Dwight Howard se livre sans tabou sur son échec avec les Lakers
Parmi les sujets évoqués par Dwight Howard avec Jackie MacMullan d’ESPN dans un long entretien dont on vous a déjà relayé quelques extraits : Kobe Bryant. On rappelle que le pivot avait forcé son transfert d’Orlando à Los Angeles, où il ne sera resté qu’une saison.
Kobe a dit qu’il n’était pas sûr que gagner était votre priorité n°1, pourquoi dirait-il ça ?
Je voulais que Kobe et moi ça fonctionne. Je pense qu’on était simplement à deux stades différents de nos carrières. Quand je suis allé là-bas, les gens m’ont mis en garde ‘Dwight, tu dois réaliser que Kobe veut toujours être la star’. Ma réponse était ‘Pas de problème’. J’ai dit la même chose à Steve (Nash). Je voulais apprendre de ces gars. Je n’essayais pas de leur voler la vedette.
Il a aussi remis en question votre dureté quand vous êtes revenu précipitamment d’une blessure à l’épaule.
Kobe m’a mis la pression. Il a dit quelque chose comme ‘On n’a pas le temps pour que Dwight soit blessé’. La presse me demande ‘Est-ce que vous avez parlé de vos blessures à Kobe Bryant ?’. J’ai dit ‘Je n’ai pas réalisé que j’étais supposé vérifier ma santé avec un autre joueur’. Quand je suis arrivé là-bas, j’ai dit à Kobe devant toute l’équipe ‘Le seul moyen de gagner est de mettre nos ego de côté et de jouer ensemble’. Je voulais jouer avec lui. Je ne sais pas s’il ne voulait pas jouer avec moi, s’il a eu le sentiment que je n’étais pas un killer comme lui.
Pourquoi n’a-t-il pas re-signé avec les Lakers ?
Pour moi ce n’était pas une équipe. Je voulais une équipe. Certaines choses m’ont fait sentir durant la saison que je ne faisais pas partie de l’équipe, comme le truc de Kobe et de mon épaule. Les gens disaient ‘Dwight est si jeune, c’est Superman, il devrait jouer malgré la douleur’. C’était une déchirure du labrum. J’aurais dû me faire opérer mais je ne l’ai pas fait. Je suis revenu à la place. Je n’oublierai jamais le match qu’on a joué contre les Celtics à Boston (le 7 février 2013, ndlr). Je ne m’étais pas entraîné depuis un moment, je faisais juste de la course sur tapis. Mais j’ai joué à Boston. On s’est fait explosés. Le coach (Mike D’Antoni) a continué de me faire jouer quand on était à -30. Après le match, je sors du terrain et un fan des Lakers me balance un maillot à la figure. C’était mon nom sur le maillot. Je n’oublierai jamais.
Et malgré cette saison décevante, le front office voulait que vous reveniez ?
Oui, j’avais fait une année correcte. J’avais sorti de bonne stats. Mitch (Kupchak) voulait que je reste. Jeanie (Buss) aussi. Mais je ne pense pas que ça collait. Quand ils ont viré Mike Brown (après 5 matchs), ils m’ont demandé quel coach je voulais, j’ai dit Phil Jackson. Ils ont répondu ‘Ca on ne sait pas’. Donc ils ont pris D’Antoni et je me suis dit ‘Bon ce que je dis n’a pas d’importance’.
Ensuite quand je me suis fait éjecté de notre dernier match. Kobe était out (tendon d’Achille). Quand je suis sorti du vestiaire, Kobe y entrait. Les gens y ont vu une sorte de message de la part de Kobe, comme s’il disait ‘Il est peut-être parti, mais moi je reviens’. On ne s’est jamais battus. Mais je n’aimais pas entendre que je fuyais les ‘projecteurs’. Je savais ce que ça voulait dire de jouer pour les Lakers et je n’avais pas peur. Mais j’étais free agent et en voyant Houston, qui avait James (Harden), Chandler (Parsons) et Jeremy (Lin) et je me suis dit ‘Ce serait peut-être mieux pour moi’.
Aujourd’hui, Howard se fait sans doute la même réflexion en observant une autre équipe… dont on ignore encore le nom.
via ESPN