Céline Dumerc: « J’ai pété les plombs »
A deux jours du début des Jeux Olympiques, Céline Dumerc a connu une terible désilusion, blessée à al cheville, elle a dû déclarer forfait pour ce qui était peut-être sa dernière compétition en bleu. Pour le site de la fédération elle est revenue sur cette blessure
« Jeudi nous avons eu la chance d’avoir accès à notre gymnase de compétition pour l’entraînement. Les photos officielles ont eu lieu juste avant. Je me vois y rentrer en me disant : c’est là que l’on va jouer. J’ai associé ça à Londres, j’étais vraiment excitée à l’idée de débuter ces Jeux Olympiques à Rio. Sur une action anodine je saute pour faire une passe et sur la réception mon pied s’est mal repositionné et ma cheville a tourné. J’ai eu très mal mais je suis assez sensible à la douleur et dans ces circonstances tes sentiments sont plus développés. J’étais frustrée et j’ai pété les plombs. Cela m’arrive souvent de me tordre les chevilles et si j’ai pensé que je ne serai pas prête dans trois jours, jamais je n’ai imaginé ne pas participer à la compétition. Immédiatement le staff a prodigué les premiers soins : glacer, compresser, garder la cheville en hauteur pour limiter l’œdème. Je suis rentrée aux vestiaires puis au village. Le pied me lançait et je n’étais pas forcément très agréable, on ne pouvait pas m’approcher même si les filles voulaient m’aider à me porter. Je voulais marcher seule. Pour moi ce n’était pas grand-chose. J’ai rapidement fait une échographie dans notre bâtiment. Les informations se bousculaient et je n’ai pas tout retenu : degré 3-4, ligament superficiel… Les visages du staff médical ne se décomposaient pas. Ma question c’était : puis-je jouer, même blessée, sans mettre en danger mon intégrité physique ? Je croyais possible de revenir. Mais à l’IRM le docteur me parle d’un ligament rompu. Un ligament profond et non superficiel comme évoqué à l’échographie. J’ai demandé le délai classique pour revenir. Six semaines. Et moi j’avais deux jours ! » Dumerc
Forcément la réalité a été difficile à accepter
« J’étais dans un état étrange. Ma première pensée a été : il faut que Valérie Garnier appelle quelqu’un. En me disant ça, je savais que je renonçais à mon accréditation. Quand tu viens aux Jeux tu sais que ce petit bout de plastique est difficile à obtenir et que c’est ta vie ici. Pour qu’une autre la prenne je devais rendre la mienne. J’avais seulement espoir de trouver un subterfuge pour pouvoir rester au village. En attendant qu’Amel arrive, que la cérémonie se passe, je plane un peu. Je suis sur mes béquilles, mon téléphone est prêt à exploser avec tous ces messages que j’ai du mal à ouvrir sans avoir un pincement au cœur. En plus je vois le groupe impacté par ce bazar et ce n’est pas l’idéal pour préparer la Turquie. J’ai envie de me faire toute petite. Ce n’est plus ma compétition mais comme l’a dit Valérie Garnier, les Jeux ne sont pas terminés ! Ils n’ont pas commencé ! Je ne veux pas parasiter les choses, mais j’ai un rôle à jouer, et si ce n’est pas du tout celui que j’avais prévu, à moi de l’accepter. » Dumerc
Elle a finalement décidé de rester à Rio pour soutenir ses coéquipières.
« J’ai croisé le Président François Hollande jeudi matin au self. Il était au courant de ma situation et m’a proposé de rentrer aujourd’hui avec lui. Cela m’a fait sourire. Je lui ai dit que j’allais réfléchir mais que je préférerais rester au village. Soutenir mes copines reste ma priorité même si cela risque d’être un crève-cœur d’être impuissante. Je me suis demandée comment j’allais être capable de vivre cette situation. » Dumerc
Et elle n’a pas encore eu le temps de réfléchir à l’avenir avec les bleues
« Avant les Jeux je ne savais pas répondre à cette question. Je voulais me laisser le temps. Finir comme ça ne m’enchante pas. Il faut que je me rétablisse, que je sache exactement ce qu’il en est de cette blessure : opération ou pas. J’ai une saison avec mon nouveau club de Basket Landes qui va débuter. La réflexion sur l’Equipe de France viendra après. Si j’en ai la capacité et l’opportunité je me dis que je ne peux pas m’arrêter sur une blessure. Les mois à venir et mon corps détermineront si je peux poursuivre. » Dumerc