Ranking #11 : les Spurs tronçonnent, Brooklyn en embuscade

1. San Antonio (58-16) : =
On ne les arrête plus. Cette nuit, sur le parquet d’Indiana, les Spurs ont enchaîné un 18ème succès de rang, record de franchise. Les Texans, même s’ils s’en tapent, sont bien partis pour finir premiers des deux conférences. L’attaque est toujours aussi bien huilée (133 pts à Denver, 103 à Indiana), la défense est montée d’un cran en intensité (80 pts concédés face à New Orleans, 77 à Indiana). Sur la série, les Éperons ont gagné leurs matches sur un écart moyen de… 16,6 pts ! Et tout ça en faisant tourner, sans tirer sur les organismes des différents monuments historiques texans. Propre, et même un peu trop. C’est le boss himself qui l’a dit : « Tout ça arrive peut-être trop facilement. Perdre n’est pas forcément une mauvaise chose à cette époque de l’année. » Pour tous ceux qui pensent que Pop est rabat-joie, rappelez-vous la fin de saison et les Playoffs 2012… Les fans des Spurs en seraient donc presque à espérer une défaite asap de leurs favoris. Bande de pourris gâtés. J’vais vous envoyer à Philly, moi, vous allez voir…
- La prédiction : demain, réception de Golden State. Devant leur public, les Texans appliquent les consignes et perdent (-5). Enfin. Soulagement général.
2. Oklahoma City (54-19) : +2
Attention, OKC avance en mode sous-marin. Dans le périscope, San Antonio paraît bien loin mais qu’importe, le Thunder est pas mal dans ce rôle de chasseur. Et c’est pas KD qui dira le contraire. C’est simple, ce mec est un braconnier fou. Le garçon n’opère pas en mode sniper, tapi dans l’ombre à traquer la bête rare toute la journée sous un cagnard d’enfer. Non. Il fonce dans le tas. Au Canada, il a abattu les derniers dinosaures vivants, pourtant une espèce en voie d’extinction (voire éteinte depuis un sacré moment), en mode tank : 51/12/7. Face aux aristos de Sacramento, il a jubilé. Les têtes couronnées doivent seulement leur survie à Scott Brooks, qui a su trouver les mots pour ramener Durant à la raison : 29 pts à 9/11 en seulement 29 min. Idem face au Jazz (31 pts à 9/13 en 29 min). Finalement, seul le cheval blond et fougueux de Dallas aura eu raison de sa soif de sang (43 pts mais une défaite). Bref, sous des dehors de mec tout calme sommeille un tueur compulsif. Une sorte de Dexter. Sauf que le flic de Miami n’a jamais aligné 38 matches de suite à plus de 25 pts…
- La prédiction : vendredi, OKC va à Houston. On le sait, les deux équipes s’adorent… Comme si Kevin avait besoin de ça pour s’énerver. Bref, 47 pts. La victoire. Et l’addition.
3. Miami (51-22) : -1
Tout fan du Heat a compris ce que Spoelstra et son staff sont en train de nous concocter. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, les derniers matches des Floridiens vont être une sorte de training camp version pré Playoffs. Rico s’est donc mis en mode « Mère Theresa time ». Des exemples ? No problemo. Il a fait rentrer dans son cinq de départ et filé ses plus gros temps de jeu à Toney Douglas. Rashard Lewis a eu le droit de montrer son shoot à tout le monde environ 20 min/match lors des trois dernières sorties du Heat, chose qu’il n’avait plus connu depuis début janvier. Plus fort encore, James Jones a joué, ça se passe de commentaires. Enfin, et c’est LA bonne nouvelle pour les groupies de LeBron et ses potes, Udo Haslem a fait péter le compteur minutes (18 min/match sur les deux dernières semaines) et même celui des pts (14 à Boston, 17 à Detroit). Surtout, il a calmé un Roy Hibbert parti sur de grosses bases (17 pts en première période, 4 en seconde) dans la défaite à Indiana. Pas mal pour un mec qui rend 15 cm au grand Roy. Et qui fait bien mieux que grand-père Oden, venu au Heat pour ce type de mission. Comme quoi, les centimètres…
- La prédiction : demain, le Heat accueille Milwaukee. Après les avoir limités à 67 pts dans le Wisconsin, les Floridiens les limitent cette fois à… 57 pts. James Jones termine meilleur marqueur avec 14 pts. Dingue.

4. LA Clippers (53-22) : +1
Cette saison, les Clippers ne semblent pas en mesure de conserver tout le monde en état de marche. Après les blessures plus ou moins importantes de CP3, Crawford ou encore Jean-Jacques Redick, c’est au tour de Blake Griffin d’avoir un pépin. Touché au dos sur une action anodine face aux Rockets, Blake devrait revenir dans les prochains jours d’après son Doc de coach. Attention quand même, les mecs qui se pètent tout seul, c’est jamais rassurant… Surtout, ça serait bêta que le monstre physique joue diminué durant les PO. Bref, on n’en est pas là et force est de constater que les Clipps ont fait leur taff en l’absence du rouquin. A Houston, face à l’un de leurs principaux concurrents directs, les Californiens sont repartis avec la victoire. Idem cette nuit chez Mickey Minny. Pendant ce temps-là, Paul continue à monter en régime (27.7 pts à 50%, 10 pds sur les trois derniers matches) et reprend là où il l’avait laissé son influence tentaculaire sur le jeu de LA (0/12 à New Orleans et une défaite). Un raccourci facile mais le sentiment de déjà vu est bien là…
- La prédiction : dimanche, derby de LA. Un nouveau massacre ? Y’avait mieux. 9 lettres : boucherie (-40).
5. Indiana (52-23) : -2
C’est pas qu’on s’inquiète mais les Pacers ne ressemblent plus à grand-chose depuis un bon moment maintenant. Si on chiffre le phénomène, ça fait mal : six défaites lors des huit derniers matches, des rencontres généralement très mal commencées et une adresse bien laide sur la série (38%). Le symbole de cette équipe dans laquelle le ballon ne tourne plus aussi bien qu’avant ? Paul George. Sous le feu des projecteurs en début de saison à juste titre tant il était en réussite et alors en lice dans la course au MVP, l’ailier galère depuis quelques semaines (16.1 pts à 32% sur les huit derniers matches). C’est simple, PG n’a pas shooté à plus de 50% depuis le 14 mars, soit dix rencontres ! Quand on ajoute à cela un banc qui galère toujours autant pour apporter au scoring (Scola irrégulier, greffe d’Evan Turner qui ne prend pas aussi vite qu’espérée, blessure de CJ Watson…), on obtient donc une équipe qui galère et qui vient même de laisser sa première place à Miami. En même temps, ils ne pourront pas tomber plus bas…
- La prédiction : le 11, déplacement à Miami, justement. Un dernier épisode mouvementé, dans lequel Rasual Butler se prend le chou avec Haslem. Expulsion des deux. Et victoire du Heat qui valide sa place de n°1.
6. Chicago (42-32) : +2
Rien de dingue du côté de l’Illinois ces dernières semaines. Thibodeau gueule sur ses joueurs, Noah gueule tout court et les Bulls continuent leur bonhomme de chemin. Dans ces cas-là, on laisse la parole à Taj Gibson. Histoire de rompre la monotonie, de mettre un peu d’ambiance et de nous faire un petit teaser de ce qui nous attend en Playoffs : « Indiana ? Ils ont un paquet de floppers… Dès qu’il y avait un contact, les mecs s’envolaient. » Merci, Taj. Inutile de préciser que l’intérieur des Bulls a tenu ces propos après la défaite des siens sur le parquet des Pacers. Et qu’il a pris six fautes et fait un match moisi (7 pts à 1/6). Mais bon, le Bull n’est pas du genre à ruminer longtemps. Trois jours après, il avait sa revanche, sur son parquet (23 pts à 9/15, 8 rbs). Son coach a d’ailleurs bien résumé le match de son joueur, complètement hystéro après une claquette dunk sur David West : « Ce soir, Taj a été monstrueux ! » Ce soir-là, le garçon a rendu la salle et à peu près tous les fans des Bulls totalement dingues. Et a su remercier le chef des fous à la fin du game : « Je me suis nourris de l’énergie de Joakim ». Vivement les PO…
- La prédiction : vendredi, Milwaukee vient tanker au United Center. Vœu exaucé (-22).

7. Portland (48-27) : +1
Après en avoir pris 30 à Charlotte et être repartis bredouille de Floride (-2 à Miami, -10 à Orlando !), les Blazers vont mieux. Et pas besoin d’une longue analyse pour comprendre d’où sortent les succès à Atlanta, Chicago et face à Memphis. L’explication tient en un nom : Aldridge. Pour son retour, LaMarcus a envoyé un sympathique 25&16, histoire de marquer le coup. A Chicago, même s’il a souffert (2/10), il ne s’est pas obstiné. Surtout, efficace ou pas, l’ancien de Texas donne de la confiance et des espaces à des coéquipiers qui ont certes pris du galon cette année mais qui n’ont finalement pas d’autres menaces dedans que LA. En son absence, Dorell Wright rentre dans le cinq et transforme une équipe déjà très portée sur le shoot extérieur en une franchise qui manque cruellement de diversité dans ses menaces offensives. Aujourd’hui, Papa LaMarcus est rentré à la maison. Et Terry Stotts sait qu’en cas d’urgence, il lui suffit de composer le 112 12.
- La prédiction : pour fêter le retour de leur franchise player, les Blazers vont se faire une petite virée en Californie mardi. Inutile de dire que le déplacement se fait chez les Lakers. Et que la victoire est dans la poche.
8. Houston (49-23) : -1
Plusieurs mauvaises nouvelles pour les Rockets ces derniers jours. Primo, ils ont perdu le match à ne pas perdre face aux Clippers, concurrent direct pour accéder à la tête de série n°3 à l’Ouest. Passe encore. Secundo, ils ont perdu Dwight Howard pour au moins quatre matches et, vu le calendrier, le grand n’aurait pas été de trop (déplacement à Brooklyn, Toronto puis réception d’OKC). Mouais. Pas forcément la méga mort puisqu’on sait qu’Omer traîne toujours sa grande carcasse du côté du Toyota Center. Tertio, Patrick Beverley s’est abîmé le ménisque et pourrait manquer la fin de saison et les Playoffs. Mais pourrait, seulement. Après avoir crié au loup, le staff de Houston a annoncé que son meneur pourrait, peut-être, envisager un retour courant avril. Tout ça est donc à prendre avec des pincettes. En tout cas, on espère pour les Texans que Pat’ sera de retour pour les joutes verbales du printemps. Typiquement le genre de matches qui peuvent plaire au poète urbain meneur des Rockets…
- La prédiction : vendredi, OKC débarque en ville. Au retour des vestiaires, dans les couloirs, Beverley tend sa jambe mais Russell anticipe bien la balayette. On frôle alors le pugilat. Perkins sépare tout ce beau monde et OKC peut s’imposer tranquillement.
9. Brooklyn (39-33) : +1
Chez les Nets, on a fait dans le caritatif ces derniers jours. Les mauvaises langues diront même que Prokhorov et sa bande ne sont pas à un coup de comm’ près. Après la signature (symbolique) de Jason Collins, l’homme qui vendait des maillots plus vite que son ombre, les Nets ont décidé de signer Jorge Gutierrez pour les deux prochaines saisons. Pourquoi signer cet inconnu mexicain ? Parce que c’est un défenseur de bon niveau, officiellement. Officieusement, c’est un peu plus complexe. Le garçon venait de recevoir une amende de 15 000$ pour avoir posé une camisole à Cody Zeller. Une somme dérisoire pour un joueur lambda, un peu moins pour un chicano à peine régularisé. Le mec cumulait alors les contrats de 10 jours, avait du mal à payer son loyer et était à deux doigts de revenir pieuter sur le canap’ de son frère (jurisprudence Jeremy Lin, autre ancien immigré en difficulté). Du coup, Mikhaïl, en seigneur et parce que lui aussi sait ce que c’est d’être un expat’ dans le besoin, a aligné les biftons pour Jorge. Comme quoi… Un magnat russe milliardaire avec une âme d’assistante sociale, qui l’eut cru ?
- La prédiction : mercredi, déplacement chez le voisin new yorkais. Prokhorov, le cœur sur la main, propose un deal à Phil Jackson : la victoire pour les Knicks contre JR Smith et Bargnani. De beaux cas d’école pour le nouvel HP ouvert par le Russe. Mike Woodson est forcément partant, pas Phil. Tant pis. Pour la peine, Brooklyn prend le match.

10. Dallas (44-30) : -1
Les Mavs conservent leur place in extremis parmi le Top 10. Faut dire que dans le Texas, on fait pas semblant. Et les heures sup’, ça y va : en une semaine, les joueurs de coach Carlisle ont joué trois prolongations. Ca chiffre. Et, même si ça n’a servi à rien face à Minnesota puis face à Brooklyn, la troisième tentative fut la bonne. Et pas face à n’importe qui puisque c’est Oklahoma City qui est tombé sous les bombes texanes (15/38 à 3 pts). Un matchup qu’on connaît bien (Dallas vainqueur en finale de conférence en 2011, OKC vainqueur au premier tour en 2012) et qui a cette fois tourné en faveur de l’Allemand (32/10/6), malgré un KD de gala (43/5/6). Surtout, et on a pu le vérifier avec ce match-là, les Dallas-OKC débouchent souvent sur de sacrées confrontations. Autant dire qu’on ne cracherait pas sur un face-à-face au premier tour des PO dans quinze jours…
- La prédiction : cette nuit, les Mavericks accueillent Golden State. Encore un duel à antécédents, comme on aime. Match à gros enjeu, qui tiendra ses promesses. Dirk et Vinsanity se chargent du reste (25 et 21 pts + la victoire).
Sorti du Top 10 : –
- Ceux qui seraient dans le ranking s’ils avaient pas perdu contre les Lakers (!) : Phoenix.
- Ceux qui seraient dans le ranking s’ils avaient pas perdu contre New York (!) : Golden State.
- Ceux qui vont peut-être attraper les playoffs. Du coup. Surtout qu’Atlanta sait pas trop… : New York.
- Ceux qui ont pas saisi que la saison était finie pour eux. Vous êtes hors course, les gars. Gagner face à Miami, Brooklyn et les Clippers, c’est sympa pour le public mais bon, pensez aux parieurs aussi : New Orleans.
- Ceux qui… vous vous êtes crus dans la course ? Vous être vraiment à l’Ouest hein : New Orleans.
- Ceux qui sont un peu dans le même raisonnement. Et qui nous montrent qu’ils peuvent gagner des vrais matches (Toronto, Indiana). Mais vous avez à peine plus d’espoir les mecs hein : Cleveland.
- Ceux qui ont un « avenir brillant », paraît-il. Pour le présent, par contre… : Boston.
- Ceux qui ont en pris 25 face à Philly. Ah… : Detroit.
- Ceux qui se sont donc arrêtés à 26 de suite, record égalé : Philadelphie.
- Ceux qui méritent un prix pour la qualité de leur tanking. Même pas une série de défaites totalement honteuse à leur actif. Mais seulement 14 victoires, bien réparties : Milwaukee.
Par @Papadiplodocus
Toujours aussi bon même si on rate le top 10 de peu une nouvelle fois ^^