Steve Kerr contre le fait de donner absolument le shoot de la gagne à une superstar
Bien sûr, quand on nous demande qui nous aimerions avoir dans notre équipe pour prendre un shoot décisif, on a vite tendance à sélectionner des joueurs comme Kevin Durant, Kobe Bryant ou LeBron James, tous des superstars. Pourtant, ce serait vite oublier que des joueurs comme John Paxson, Robert Horry, Derek Fisher ou Steve Kerr, ont forgé une bonne partie de leur réputation sur ce genre de buzzer-beaters ultra-décisifs.
En parlant de Kerr d’ailleurs, le voici coach des Warriors, et donc de Stephen Curry, l’un des joueurs les plus adroits de sa génération. On pourrait ainsi penser que la grande majorité des gros shoots lui reviennent. Et pourtant, face aux Pelicans la semaine dernière, Curry avait la balle puis… il a fait la passe à Draymond Green, qui l’a donné à Klay Thompson qui même s’il a raté son tir, a pris le meilleur shoot possible sur l’action.
C’est ainsi qu’ESPN s’est étonné sur le fait que Curry n’ait pas pris ses responsabilités et quand Ethan Sherwood a demandé à Kerr pourquoi il n’avait pas demandé à son franchise player de prendre ce shoot comme les fans et les analystes s’attendaient à ce que ce soit le cas, le coach a été plutôt tranchant.
Les gens sont idiots, c’est ça. Le but du jeu est de prendre le meilleur shoot possible et s’il y a une prise à deux sur un joueur aussi bon soit-il, il doit passer la balle. C’est comme ça. »
Difficile de le contredire vu comment à l’époque, Michael Jordan savait trouver Kerr lorsqu’il était victime d’une double-team pour ensuite accéder au succès que l’on connait. Et finalement les meilleurs joueurs ne sont pas forcément ceux qui prennent les shoots décisifs, mais plutôt ceux qui savent s’adapter au mieux à la situation. Voici pourquoi, sans pour autant remettre en question le talent certain de Kobe, on peut se demander si le voir prendre un fadeaway à sept mètres est forcément le meilleur choix possible, vu qu’il oublie régulièrement ses coéquipiers dans ce genre de moments décisifs (même si à sa décharge, son équipe le portera difficilement vers le titre). Kerr continue :
Ils ont fait ce qu’il fallait. Je ne voulais pas qu’ils se précipitent. Et j’ai une confiance totale en Draymond sur les jump-shots. Il aurait pu le prendre, mais aussi la donner à Klay comme il l’a fait, pour ce shoot à la dernière seconde. Mon job est de prêter suffisamment d’attention au fait de rendre le jeu simple pour mes joueurs. »
Une belle leçon de coaching de la part de ce coach pourtant novice…