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Vince Carter, Dirk Nowitzki et Paul Pierce, derniers témoins de la classe 1998

Vince Carter a fêté son anniversaire jeudi et est désormais le seul quarantenaire actif en NBA. Parmi ses collègues de draft (1998), seuls deux sont encore dans la ligue : Paul Pierce, 39 ans, et Dirk Nowitzki, 38 ans. Le premier a d’ores et déjà annoncée que 2016-17 serait sa dernière saison. Le second espère que son corps tienne encore suffisamment le choc pour jouer au moins une saison supplémentaire.

À eux trois, Nowitzki (29 757 points), Pierce (26 361 points) et Carter (24 295 points) combinent pour 80 413 points en carrière. Le trio peut ainsi encore devenir le trio de draft le plus prolifique au scoring de l’histoire de la NBA. Pour cela, il faudrait réussir à dépasser Michael Jordan, Hakeem Olajuwon et Charles Barkley (82 995 points, classe 1984).

1998 NBA Draft: Top 10 Picks
PLAYER TEAM CAREER
POINTS
1. Michael Olowokandi LAC 4,135
2. Mike Bibby VAN 14,698
3. Raef LaFrentz DEN 5,690
4. Antawn Jamison GS* 20,042
5. Vince Carter TOR 24,288
6. Robert Traylor MIL 2,085
7. Jason Williams SAC 8,266
8. Larry Hughes PHI 10,242
9. Dirk Nowitzki DAL 29,757
10. Paul Pierce BOS 26,361

ESPN est allé à la rencontre de ces 3 « dinosaures » en les interrogeant.

Leur souvenir du soir de la draft (24 juin 1998 à Vancouver)

Nowitzki : « Je ne suis pas allé à la draft. En fait je travaillais avec Holger (Geschwindner, son mentor), j’étais chez lui. On ne pouvait pas regarder ça n’importe où. Ça ne passait pas à la télé en Allemagne. Je me souviens qu’au milieu de la nuit, on a reçu un appel, c’était (le coach des Mavericks) Don Nelson. Il a dit qu’ils venaient de me drafter et qu’ils aimeraient que je vienne les voir, car j’avais dit que je n’étais pas sûr d’aller en NBA.

Je trouvais ça dingue. Après tout le truc Hoop Summit, je pensais bien qu’il y avait un peu de hype, mais jamais je n’aurais pensé que quelqu’un me donne ma chance aussi haut, surtout après que j’ai dit que je n’étais pas sûr de venir car j’étais inquiet de la transition seconde division allemande/NBA. C’était un saut incroyable et j’étais un peu inquiet. C’était bizarre. Dallas me donne une chance à la 9ème place ? C’était incroyable.

Ensuite Donnie (Nelson, GM) et Nellie sont venus quelques jours plus tard. Ils sont arrivés à Wurzburg. Ross Perot (alors propriétaire des Mavericks) est venu en jet privé. J’ai fait cette conférence de presse dans ce petit hôtel que je n’oublierai jamais. C’était incroyable. Je me souviens qu’il y avait peut-être 2 ou 3 membres des médias, car c’était fait très rapidement. Ross faisait partie de ceux qui voulaient une conférence de presse, mais on ne pouvait même pas faire venir une télé là-bas. Il y avait littéralement 3 personnes présentes dans la salle. C’était tellement bizarre, tellement bizarre.

Ensuite Ross est reparti, et Donnie et Nellie sont restés quelques jours et n’ont pas arrêté de me parler. Ils m’ont dit de ne pas prendre de décision avant qu’ils m’aient fait venir à Dallas. Ils voulaient que je vois tout là-bas et que je rencontre des gens. Donc j’ai accepté. J’ai pris un vol avec Donnie et Holger, je suis resté chez Nellie. Fait une conférence de presse. Je n’avais jamais eu de costume, donc je me souviens que directement après l’aéroport, on est allés directement chez Lombardo. J’avais la pire des vestes sur le dos, et on a fait la conférence de presse.

C’est là que j’ai rencontré Nashie (Steve Nash) pour la première fois, car ils l’avaient fait venir pour la conférence de presse. À partir de là ça a collé. Mon deuxième soir là-bas, Nellie a organisé un petit barbecue chez lui pour moi et Fin (Michael Finley) et Strick (Erik Strickland) sont venus. Nashie était là et certains autres gars qui étaient en ville aussi. Je me suis mélangé à tout ce monde et parlé autant que j’ai pu avec mon anglais de l’époque.

Le lendemain c’était notre décision. Ils ont organisé une conférence de presse le matin avant que je parte et Nellie était genre ‘penses-y toute la nuit, mais on a besoin d’une décision avant que tu partes’. Donc cette nuit là a été compliquée. Je me souviens être assis avec Holger près de la piscine pendant des heures. Évidemment, j’avais mes inquiétudes. C’était un grand saut. J’avais toujours vécu avec mes parents. À la fin on s’est dit ‘on essaie’. Ils avaient une jeune équipe. Ce n’était pas comme si ils avaient une grande équipe, ce n’était pas vraiment une équipe de playoffs, donc vous pouviez avoir des minutes et vous développer. Nellie a dit ‘Au final, si ça ne fonctionne pas, tu pourras toujours revenir en Europe, c’est toujours une option après 2 ou 3 ans quand ton contrat est terminé. S’ils ne valident pas ton option après 3 ans, tu reviens à la maison en Europe’. Donc le lendemain, je suis allé à la conférence de presse en disant quelque chose du genre ‘Je vais essayer’ »

Pierce : « Je ne savais pas trop où j’allais atterrir car je n’avais fait de workout que pour les 5 premières équipes. Je me souviens que je ne savais pas qui était Jason Williams et qu’il avait été drafté avant moi. C’était bizarre. Je pensais que je serais dans le top 5, et je suis tombé 10ème, donc c’était quelque chose d’étrange pour moi. Et puis je vais à Boston, une équipe que je n’aimais vraiment pas gamin, car j’étais fan des Lakers. Mais vous savez, rien n’arrive par hasard. Je suppose que c’était écrit que je sois à Boston. Les choses ont plutôt bien tourné »

Carter : « Après des workouts avec 5 ou 6 équipes, vous êtes enfin à la draft, et dans l’inconnu. On savait que soit Bibby soit Olowokandi allait être 1er ou 2ème et après ça, ce n’était que des rumeurs. J’ai tout entendu, de la 3ème à la 8ème position. Je me souviens juste être assis. Olowokandi, ok. Bibby, ok. Raef LaFrentz, super. À partir de là, vous ne savez vraiment pas. À côté de moi il y avait Antawn Jamison. Nos familles étaient assises l’une à côté de l’autre, à rire et discuter. Je me souviens lui avoir dit : ‘Man, tu crois qu’il va se passer quoi ?’ On n’en avait aucune idée.

Ils ont appelé Antawn en 4. C’était mon compagnon de chambre à l’université et on était très bons amis, donc j’étais surexcité. C’était comme si je venais d’être drafté, j’étais à la fois nerveux et content pour lui, comme si c’était pour moi. Mais le truc bizarre à ce moment là c’est qu’il n’avait jamais fait de workout pour Toronto. Moi oui, et Toronto m’avait dit que si j’étais disponible, ils allaient me prendre.

Et puis finalement ils le draftent lui, donc j’étais un peu perplexe. J’étais malgré tout très excité pour lui et je me disais peu importe, on vit dans l’instant. Et puis j’ai commencé à observer autour de moi. Quand la caméra s’approche de vous, vous vous doutez de quelque chose. Vous essayez de la jouer cool. Ensuite j’ai eu le coup de téléphone juste avant qu’ils vous appellent, et c’était le délire.

Je me souviens que Chrysa Chin m’a remis ma casquette, je monte les marches et pendant que je marche, je vois Antawn encore en bas des marches. Dès que la photo est prise, David Stern me dit : ‘Attends ici, il va y avoir un transfert’. Ok, je recule. Je tiens ma casquette, je la regarde. La première chose qui me vient c’est ‘tain, quelqu’un va déjà être transféré le soir de la draft’. C’était moi. Antawn devait être au courant, c’est pour ça qu’il était assis là. On m’a introduit au business du basket sur mes 5 premières minutes en carrière. Je suis passé de la West Coast à la East Coast en 5 minutes »

La fin de carrière approche, comment gérer cette « mortalité du basket » après avoir connu de si grandes carrières ?

Nowitzki : « J’ai toujours été le jeune, le German wunderkind, le jeune gars talentueux. Et puis d’un coup, j’ai 30 ans. Ces années sont passées à la vitesse de l’éclair. Vous prenez du plaisir, vous êtes en compétition tous les ans et l’été quand j’avais une vingtaine d’années, je ne restais pas assis là, je jouais avec l’équipe nationale tous les ans. Donc je prenais quelque chose comme 2 semaines de repos et j’étais de retour à la salle à travailler avec Holger. Si vous restez occupé, le temps passe vite. De 20 à 30 ans, c’est passé aussi vite qu’un battement de cœur.

Ensuite vous avez 30 ans et vous êtes en quelque sorte le gars au milieu. Il y a des gars plus jeunes, mais toujours des gars plus vieux. Et puis les dernières années, vous êtes juste le plus vieux. C’est incroyable de voir comment 19 ans peuvent passer vite. Si vous êtes occupé et que vous prenez un plaisir fou… Maintenant j’essaie de rester compétitif, j’y prends du plaisir. Bien sûr, ce n’est plus aussi facile qu’avant. Il faut travailler encore plus pour rester prêt. Je dois gérer des blessures que je n’ai jamais vraiment eu, ça retire un peu du fun qu’on y prend, mais j’espère pouvoir garder la santé et m’amuser encore un peu plus »

Pierce : « Oh c’est fun. J’apprécie chaque instant. Shootaround, les voyages en bus, en avion avec les gars. J’apprécie chaque petit moment de camaraderie avec l’équipe. Dans le vestiaire, sur le terrain, j’absorbe tout. Je suis dans le basket depuis longtemps, j’ai connu beaucoup de voyages en avion, en bus, beaucoup de speechs d’avant-match, beaucoup d’hymnes nationaux. J’apprécie le voyage. Je sais que c’est la dernière année, donc j’apprécie autant que je peux »

Carter : « Je suis parfois compliqué avec ça. Certains jours ça ne me dérange pas, je sais que c’est proche, je m’y prépare. Mais d’autres jours je me dis que non, je ne suis pas prêt à arrêter, car j’aime toujours être à la salle. J’aime toujours courir, jouer, rire et blaguer. Il n’y a rien de mieux quand vous avez fait ça si longtemps, vous ne connaissez que ça. Peut-être pas que ça, mais c’est tout ce que j’ai fait et j’ai apprécie le faire jusque-là.

Maintenant, je suis prêt à entamer la phase 2. Je n’y avais pas pensé avant il y a 5 ans. M’assurer d’être prêt. Car vous entendez les histoires de ces gars qui dépensent et dépensent avant de se retrouver ruinés. Je promet de ne jamais faire ça. Pour moi, rester oisif c’est horrible. J’énerverais les gens si j’étais à la retraite et que je ne faisais rien. Je ne peux pas rester assis là. Les gens disent oh tu peux aller visiter tous les pays du monde. Non, ce n’est pas qui je suis. Je ne suis pas un gars qui part en vacances comme ça. Je n’aimerais pas ça. C’est pour ça que j’ai commencé la phase 2, pour me présenter en quelque sorte à des gens différents et trouver ce qui me passionne réellement.

Le coaching reste une possibilité. On me le demande tout le temps. J’aime ça mais je ne sais pas si je veux le faire. Je suppose que c’est logique mais d’un côté, je trouve quand même ça bizarre. Actuellement je ne me vois pas comme coach. Dans le broadcasting world, ça me paraît très clair. Sinon, je suis prêt à partir quand ce sera le moment. Parfois je me réveille en demandant s’il y aura encore 1 an ou si c’est la dernière année, ou s’il y aura encore 3 ans. Je n’arrive jamais à me décider. Ça me fait peur car j’aime le basket et je ne veux pas le quitter. Pas maintenant »

via ESPN

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