Chaussures: Les dessous des contrats NBA
Dans un excellent article, Solecollector nous plonge dans les coulisses des contrats chaussures des joueurs NBA. En effet au contraire de ce qu’on pourrait penser, rares sont les joueurs qui décrochent de gros contrats avec les marques.
« La plus grosse fausse idée reçue c’est que tous les joueurs touchent beaucoup d’argent et qu’ils sont tous bien payés. Désormais ces compagnies sont très méthodiques quant aux joueurs après qui elles s’attaquent. Si elles peuvent ajouter des millions de plus au contrat de KD ou LeBron plutôt que de signer une poignée de joueurs qui ne boosteront pas le produit, elles le feront. Peu de joueurs sont très bien payés pour promouvoir des chaussures. » Alex Saratsis, agent d’Octagon
Il n’y a qu’environ une douzaine de joueurs qui signent de gros contrats et qui ont vraiment un impact sur les marques, mais cela ne veut pas dire qu’elles ne s’intéressent pas aux autres.
Solecollector explique qu’il y a trois catégories de joueurs, tout d’abord les titulaires. Ils touchent eux de l’argent et reçoivent les produits de la marque. Toutefois d’un joueur à l’autre ces contrats peuvent énormément varier suivant leur statut, leurs stats, s’ils sont All-Star, ou encore l’équipe où ils jouent. Ce sont généralement des contrats longs, normalement de 4 ans. Les meilleurs peuvent obtenir des contrats où il est question de signature shoe, et le nombre est souvent précisé, tout comme les royalties qu’ils toucheront en fonction des ventes. Certains signent même un autre contrat, différencié du premier, qui leur permet d’équiper les joueurs lors de leurs camps ou de sponsoriser des équipes AAU sans que cela soit imputé à leurs revenus.
Ensuite il y a les joueurs de 6 à 10 dans la rotation des équipes, qui ont une chance de pouvoir toucher une somme d’argent en plus de l’équipement qui leur est offert. Ces sommes vont en général de 10 000$ à 50 000$ par an sans compter des bonus, notamment pour une participation à un des concours du All-Star Game ou lorsqu’un trophée est remporté (ces bonus concernent la grande majorité de contrats, même pour les joueurs de la première catégorie). L’agent Travis King a confié qu’un joueur qui tourne à 8 points par match gagne environ 20 000$, un qui signe 12 points par match environ 30 000$ et pour un joueur à 16 points ça peut monter à 50 000$. Très loin des millions à l’année des superstars de la ligue.
Enfin les joueurs de bout de banc signent des contrats en général d’une saison uniquement pour s’équiper. Ils ont en règle générale 7 500$ à dépenser avant le 30 septembre pour s’équiper pour la saison.
Cependant certains de ces joueurs de bout de banc peuvent gagner un peu d’argent s’ils sont sponsorisés depuis le lycée ou qu’ils étaient dans une équipe AAU sponsorisée. De plus en plus les marques sponsorisent ces équipes et un joueur qui a porté une même marque depuis des années peut décrocher en plus un contrat qui peut aller jusqu’à 10 000$ (en plus de son équipement). Cela permet à la marque de garder le joueur, ce que font Nike, adidas et Under Armour.
Toutefois il y a une nouvelle donne récente concernant les rookies puisque jusque là les marques offraient à peu près les mêmes contrats aux rookies arrivant dans la ligue, mais adidas a commencé à offrir des contrats au-dessus du marché (c’est pour cela qu’ils ont abandonné leur partenariat avec la NBA), ce que les joueurs draftés en première moitié de premier tour ne refusent presque jamais selon Saratsis (Nike a par exemple dû revoir son offre pour conserver Ben Simmons car adidas avait offert plus). Après pour les autres, à partir de la fin du premier tour, la question de loyauté entre en jeu et les joueurs changent plus rarement de sponsor.
Concernant les meilleurs rookies, plusieurs facteurs entrent en jeu pour déterminer le contrat
« Beaucoup de choses sont considérées. Pourquoi est-ce qu’ils paient ces gars ? Ils les paient pour pouvoir vendre des chaussures. A quel point le joueur est-il visible ? Dans quel marché est-il ? A quel point est-il professionnel ? Ce n’est pas simple du tout. Bien sûr pour un joueur non drafté qui intègre une équipe, là c’est simple. Pour les joueurs de seconde zone aussi, ce n’est pas très difficile. Si ce sont des joueurs de haut niveau, ça peut être très compliqué. » Travis King