Adam Silver avoue que le Hack-a-Shaq n’est pas bon pour le business
Ces dernières années, Adam Silver ne semblait pas vouloir faire grand chose concernant le Hack-a-Shaq aujourd’hui fréquemment utilisé sur des joueurs comme Dwight Howard, DeAndre Jordan ou Andre Drummond. Même si changer une règle pour trois joueurs exceptionnellement mauvais aux lancers-francs pourrait paraître sujet à controverses, le patron de la NBA a avoué dans une conférence de presse relayée par le REALGM STAFF REPORT que cette stratégie ne pouvait plus continuer à être utilisée comme elle l’est aujourd’hui.
Je pense que vous savez tous que j’espère que nous approchons d’une réforme. C’est une situation pour laquelle j’espère que nous trouverons une sorte de compromis. Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas de doute sur le fait que certaines équipes ou certains propriétaires s’opposent à un changement de règles. Et je reconnais aussi que d’un point de vue compétitif, seulement trois équipes seraient bénéficiaires d’un tel changement. Il y a trois joueurs en particulier, et tout le monde sait de qui je parle, peu importe l’équipe dans laquelle ils sont, s’ils jouent beaucoup en étant de mauvais shooteurs de lancers-francs, ils deviennent des cibles de hack pour d’autres équipes qui en tirent alors un avantage. Ce que nos statistiques analytiques montrent et que ce n’est pas un avantage aussi important que ce que certains pourraient croire, mais c’en est quand même un. C’est mon job de faire attention à ce que le jeu reste juste et équitable.
Avant tout, je voudrais parler à ces gens qui disent que ces joueurs n’ont qu’à mettre leurs lancers-francs. Je faisais partie d’eux. Je pense que l’été dernier j’étais d’accord avec tous ceux qui disaient ça. Mais ce que l’on a vu depuis l’année dernière, c’est que ces fautes loin du ballon et les fautes intentionnelles se sont multipliées par 2,5. Si l’on regarde cela par rapport à il y a 5 ans, cela a été multiplié par 16.
Une statistique que je trouve fascinante est que si vous regardez dans les 50 dernières années en NBA, la moyenne de réussite aux lancers-francs est toujours restée stable autour de 75%. C’est remarquable ! Il n’y a que des petites variations comme 75,2% ou 74,8% et je ne sais pas bien ce que ça veut dire. Ce que cela pourrait signifier c’est qu’en moyenne, il est très difficile de faire progresser l’adresse aux lancers-francs et que statistiquement, il y aura toujours de mauvais shooteurs de lancers-francs dans la ligue.
Une partie de mon boulot en plus de gérer la compétition est aussi de m’occuper du business. Je l’ai déjà dit avant, mais si on prend un exemple, lorsqu’une équipe utilise le Hack-a-Shaq dix fois dans une rencontre, cela ajoute 15 minutes à la durée totale du match. Non seulement ce n’est pas bon pour nos partenaires TV, mais quand on en parle aux fans, on se rend compte qu’ils haïssent ça. Il doit y avoir un compromis à trouver pour pouvoir le limiter de façon significative. » Adam Silver
Pour qu’un changement de règles puisse avoir lieu, il faudra qu’au moins deux tiers des propriétaires se positionnent en accord avec une modification. Aujourd’hui, les avis semblent partagés. Si Adam Silver ne peut pas décider tout seul, il peut au moins essayer de convaincre que faire quelque chose pourrait être un avantage pour tout le monde, pas forcément sportif mais au moins financier. Ses arguments sont d’ailleurs très convaincants, mais ont sait qu’en NBA, certains proprios ont la tête dure !