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LeBron James, du gamin presque muet au leader du plus gros comeback de l’histoire

20 juin 2016, environ 3h du matin, hôtel Wynn, Las Vegas. Les Cavaliers fêtent leur titre de champion NBA à l’XS Nightclub (J.R. Smith y aurait dépensé près de 23 000$), quelques heures après leur victoire 4-3 sur les Warriors à l’Oracle Arena. LeBron James lui, s’est discrètement éclipsé pour aller manger une pizza (Margherita) non loin de là, au restaurant Allegro, situé dans le même complexe.

Gamin, James, élevé par sa mère, a déménagé d’appartement en appartement et d’école en école. À l’instar de Kobe Bryant en Italie dans les années 80, il doit à chaque fois repartir de zéro pour  se faire de nouveaux amis. Au bout d’un moment, le natif d’Akron a tout simplement arrêté d’essayer, arrêté de parler. Classé sophomore n°1 du pays au lycée, son coach Keith Dambrot lui lance pourtant : « Meilleur sophomore du pays mon cul. Tu n’ouvres pas la bouche. Si tu n’ouvres pas la bouche, on ne sera pas bon ».

Après l’avoir drafté en première position en 2003, les coachs des Cavaliers regardent des vidéos de lui, et le jeune prodige parle à peine. « J’ai eu à peu près 5 mots », confiera Melvin Hunt, arrivé en 2005 avec Mike Brown et Michael Malone. « Oui, peut-être, je ne sais pas ». James est pourtant nommé capitaine de l’équipe en 2006 et d’ici à ce qu’il quitte Cleveland pour Miami en 2010, il comprend les responsabilités qui en découlent. « Il se démarque au shootaround, il dit aux gars ce qu’il voit, les implore de se concentrer. Quelle transformation » (Melvin Hunt).

Il y a des fois où vous vous dites mince, est-ce qu’un joueur peut vraiment faire ça ? Est-ce que c’est trop ? LeBron James

En mars dernier, Cleveland est tout en haut de la Conférence Est mais bien loin de la régularité de ses rivaux de l’Ouest, les Warriors. James se frustre et le fait savoir sur les réseaux sociaux.

Ca n’allait pas bien, et je devais me regarder dans le miroir. Je devais appuyer sur reset, me recalibrer et sortir de cet abattement dans lequel j’étais. Je devais mieux commander. Aussi dur que j’avais été, je pense que les gars voulaient que je sois plus dur. Si le bus est à 9h45, soyez là à 9h40. Si vous ne vous entraînez pas dur, restez assis. On ne pouvait plus se permettre un quelconque dérapage. Je devais continuer à faire ça. LeBron James

En playoffs, les Cavs, qui ont réussi à dissoudre les petits groupes dans le vestiaire grâce à la venue de Channing Frye à la trade deadline, écrasent la concurrence. L’ancien intérieur du Magic ne se soucie pas de qui est avec qui, il mange avec tout le monde, participe à toutes les conversations. Résultat, les réservations au restaurant ne se font plus pour plusieurs petits groupes mais directement pour 15 personnes.

 Après la défaite du match 4 en Finales, James rentre péniblement chez lui à 2h30 du matin. Son équipe est menée 3-1, aucune équipe dans l’histoire n’en est jamais revenue. L’équipe en face a gagné 73 matchs en saison régulière, et il faudra jouer chez eux au prochain match, dans une salle où ils ont remporté 54 succès d’affilée. Le doute s’installe.
Sa femme, Savannah James, lui demande s’il va bien. En guise de réponse, elle reçoit une petite dissertation sur un turnaround jumper réussi par Tristan Thompson en fin 2ème quart-temps ce soir là. Un shoot qu’il n’a pas du tout l’habitude de rentrer. Pour James, c’est un signe que l’équipe va égaliser dans la série. Il prend son téléphone (celui avec le Larry O’Brien Trophy en fond d’écran) et écrit dans un texto groupé à toute l’équipe :

Peu importe comment nous sommes arrivés là, nous sommes ici maintenant… On doit aller à Golden State pour le match 5 et on doit de toute façon revenir à la maison. Donc pourquoi ne pas revenir à la maison et jouer un match 6… Laissez vous aller, jouer dur, soyez concentrés, suivez moi, et je m’assurerai que vous allez revenir à la maison pour le match 6.

Pendant ce temps, on entend déjà des « LeBron 2V-5D en Finales ! Kevin Love aux Celtics ! Irving aux Clippers » fuser à droite à gauche. Tyronn Lue lui, fait le choix de ne montrer aucune vidéo des défaites à ses joueurs. Il leur cache aussi les chimiothérapies de sa mère, Kim, et de sa grand-mère, Olivia, qui n’ont pu assister à aucun de ses matchs.

Pour moi mon boulot était de rester dans le positif. Golden State était l’America’s team. Et on était plutôt les vilains. Nos gars en avaient marre de voir Golden State, d’entendre parler de Golden State. Tyronn Lue

Lors du match 5, Kyrie Irving et James plantent 41 points chacun et Cleveland l’emporte 112-97. Draymond Green est suspend pour le match 5.

 Tout le monde pensait que c’était à cause de moi. Je ne pensais pas qu’il allait être suspendu. LeBron James

Green de retour, il récidive avec 41 points au match 6. À 69 secondes du buzzer du match 7, Lue demande un temps-mort. Il dessine un système pour Irving. Pour le titre.

Tout ce qu’on a donné pour cette saison. Toutes les choses que nous avons traversées, tous ceux qui nous ont pointé du doigt, les haters, on a une chance de faire quelque chose de spécial. Tyronn Lue

Électrifié par le message, le banc s’excite un peu trop au goût de James.

Calmez vous putain, et allons chercher un panier, lance-t-il sur un ton rauque et monotone qui contraste avec le bruit ambiant.

Si bien que même lorsque le buzzer sonne enfin, les joueurs restent dans un premier temps figés.

Il faut revenir en arrière et regarder la vidéo quand l’horloge arrive à zéro. C’est la réaction la plus différée de l’histoire. Le match est terminé et on est toujours concentrés, comme si on ne savait pas quoi faire, comme si on attendait un match 8. Je crois qu’on regarde tous LeBron, et quand il prend Kevin (Love) dans ses bras, on s’est dit ‘Putain de mer**, on a vraiment gagné’. Tristan Thompson

via Sports Illustrated

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