DeAndre Jordan raconte l’une de ses premières leçons face à Tim Duncan
Durant son année rookie, c’est Marcus Camby qui a fait office de mentor pour DeAndre Jordan.
« Lors d’un match à San Antonio cette année là, je remplace Marcus dans le 2ème quart-temps. Je viens du Texas, et Tim Duncan avait toujours été « le gars » pour moi toute ma vie. Maintenant je dois défendre sur lui. J’avais en face de moi l’une de mes idoles. J’étais fou à l’intérieur, je me disais je dois contrer son tir, je dois faire un gros truc. Mais Tim était tellement patient dans la peinture. Ils font la place, Tony Parker lui envoie et là c’est comme s’il me disait ‘ok petit jeune, tu l’a veux comment ?’. Il n’a même pas fait de feinte que j’ai sauté. Je jure, il n’a fait que regardé vers la gauche, et j’étais déjà en l’air. Je suis sorti et le coach ne m’a pas fait rejouer avant le 4ème quart-temps. Après le match, Marcus est venu en secouant la tête. Je voyais qu’il allait dire quelque chose et j’ai tout de suite dit ‘je sais, je sais, je ne devrais pas sauter autant’.
Mais il m’a demandé quel était le move favori de Duncan. J’ai répondu que je n’en savais rien. Il m’a dit ‘donc t’es rentré comme ça en improvisant ?’. Ce moment m’a vraiment ouvert les yeux. Quand j’étais rookie, je ne pensais jamais trop à qui on jouait le soir suivant. Je savais qui j’allais défendre mais Marcus m’a encouragé à aller plus loin, de façon un peu intimidante. Il a créé un jeu entre nous. Il me demandait d’étudier les tendances des joueurs et ensuite il m’interrogeait. Avec quelle main il shoote quand il est à droite, et à gauche ? De quel côté il aime faire son spin ? Est-ce qu’il pump-fake ? Est-ce qu’il a un up-and-under ? Dans quels scénarios ? Comment savoir s’il va le faire ? C’était très spécifique » DeAndre Jordan
Aujourd’hui, c’est pour le jeune rookie des Clippers Diamond Stone (20 ans, 2,13m, 40ème choix de la draft) que Jordan essaie de tenir ce rôle. Dans son papier publié sur Players Tribune, Jordan a également expliqué son évolution au rebond et quels joueurs l’ont aidé dans ce processus.
« Ça surprend toujours les gens quand je dis a mais l’un des joueurs les plus durs contre qui j’ai joué est Nick Collison. Beaucoup de big men disent que Shaq était le gars le plus difficile à défendre et croyez-moi c’est vrai, c’est très vrai (une fois, Shaq a failli me faire perdre connaissance avec un coup de coude dans la poitrine). Mais j’en ai davantage appris sur le jeu en jouant contre Nick. Une fois on jouait à Oklahoma City et Nick est entré en jeu. Il est venu directement vers moi, hyper poliment, et m’a dit ‘Hey mec, je te préviens mon coach m’a demandé de ne te laisser prendre aucun rebond’. Ensuite il a souri. Y avait tellement de respect là-dedans. Le reste de la soirée, à chaque fois que le ballon était en l’air, il me sautait dessus avec les box-outs les plus durs que j’ai jamais sentis. C’était un homme avec une mission : m’empêcher de prendre les rebonds. Nick n’était pas le plus grand, mais il était impitoyable. Il est dur, c’est un compétiteur. Quand je le joue je sais que j’aurais mal partout le lendemain.
Prendre des rebonds quand vous faites 2,11m est assurément plus facile, mais ce n’est pas facile. Sur certains rebonds oui, je n’ai qu’à attraper le ballon. Mais quand un gars comme Nick est sur moi, ils sont là pour une raison, me gâcher la vie. En tant que big man, vous détestez ça. Mais vous le respectez aussi. De mon année rookie en 2008-09 à 2012-13, je n’ai jamais tourné à plus de 8 rebonds de moyenne. Et puis en 2013-14, j’ai passé la barre des 13 par match. La saison suivante, ma meilleure jusque-là, j’étais à 15. Et je tourne à environ 14 depuis 2 saisons.
Ça signifie qu’il m’a fallu 5 ans, plus de la moitié de ma carrière NBA, pour décider qu’être un ‘bon’ rebondeur était inacceptable. C’est fou parce que ce n’est pas comme si j’avais follement progressé d’une saison à l’autre. Je pense que c’est venu de beaucoup de choses. Je dois beaucoup aux vétérans qui m’ont guidé sur mes premières années, et aussi aux Memphis Grizzlies.
En 2012 et 2013, on a joué les Grizzlies en playoffs. Et les deux fois ils nous ont botté le cul au rebond. En 2012, on a gagné en 7 matchs, mais c’était une vraie bataille. Zach Randolph, Mo Speights, Marc Gasol, ces gars vont au charbon dans la peinture. En 2013 ils nous ont marché dessus, on menait 2-0 et ils en gagnent 4 d’affilée pour nous renvoyer à la maison. Je me suis alors demandé quel joueur je voulais être. Je me sentais comme l’un des gars les plus costauds et athlétiques de la ligue, mais je ne dominais pas au rebond. L’année suivante, j’ai fait du rebond mon objectif, et je l’ai pris au sérieux, vraiment au sérieux, pour la première fois de ma carrière »
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