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L’intégralité du touchant discours de Gregg Popovich face à Tim Duncan

Superbe hommage de Gregg Popovich à son « âme sœur » Tim Duncan, dont le maillot a été retiré par les Spurs hier. À savourer avec un bon chocolat chaud au coin du feu :

On n’a pas eu à faire grand chose grâce au travail de coach Odom avec lui à Wake Forest. Et ce n’est pas une exagération, c’est la vérité. Timmy était vraiment prêt quand il est arrivé ici. Quand je l’ai rencontré après qu’on l’ait drafté, une décision vraiment difficile au passage… Une décision que votre chat ou votre chien chez vous aurait pu prendre. Mais j’ai décidé d’aller aux îles Vierges pour voir qui était ce gars, si on allait s’entendre, comment ça allait se passer. Et j’ai très vite appris qui il était. Il aurait pu me dire avant que je loue une voiture là-bas que tout le monde conduisait de l’autre côté de la route. Mais il a omis de me dire ça. Donc j’ai failli mourir 2 ou 3 fois avant d’arriver chez lui. Ensuite on a vécu sur la plage pendant quelques jours. On a nagé, on a parlé. Et à partir de là j’ai su que c’était quelqu’un de spécial car il parlait d’à peu près tout sauf le basket. Et nous avons bénéficié de cette intelligence et de cette perspective de la vie depuis qu’il est arrivé ici. Nous sommes donc très reconnaissants.

Mais il est bizarre aussi. Je ne sais pas combien de fois j’ai dû amener un carrot cake dans sa chambre d’hôtel. J’achetais un carrot cake, je le déposais devant sa chambre vers 2 ou 3h de l’après-midi, je tapais à la porte et je partais. Et il s’est habitué à ça… 20 ANS ! Du carrot cake pendant 20 ans. David (Robinson) ne m’a jamais embêté comme ça, Bruce (Bowen) non plus mais Timmy est spécial donc il lui fallait du carrot cake…

Aux premiers entraînements son short est à l’envers. Pourquoi ? Et il répond, je fais comme ça. On s’est regardé avec les coachs et R.C. (Buford, GM) on a discuté et puis on a dit je crois qu’on s’en fout un peu de comment il porte ses shorts. Donc il l’a fait pendant 20 ans. C’est un énigme aussi à certains égards. Vous pensez que Kawhi Leonard ne parle pas beaucoup. Quand Timmy est arrivé ici, c’était presque de la télépathie. Je lui disais quelque chose, il me regardait. Je n’étais pas sûr qu’il était attentif mais c’était un bon étudiant, il avait fait une bonne université donc je me suis dit qu’il comprenait ce que je disais. Et au final j’ai réalisé qu’il comprenait tout ce que je disais, était probablement d’accord avec la moitié mais il était tellement respectueux qu’il attendait plus tard pour me parler. Il ne le faisait pas devant l’équipe, et parfois j’étais sans pitié (ému et visiblement au bord de larmes, il s’arrête de longues secondes et regarde Duncan, assis en face de lui, avant de se reprendre en donnant un coup de pied sur le parquet)… Et pour ça je suis très reconnaissant car tu m’as laissé coacher l’équipe. Si votre superstar peut encaisser les coups ici et là, tout le monde peut la fermer et suivre l’exemple. Et cet homme a fait ça pour moi. Il m’a laissé coacher.

Revenons maintenant à l’époque de son premier contrat, quand tout le monde parlait d’un départ à Orlando. Il a bien joué le coup, très bien joué le coup. Je vais avoir un bateau, je vais faire ci, je vais faire ça… On a la San Antonio River ! On a des bateaux ! Je me souviens qu’on passait des soirées dans mon jardin jusqu’à 1 ou 2h du matin parfois et enfin il a pris sa décision après ce qui m’a semblé être une éternité. Il est venu chez moi un soir. Et c’est une histoire vraie, n’essaye même pas de nier. Il trouve ça drôle. Il arrive et il me dit Pop avant toute chose je dois te dire que je vais à Orlando. Mais il n’a pas directement enchaîné sur un nan je déconne ! Il a attendu 5, 6 secondes. Et moi je suis sous le choc. Et enfin après il me dit ce qu’il va faire. Je crois que je lui ai sauté dans les bras, quelque chose comme ça, je ne sais plus. Personne ne réalise combien il est taquin, joueur. Ça me manque et ça manque à tout le monde car quand vous avez côtoyé quelqu’un pendant 20 ans, vous voyez beaucoup de ces choses là. Et c’est ce qui fait de lui quelqu’un de spécial.

Je n’ai même pas envie de parler de points de rebonds et de tout ça. Il a permis à tous ceux qui sont arrivés après lui de faire partie de cette culture. Et il en demande beaucoup. Je me souviens quand Manu Ginobili est arrivé, Timmy n’était pas impressionné. Je m’en souviens Timmy. Hey Timmy on a gars qui arrive tu ne vas pas le croire, il fait ci, il fait ça, il a le cour d’un lion… Oui ok Pop, on va voir ça. Manu arrive et il a une cheville en vrac. Et c’est un aussi bon joueur que R.C. et moi à ce moment là. Et Timmy me regarde genre oui ok, ça c’est Ginobili, super Pop. Donc on a décidé d’attendre janvier pour s’assurer que sa cheville soit bien remise et quand il est revenu c’était un monstre. Mais Timmy n’a jamais dit merci ou j’avais tort… Peut-être plus tard ce soir il l’avouera, je ne sais pas. Mais son empathie, sa capacité à faire en sorte que chacun se sente le bienvenu, son leadership discret mais digne et son sérieux l’ont rendu spécial. Et j’ai promis que je n’utiliserai pas ce mouchoir donc je ne vais pas le faire. Ce que je peux dire de plus important à propos de Tim Duncan, c’est que je peux honnêtement dire à M. et Mme Duncan, qui sont décédés, que leur fils est exactement le même aujourd’hui que le jour où il a passé la porte »

Et pour celles et ceux qui aimeraient revivre l’intégralité de la cérémonie :

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