[Interview] Joakim Noah : « Les Knicks, c’est mon équipe de France »
On ne pourra pas lui reprocher un manque de franc-parler… Quitte à choquer, le nouveau pivot des Knicks n’hésite pas à utiliser cette image pour expliquer son rapport avec ce maillot et New York, après sa première au Madison Square Garden en saison (victoire 104 – 111 face aux Grizzlies ; 6 points, 10 rebonds, 7 passes, 1 contre).
Joakim, quel est ton ressenti après cette grande première au Garden ?
Beaucoup d’émotions. Pour moi, mettre ce maillot, ça veut tout dire. C’est un peu… C’est mon équipe nationale. C’est mon équipe de France.
Tu en avais rêvé ?
Je ne savais pas que cela allait être possible, mais cela a toujours été un rêve de pouvoir mettre ce maillot. Un rêve d’enfance. J’étais fan de cette équipe tout petit. Papa m’emmenait aux matchs. Je me souviens même, quand j’avais 8 ans, Papa était pote avec Doc Rivers. Doc m’a donné un ballon et j’ai pu prendre quelques tirs après le match. Je me souviens toujours de ce moment. Maintenant, jouer un match ici, avec ce maillot… je suis très ému.
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Peux-tu nous expliquer un peu ce que ça a représenté ce match pour toi du coup ?
J’ai grandi ici, à quelques minutes de marche. J’ai vu plein de matchs en tant que fan, donc porter ce maillot c’est plus que spécial pour moi et je veux faire partie de quelque chose de spécial. C’est juste vraiment spécial de pouvoir jouer à la maison. On peut facilement se faire déstabiliser. Ce building représente tellement pour moi. J’étais vraiment nerveux, mais au final c’est le meilleur sentiment au monde. Je crois que j’ai essayé de rester concentré dans le moment, le plus possible. Ce n’était pas facile, car j’avais beaucoup de proches. Toute ma famille est là. Alors c’était vraiment spécial.
Un sentiment particulier donc…
C’est le meilleur sentiment au monde de jouer dans ce building. J’en ai rêvé. Je prenais le métro 7 pour aller m’entrainer avec « Mister Green », à Corona (dans le Queens). J’aimerais tellement qu’il puisse être ici pour me voir (Green, qui était son mentor, est décédé depuis), mais je sais qu’il me regarde !
Quel est ton plus grand souvenir ici ?
Le tir de Larry Johnson… Quand Michael Jordan est venu et a marqué 55 points j’étais ici aussi. Mais quand Larry Johnson a mis le panier à 3 points plus la faute, en playoffs, je me souviens très fort de ce moment-là. Et d’être au Madison Square Garden pour ce match, tout petit, c’était quand même quelque chose.
Vous avez su bien passer le ballon aujourd’hui. Tu sens l’équipe progresser ?
On est un groupe qui est juste capable de faire tout ça. On doit rester dans le système. On a encore du chemin à parcourir, nous sommes encore en cours d’élaboration. C’est dur de gagner dans cette ligue. Du coup on est content d’avoir accroché cette victoire, mais on sait aussi que l’on a encore du chemin.
Qu’as-tu pensé de la prestation de ton ami Derrick Rose (13 pts, 4 rebonds, 3 passes, 2 interceptions, 1 contre et 0 turnover) ?
Derrick n’est revenu que depuis une semaine. C’est une pièce très importante de ce que l’on essaie de construire ici. Il a joué dur aujourd’hui. Je sais qu’il veut faire encore mieux et surtout il veut gagner.
Et au niveau de tes sensations ?
Ça m’a fait du bien d’être sur le parquet. Je sais aussi que je peux faire mieux, car je n’ai pas joué depuis longtemps. J’ai encore du pain sur la planche. Il faut que je me fasse plaisir et que je continue de me battre.
Tu as pris un coup à l’oreille d’ailleurs, qui te vaut un joli pansement…
Ouais, direct des agrafes, dès mon premier match ! Mais je n’ai rien contre en même temps (rires) !
Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York