Bouna Ndiaye: « Nous n’avons plus de limites et pourquoi s’en fixer »
Parmi les grands gagnants de la free agency il y a Bouna Ndiaye, fondateur de l’agence ComSport dont les clients Nicolas Batum, Evan Fournier et Ian Mahinmi ont signé des contrats pour un total de 269 millions de dollars. En un été ComSport a été propulsé dans une nouvelle dimension, celle du top des agences NBA. Une belle récompense qui devrait se chiffrer à environ 10 millions de dollars de commission pour cette agence (avant même le futur contrat de Rudy Gobert), qui comme l’explique Bouna Ndiaye dans une excellente interview accordée à Yann Ohnona dans L’Equipe du jour, a été en redressement judiciaire pendant 7 ans. Cette agence née à Saint-Germain-en-Laye en 1997 a réussi l’exploit de se faire une place en NBA et cela n’a pas été simple. Cela a d’abord été un parcours du combattant pour obtenir la licence NBA, puis ensuite pour exister.
« Au début, tout le monde te rejette. J’étais un intrus! On a été victimes de campagnes de dénigrement et de diffamation. Johan Petro –qui nous a quittés un mois et demi avant la draft–, on a un jour débarqué chez lui, et deux agents américains étaient dans le salon. Devant nous, ils racontent à ses parents qu’on ne le mènera nulle part. Des agences ont raconté qu’on ne parlait pas anglais, qu’on ne faisait pas le taf, que je ne connaissais pas cinq villes possédant des équipes de NBA…Ensuite, on a eu droit à: «Il ne peut pas te faire drafter haut», ou «il ne sait pas négocier de gros contrats». Tout cela, c’est du passé…C’est aussi pour mettre un stop à cela que l’on s’est installés à Dallas, en 2007. Après le premier gros contrat de Nicolas Batum, on a acquis un respect. Même si le revers de la médaille, c’est que les «grosses agences» se sont positionnées sur notre marché. La concurrence n’a jamais été aussi féroce. » Ndiaye
Le marché de ComSport c’est de dénicher les jeunes talents français et africains afin de les signer avant les plus grosses agences. Le travail et les très nombreuses nuits blanches de Bouna Ndiaye et Jeremy Medjana (co-fodnateur), pour scouter les joueurs mais aussi préparer les négociations (Bouna Ndiaye s’arme de dossiers d’une quinzaine de pages comportant des analyses très poussées des joueurs), ont fini par payer et désormais ils ne se fixent plus de limites.
« On espère que ce qu’on a accompli cet été peut faire boule de neige. Aujourd’hui, on est théoriquement en mesure de se positionner sur n’importe quel joueur NBA, français ou américain. On n’y a pas travaillé à ce jour, mais deux sont venus vers nous, dont Evan Turner, avec qui nous avons discuté, sans que cela aboutisse. Quoi que fassent ceux qu’on appelle les «grands agents», on a prouvé qu’on pouvait faire la même chose. Désormais, nous n’avons plus de limites, et puis, pourquoi s’en fixer? » Ndiaye
Retrouvez l’intégralité de l’interview dans L’Equipe du jour