LeBron James voulait Pat Riley comme coach au Heat
Dans The Soul of Basketball, un livre écrit par Ian Thomsens, Pat Riley est revenu sur l’épisode LeBron James au Heat qui a permis à la franchise floridienne de remporter deux titres, en 2012 et en 2013. Après un début de saison compliquée en 2010 (9 victoires pour 8 défaites), la légitimité d’Erik Spoelstra, déjà coach de Miami à l’époque, avait été plus ou moins remise en question par les joueurs. LeBron James aurait même implicitement demandé à Pat Riley de prendre la place de Spoelstra.
« J’ai organisé un meeting avec James, Dwyane Wade et Chris Bosh pour parler de la saison. Ils ont dit qu’il ne le sentait pas, ou quelque chose comme ça. Nous avons parlé de ce que nous devions faire, avoir de la patience et compagnie. Et je me rappelle que LeBron m’a regardé et m’a dit : « Ça ne te démange jamais ? » Je lui ai demandé de quoi il parlait il m’a répondu « de coacher ». Je lui ai affirmé que non. Il n’a pas posé plus de questions et je ne lui ai pas donné plus de réponses. Mais je sais ce que ça voulait dire et je me demande toujours ce qu’il pensait exactement à ce moment là. Il est sorti du bureau en se grattant la jambe comme si elle le démangeait. » Pat Riley.
Cette volonté d’avoir Riley, une légende du coaching en NBA, n’est pas apparue avec ce mauvais départ. En effet, des questions de ce genre avaient déjà été posées en juillet 2010, lors du pitch que le Heat avait fait pour convaincre James de s’engager avec eux.
« Ils voulaient savoir ce qu’il allait se passer avec Erik. Il se demandaient si j’allais coacher à nouveau. J’ai répondu « écoutez, Erik est notre coach, un point c’est tout. Je suis derrière lui et coacher ne m’intéresse pas. » À ce moment là, ils pensaient peut-être que j’allais recommencer à coacher. Mais j’en avais vraiment terminé, je ne voulais pas revenir et Erik est un super coach. Il sortait de deux bonnes campagnes de playoffs mais il n’avait pas encore eu sous ses ordres trois superstars. Avec l’effet LeBron, ça aurait été une transition compliquée pour n’importe quel coach avec deux ans d’expérience. » Pat Riley.
L’homme à la gomina explique également avoir averti LeBron James des répercussions que pourraient avoir sa décision de quitter Cleveland, employant notamment le mot « peur ».
« Maverick Carter (le business manager de James) et LeBron m’ont tous les deux regardé. « Peur ? Peur de quoi ? » m’ont-ils dit. Ils se sont presque moqués. C’était une grosse décision, j’essayais de leur dire que ça pouvait mal tourner. « Effrayés ? Nous ? » Ils avaient tellement de confiance dans ce qu’ils étaient en train de faire et ils étaient si intelligent d’une certaine manière.
La suite, on la connait, les maillots de Cleveland floqués au nom de James jetés dans les flammes et la lettre ouverte de Dan Gilbert ont en quelque sorte donné raison à Pat Riley. Mais ça n’a pas empêché LeBron James de connaître le succès avec sa nouvelle franchise avant de retourner quatre ans plus tard sur sa terre natale.