Nicolas Batum: « Tony Parker est unique, c’est le Jordan français, il n’y a pas plus fort »
Cet Eurobasket 2015 est peut-être le dernier pour la génération dorée française composée de Tony Parker, Boris Diaw et Flo Piétrus. Ils devraient aller jusqu’aux JO et après c’est l’incertitude, tout du moins pas pour TP qui arrêtera après Rio. Nicolas Batum devrait donc être le futur leader de l’équipe de France. Il évoque ce rôle et celui de TP et Boris dans une interview très intéressante dans L’Equipe Magazine du jour
Sans Tony Parker, avez-vous pris la parole dans le groupe durant la coupe du monde ?
J’ai essayé. Le président de cette équipe, c’est Boris, même quand TP est là! C’est surtout lui qui a pris une autre dimension. Flo aussi a été très bon dans ce registre. On avait un groupe jeune l’an passé et ils ont été les vrais capitaines de cette équipe. Moi, j’ai essayé d’être plus présent dans l’exemplarité sur le terrain.
TP est de retour pour l’Euro, pensez-vous que vous avez encore besoin de grandir à ses côtés ?
Oui, je pense. Lui et Boris m’aident énormément. J’adore la hiérarchie de ce groupe, elle est vraiment bien faite, et c’est pour cela qu’on marche bien depuis quatre, cinq ans.
Aujourd’hui vous vous sentez mieux au deuxième rang ?
Parce qu’on a l’habitude de faire ça.
Vous n’êtes donc pas prêt à assumer le premier rang ?
Mais je l’ai fait l’année dernière ! Après, bien sûr, j’ai, entre guillemets, moins de pression quand ces deux mecs sont là. Quand les deux prennent feu, c’est là que je peux vraiment faire mes trucs.
Mais ils vont bientôt partir. TP a déjà annoncé qu’il terminera sa carrière internationale après les Jeux de Rio
Quand ils partiront, je ne serai pas tout seul. Il y aura Antoine (Diot), métronome du basket européen, Nando (De Colo), dont je suis fan ! Thomas (heurtel), Alexis (Ajinça) et Rudy (Gobert) vont grandir aussi. Il ne faut pas oublier que, quand j’ai été champion d’Europe juniors et MVP (2006), je ne tournais pas à 20 points, je tournais à 15 points ! J’étais bon, mais j’avais des mecs autour de moi. Et ce sera pareil quand Tony et Boris partiront. De toute façon, je ne suis pas Tony! Tony Parker est unique. C’est le Jordan français, il n’y a pas plus fort. Quand il quittera l’équipe, on reprendra les rênes de façon différente.
Le fait qu’on décrète tôt qu’au départ de Parker cette équipe de France sera la vôtre ne vous a-t-il pas desservi ?
Je me souviens qu’à mon retour au Mans, après le titre de champion d’Europe juniors, on a dit direct: « Ah le nouveau Tony Parker ! » Ca ne m’a pas forcément mis de pression, parce que je sais que ne serai pas tout seul. Quand la génération Parker va partir, je poserai la question aux mecs: « Vous voulez continuer ou pas ? » Parce que moi je ne veux pas m’arrêter là. Quand je suis arrivé en équipe de France, les mecs m’avaient dit: « Tu viens là, c’est bien, mais tu n’es pas en vacances. Tu viens parce que, nous, on a assez galéré et que tu peux nous apporter pour gagner ! » C’est cette culture qu’ils m’ont transmise. Et ce sera à nous de transmettre ça.
Retrouvez l’intégralité de l’interview de Nicolas Batum dans L’Equipe Magazine ainsi que de nombreuses pages consacrées aux bleus qui valent le détour.