Draymond Green, l’hyperactif hyper attachant
Avant de devenir champion en 2015 et All-Star 2016, Draymond Green était juste ce gamin rondouillard coiffé comme Ben Wallace qui tentait – et réussissait – à s’incruster dans les pick-up games du playground de sa ville natale, Saginaw, dans le Michigan.
Ignoré par les habitués – plus âgés que lui – que lui dès qu’il osait lancer un « Next ! » (pour dire qu’il était le prochain à rentrer en jeu), Green se plaçait alors au milieu du terrain en criant ‘Vous vous prenez pour qui ? Je ne vais pas quitter ce terrain pour vous !’. On lui lance alors des canettes, on l’enroule dans des tapis…
C’était des adultes qui essayaient de se battre contre moi. Et je me suis battu contre chacun d’entre eux.
Green se défend non seulement lui, mais aussi son frère aîné Torrian, plus réservé, et repart parfois avec un nez bien enflé.
Ces grands garçons ont fini par apprendre… Que mon bébé allait obtenir son ‘Next’ Mary Babers-Green, sa mère
À la maison, il est parfois difficile de payer les factures à temps. Alors quand il arrive aux Warriors et que ses coéquipiers se nomment Stephen Curry et Klay Thompson, tous deux fils de joueurs NBA et respectivement élevés dans la banlieue chic de Charlotte et dans l’Orange County, il y a forcément contraste.
Je me suis senti tellement différent.
Au lycée son premier coach, Bennie Babers, est aussi son coach, et ses méthodes étaient probablement différentes de celles de Dell Curry ou Mychal Thompson…
Il nous courait après et nous tapait dessus. Il nous tapait dessus comme si on était des hommes, pas dans le visage mais dans le corps. J’en avais besoin aussi. J’étais un pleurnichard. Un mauvais perdant. Mon attitude n’était pas bonne.
Pourtant et comme il l’explique, lui et Curry ont plus en commun qu’on ne peut l’imaginer.
Steph et moi parlons de ça. Oui, on a grandi dans des circonstances différentes, mais je n’avais pas tout ce que je voulais et il n’avait pas tout ce qu’il voulait non pus. On a plus en commun que vous ne réalisez.
Green est aussi un hyperactif qui peine à se relâcher dans la vie de tous les jours. À la fin du premier training camp de Steve Kerr en tant que coach des Warriors, ce dernier lui fait savoir :
Tu dois te relaxer. Si tu te relaxes ça ira mieux. Steve Kerr
Incapable de faire une sieste de plus 20 minutes, il n’a par exemple souvent pas non plus la patience de prendre le temps de cuisiner un bon repas avec sa petite amie, ou de rester assis sur un banc en regardant sa fille de 8 ans s’amuser au parc. Dans la presse et les médias, il lit tout et s’endort devant ESPN, au cas où.
Je trouve ça cool de lire que Draymond Green change le visage de la NBA. Je trouve ça cool aussi de lire que Draymond Green est nul. Il y a toujours des gens qui doutent. Je vais les trouver quelque part. Draymond Green
On peut aussi le trouver au téléphone avec son coach d’université (Michigan State, à qui il a fait un don de 3.5 millions de dollars l’année dernière) à 4h du matin, à parler de défense sur pick-and-roll entre deux conseils par sms à l’arrière des Spartans Denzel Valentine. Et puis il y a le Green que l’on connaît, la boule d’énergie et de polyvalence des Warriors, qui apporte le petit grain de folie supplémentaire à l’équipe.
On n’a pas un groupe fou et dans un groupe il y a besoin d’un peu de folie. Les Bulls avaient besoin de Dennis Rodman. Les Spurs avaient besoin de Stephen Jackson. J’ai un grande bouche, donc quand on se renvoit le balle il y a quelques ‘Hey, fuck you! Non, fuck YOU!’. Mais ce conflit entre Draymond et moi, entre Draymond et l’advesraire, entre Draymond et l’arbitre, entre Draymond et le monde, nous donne un avantage. Steve Kerr