Stephen Curry : « Je manque clairement de qualités athlétiques ! »
Hier, le Time interviewait Stephen Curry. Même s’il y a évoqué certains éléments déjà largement repris sur basket-infos, certains passages méritent d’être cités aujourd’hui. Morceaux choisis :
Comment ça se fait que vous plaisiez autant aux fans ?
Je ne sais pas. Je pense que je joue un basketball très créatif. Je prends beaucoup de plaisir sur le terrain. Je souris, je rigole et j’essaie d’avoir un bon comportement. Je ne suis pas capable de dominer physiquement, du coup j’imagine que certains fans sont surpris de ce que je peux faire sur le terrain malgré ma petite taille. J’appelle clairement ça un manque de qualités athlétiques. Par contre, je n’ai aucun problème de vision de jeu ou de coordination, même si je n’ai été doté ni d’une énorme détente verticale, ni d’une grande taille. Je pense que c’est pour ça. J’essaie d’être ouvert et disponible. J’ai toujours traîné autour des parquets avec mon père et j’ai vu très vite à quel point certains fans pouvaient être heureux quand il leur disait juste bonjour.
Quel a été le plus gros challenge de votre vie ?
Sûrement la transition entre lycée et la fac. J’avais beaucoup de pression en étant le fils de Dell Curry et en ayant grandi à Charlotte, le pays de la conférence ACC. J’étais vraiment petit pour être un athlète de Division 1 et peu de bonnes équipes de NCAA me suivaient. C’était un choc. J’étais bon au lycée et ça me faisait bizarre. Je voulais vraiment jouer dans la ACC. Duke, North Carolina, Maryland, Wake Forest… Aucune de ces équipes ne m’a contacté. C’était très décevant.
Comment avez-vous bossé cet été après une saison où vous étiez déjà MVP ?
J’ai travaillé le bas du corps pour être capable de supporter une saison longue de 82 matchs. Nous voulons être une équipe solide tous les soirs. Et puis, ça me permet de me créer davantage d’espace sur le parquet, d’être plus précis, plus explosif, plus efficace… Plus de force, plus d’explosivité pour aller encore plus vite d’un point A à un point B. Au niveau du contrôle du ballon, ça me permet de faire encore plus de moves pour me créer mon shoot. Ça a apporté beaucoup à mon jeu. Cela m’a permis de faire ce que je savais déjà faire avec encore plus d’efficacité.
Alors que beaucoup de joueurs quand ils shootent, lâchent la balle au sommet de leur saut, vous tirez alors que vous êtes encore en train de monter. A quel point pensez-vous que cette méthode est responsable de votre adresse longue distance ?
Cela a toujours fait partie de ma mécanique de shoot. J’aimerais dire à tous ceux qui jouent ou qui commencent le basket que c’est l’un des fondamentaux du tir. Vous avez les jambes qui vous aident et vous n’avez pas à lutter quand vous êtes au sommet de votre saut. La plupart des gens, quand ils sont au sommet de leur saut ne sont pas toujours équilibrés. C’est très difficile de lutter contre la gravité quand vous redescendez.
Quel est le sportif que vous admirez le plus ?
Le golfeur Jordan Spieth. Sa maturité, la façon dont il se contrôle. Ce qu’il fait à 22 ans est incroyable. Qu’il gagne ou non, son comportement est incroyable.
Qu’est-ce que ça fait de jouer au golf avec le président Obama ?
Il était si cool et accessible. A partir du moment où nous avons commencé, nous avons parlé sans qu’il y ait 25 gars de la sécurité à chaque trou. C’était difficile d’imaginer qu’il était président des USA. Nous avons joué autour de midi. Donc toute la matinée, j’ai repassé mes fringues, nettoyé mes clubs et fait tous ces trucs idiots. J’étais très nerveux. Un mec de la maison blanche est venu me chercher en jeep. Quand je suis arrivé, certaines personnes jouaient déjà. Au début Ray Allen était présent, mais pas le président. 10-15 minutes après, un convoi de sept SUV et un camion des SWAT est arrivé. C’est là que j’ai commencé à être très nerveux.
Etiez-vous plus nerveux à ce moment-là que pour les finales NBA ?
Clairement ! Sur un terrain, je suis toujours à l’aise. Là, dès le premier trou autour de moi, il y avait mon père, Ray Allen, le président et moi. Sans parler des quarante personnes au clubhouse qui hurlaient le nom d’Obama. Je voulais être sûr de réussir à taper la balle. J’ai fait ce que j’ai pu en l’envoyant à une quarantaine de mètres. Puis finalement, j’ai réussi à faire un birdie sur les deux premiers trous.
Quel est votre plus grand souci dans la vie ?
Ne pas réussir à rester moi-même. Perdre mes perspectives. Je me rends compte qu’il faut être actif pour ne rien perdre de vue. Je ne veux pas être pessimiste, et les choses vont tellement bien en ce moment. On gagne, ma vie familiale est au top, tout vient en même temps. Un jour le basketball s’arrêtera, et il me restera une longue vie à vivre après ça. Donc je crois que mon principal souci est de ne pas me définir exclusivement comme un joueur de basket.