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[Interview] Ian Mahinmi 2/2 : « En Europe, tu apprends à muscler ton jeu »

Deuxième partie de notre interview avec l’intérieur des Pacers de 27 ans, qui explique le processus qui lui a permis de devenir titulaire en NBA, après 9 saisons.

La première partie est à lire ici

On connaît le respect que tu as pour Dan Burke, le spécialiste de la défense aux Pacers. Il en a aussi beaucoup pour toi et il a un compliment très fort à ton sujet : « Roy Hibbert protégeait l’arceau, Ian protège la peinture ». Comment le prends-tu ?

C’est vrai que j’utilise ma mobilité pour essayer de boucher un peu tous les trous. J’essaie aussi d’avoir un bon timing, tu vois. Parce que c’est comme ça que je vais pouvoir aider mes ailiers ou même l’autre intérieur, tout en restant sur mon gars en même temps. J’essaie de couvrir une grosse majorité du terrain, surtout la peinture, avec une grosse activité des bras. C’est quelque chose qui me tient à cœur. J’ai toujours été un bon défenseur d’ailleurs. Le fait que je sois bon sur l’homme et en aide défensive pour toute l’équipe, c’est quelque chose qui est important. Et c’est quelque chose qui est venu année après année, avec l’expérience. J’ai beaucoup travaillé, j’ai regardé beaucoup de vidéo chaque saison pour savoir comment les équipes fonctionnent, connaître aussi les tendances de chaque joueur. Ce sont des choses qui font qu’ensuite, tout vient plus naturellement sur le terrain.

On ne voit d’ailleurs pas ou très rarement tout ce travail dans les coulisses, dirais-tu que c’est autant que sur le parquet ?

Il y a plus de travail sur le terrain quand même, mais moi je regarde de la vidéo pratiquement tous les jours par exemple. Que ce soit sur moi, sur les équipes adverses ou sur un adversaire en particulier. J’essaie de voir mon placement sur le terrain, celui des autres. C’est clair que c’est un travail essentiel. Ça dépend aussi de ce que je veux regarder ce jour-là. Ça peut durer 5 minutes, ou ça peut durer 30 minutes, ça dépend vraiment. Je fais ça un peu partout aussi. Avant les entrainements, après les entrainements, avant les matchs, à l’hôtel, dans l’avion… On est tellement partis à droite à gauche que tu ne peux faire cela que quand tu as un peu de temps. Et du coup tu le fais un peu quand tu peux le prendre. Même si c’est là, dans le vestiaire, juste avant le match. Quitte à ce que ce soit un peu éphémère. Au final, ça ne compte pas vraiment quand je le fais, mais ce qui compte c’est que je vais le faire tous les jours par contre.

Il y a donc l’éthique de travail qui t’a permis de progresser, mais il y a aussi les fondamentaux, acquis en Europe, que soulignent d’ailleurs tous tes entraineurs…

Je pense que c’est un avantage d’être passé par l’Europe. Tu apprends le basket un peu différemment. C’est vrai que moi j’ai commencé le basket très tôt. J’ai appris à être un role player tôt dans ma carrière, mais j’ai aussi appris à avoir des responsabilités assez vite, quand j’étais au Havre. Donc j’ai pu voir et avoir les deux côtés assez vite, à un très jeune âge. On apprend aussi très différemment le basket en Europe parce qu’on est très tôt avec des professionnels, des joueurs expérimentés et beaucoup plus vieux. Ça veut dire aussi que tu dois muscler ton jeu, par exemple. Après, je ne dis pas qu’il y a un système qui est mieux que l’autre, mais moi ça m’a beaucoup aidé, notamment en terme de maturation.

On peut dire que tu t’es appuyé là-dessus pour avoir cette progression, assez constante finalement, mais qui paie vraiment ses fruits cette saison ?

Oui, ça pose des bases sur lesquels tu peux t’appuyer après pour progresser tous les ans. Il y a le mental aussi, ton entourage, l’expérience.… Si tout se passe bien, tu dois pouvoir progresser d’année en année. Et puis il y a les équipes par lesquelles tu es passé ! Moi je suis arrivé en NBA il y a neuf ans. J’ai fait trois ans à San Antonio, ce qui m’a donné des bases solides. Ensuite j’ai été à Dallas, avant Indiana… Tout ça ce sont des franchises solides, qui sont bien ancrées dans la NBA, qui ont gagné des titres ou joué des finales. Ce sont de belles organisations et je peux dire que j’ai eu une bonne école pour continuer à progresser.

On note d’ailleurs que toutes ces équipes ont une certaine culture des joueurs internationaux… Ça aide ?

Oui, c’est vrai que d’être dans des équipes qui ont ce côté international, ça peut aider. Moi je l’ai vu à San Antonio notamment. De le voir pendant trois ans, cela m’a marqué. Et puis au niveau du leadership aussi, quand tu as été au contact de gars comme Tony Parker ou Manu Ginobili, qui sont de vrais leaders, ça m’aide aussi à être un meilleur leader pour cette équipe des Pacers aujourd’hui.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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