Gregg Popovich évoque l’importance de l’humour, du caractère et de l’altruisme des joueurs
Personnage unique, Gregg Popovich peut-être un calvaire pour les journalistes quand il n’est pas dans un bon jour. Pourtant le coach légendaire des Spurs ne manque pas d’humour et pour lui avoir de l’humour c’est quelque chose de très important dans le coaching et dans la relation avec les joueurs. Il explique cela dans le livre ‘Forces of Character‘ de Chad Hennings et Jon Finkel ce qu’il recherche chez un joueur.
Avoir le sens de l’humour est important pour moi et pour mon staff parce que je pense que si les gens n’ont pas d’autodérision, ne rigolent pas d’eux ou n’apprécient pas une situation drôle, ils auront du mal à se donner au groupe.
Quand vous regardez un gars comme Tim Duncan, il ne change jamais d’expression sur son visage mais il peut vous envoyer des piques les plus insolentes. Par exemple lors d’un temps mort je peux m’appuyer sur lui et lui dire au sujet des rebonds ‘Est-ce que tu vas prendre un rebond ce soir ? Tu n’as rien fait’ En repartant sur le terrain il va me dire ‘Hey Pop, merci pour les encouragements’. Il est facétieux, mais personne ne voit ces choses. Je pense que quand un joueur a cette capacité et a du respect, c’est une bonne chose. Popovich
Lorsqu’il s’entretient avec un joueur avant la draft il accorde également beaucoup d’importance au caractère du joueur, son éthique de travail et à son altruisme.
Etre capable d’apprécier le succès de quelqu’un d’autre est très important. Si je questionne un jeune gars et qu’il dit des choses du genre: ‘J’aurais dû être All-American, mais ils ont choisi Johnny à ma place’ ou ‘Mon coach aurait dû me faire jouer plus, il ne m’a pas vraiment aidé’ alors je ne prends pas ce gamin parce qu’il sera un problème d’une façon ou d’une autre. Je sais qu’il sera un problème. A un moment il va commencer à penser qu’il ne joue pas assez ou ses parents vont se demander pourquoi il ne joue pas plus, ou son agent va appeler trop. Je n’ai pas besoin de ça. J’ai des choses plus importants à faire. Je vais trouver quelqu’un d’autre, même si c’est quelqu’un qui a moins de compétences, tant qu’il n’a pas ce caractère là. Popovich
Il y a bien sûr l’éthique de travail. Nous regardons ça quand nous scoutons les joueurs. Pour les joueurs qui seront potentiellement à la draft, nous allons aux entraînements de leur lycée ou de leur équipe NCAA pour voir comment un joueur réagit avec ses coéquipiers et ses coachs. Nous regardons si le joueur n’est pas trop centré sur lui. Quand un gars parle de lui toute la journée vous commencez à avoir l’impression qu’il n’est pas très à l’écoute. Si vous le questionnez et avant d’avoir pu lui dire quelque chose il vous parle, vous savez qu’il n’a pas vraiment évalué ce que vous lui avait dit. Nous nous demandons s’il n’est pas trop centré sur lui. Est-ce qu’il va pouvoir accepter son rôle, est-ce qu’il va pouvoir accepter un jour de ne pas trop jouer ? Cela m’en dit beaucoup.
Nous regardons aussi comment il réagit à son enfance. Certains de ces gamins ont eu des parcours difficiles. De temps en temps ça arrive qu’ils aient eu une enfance aisée, mais la plupart du temps ils ont déjà connu des gros coups dur. J’aime entendre des histoires où ils disent qu’ils ont élevé un frère ou une sœur, ou qu’ils n’avaient qu’un parent, ou une grand-père ou une grand-mère, et qu’ils ont tout de même réussi un bon parcours scolaire.
J’aime voir s’ils ont participé à des activités dans la communauté ou s’ils se sont remis d’une blessure grave. C’est ce genre de choses qui me disent quel caractère ils ont. Je pense que toutes ces choses me donnent des informations sur leur « fibre intérieure ». Quand je pense au caractère de quelqu’un je veux en savoir plus sur sa fibre. Je veux savoir exactement de quoi il est fait, qu’est-ce qui est attaché à leurs os, à leur cœur et à leur cerveau. C’est tout cela qui forment leur caractère selon moi.