Zginga(Joe The Best)

    Superbe article, superbe vidéo; good job!

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