Clint Capela, de risée des fans à pivot titulaire de la meilleure équipe de la ligue
Rappelez-vous, c’était en 2014. Clint Capela (23 ans, 2,08m, 108kg), drafté en 25ème position après deux saisons à l’Élan Chalon, passe ses 4 premiers mois en NBA à essayer de rentrer un tir. Il lui avait ainsi fallu attendre le mois de mars pour rentrer son premier panier, après 11 échecs consécutifs. Pire, son premier lancer-franc n’était pas tombé dedans avant le 13 avril, après 15 échecs d’affilée.
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À l’époque les moqueries vont bon train, on remet parfois en question sa présence dans la meilleure ligue du monde. Pourtant avant ce fameux 30 mars 2015 (8 points à 4/5, 9 rebonds, 2 contres dans une défaite à Toronto), le Suisse n’avait jamais dépassé les 6 minutes de temps de jeu sur les 6 matchs (dont 1 à seule seconde !) où Kevin McHale l’avait fait entrer.
« Oui, c’était dur. » Clint Capela via New York Times
En G-League en revanche (D-League à l’époque), le potentiel de l’actuel joueur le plus adroit de la ligue est visible dans le boxscore : en 2014-15, il joue 38 matchs dont 32 en tant que titulaire et tourne à 16 points à 60.1%, 9.7 rebonds et 3 contres par match.
« Ça m’a pris du temps d’être à l’aise. Nouveau pays, nouvelle équipe, nouveau système… J’étais tellement impressionné par tout, le fait d’être en NBA, j’étais ‘wow’. » Clint Capela
En dehors du basket, il rate une première fois son permis de conduire (il a touché une barrière alors qu’il effectuait un créneau), avant de l’obtenir au deuxième essai. Pas bon pour la confiance au début, mais bon pour apprendre à rebondir d’un échec ensuite.
Et puis en juillet 2016, à l’aube de sa 3ème saison NBA (de 7.5 minutes par match en 2014-15, il était passé à 19.1 minutes), il commence à travailler son shoot avec l’ancien arrière des Rockets (1976-78) John Lucas II. Pendant 3 semaines, son réveil a sonné à 5h du matin tous les jours pour rejoindre Lucas à la salle à 6h. À 35.9% aux lancers-francs sur ses 2 premières saisons (84/234), il en prend 250 tous les matins. Et autant tous les soirs après l’entraînement de Summer League.
« Croyez-moi, c’était dur. Oh mon Dieu. » Clint Capela
« Je lui ai dit que s’il travaillait, il pourrait devenir l’un des meilleurs pivots de la ligue. Je le crois encore plus maintenant. Et il n’a pas encore fini. » John Lucas II
Aujourd’hui l’ancien footeux (il a switché pour le basket à l’âge de 13 ans) tourne à 14 points à 65.2% de réussite, 10.9 rebonds et 2 contres en 27 minutes pour Houston, qui n’a jamais gagné autant de matchs que cette saison dans son histoire. Évidemment la plupart de ses paniers proviennent de dunks, alley oops, layups ou petits hooks sous le cercle. Sur ses 655 field-goals tentés cette saison, seuls 13 l’ont été au-delà des 3 mètres. En attendant, il est le plus adroit dans l’exercice. Et dans la meilleure attaque de la ligue. Comme quoi ne pas briller au Hoop Summit (5 points en 14 minutes pour Capela) peut parfois avoir du bon.
« C’est probablement la meilleure chose qui pouvait nous arriver. J’aimerais dire qu’on est des génies sur nos picks. Mais la réalité c’est qu’il est encore meilleurs que ce à quoi nous nous attendions. » Daryl Morey
Autour d’un futur MVP (James Harden) et d’un futur Hall of Famer (Chris Paul), Capela s’éclate et veut désormais continuer à progresser sur son dribble, sa défense et bien sûr ses lancers-francs (56% cette saison). Et le 3-points (qu’il n’a pour le moment jamais tenté en 4 ans), peut-être un jour ?
« Oui, pourquoi pas ? Ce n’est pas impossible. » Clint Capela
Mieux vaut ne pas trop rire au nez de cette décla…