CJ Young, le joueur qui a martyrisé Stephen Curry et contribué à faire de lui ce qu’il est devenu
Devenu un des meilleurs joueurs de la planète, double MVP, double champion NBA, Stephen Curry révolutionne pour certains le basket grâce à son incroyable capacité à marquer de n’importe où sur le terrain et surtout à des distances folles. Il n’a pas toujours été ce joueur dominateur, lui dont le physique est presque celui de monsieur tout le monde et qui était très frêle ado. A 12 ans il n’était pas la terreur des parquets qu’il est devenue, et il y avait même un joueur qui lui faisait des misères, un certain CJ Young. Vous ne le connaissez pas mais il était l’adversaire le plus redouté par le Warrior
« CJ était un monstre. C’était un phénomène physique qui avait la vitesse, les qualités athlétiques et une coordination main-œil. Il était la référence pour les joueurs de basket de 12 ans à Charlotte. Il me dominait clairement. » Curry
Et son coéquipier durant l’été aux Charlotte Stars en sélection AAU entre 10 et 12 ans.
« Steph était frêle, petit et je pouvais l’enfoncer sur toute la longueur du terrain. Mon boulot c’était de l’endurcir. » CJ Young
C’est Carl Young, le père de CJ, qui entraînait l’équipe, et qui demandait au fiston d’être le plus dur possible avec son coéquipier, qui finissait par perdre son sang froid.
« Mes cotes me faisaient mal après l’entraînement parce que Steph me donnait des coups de coude. » CJ
Young était le prototype du prospect en qui on voyait un potentiel de star : le physique, les qualités techniques, la présence et le charisme.
« CJ était si confiant, si costaud. Les gamins l’écoutaient. » Duane Lewis, coach de Young en high school à North Mecklenburg.
Curry était lui la cible privilégiée des adversaires, qui le dominaient physiquement et en profitaient. Sa place sur le terrain il la devait à son shot à 3-pts.
« J’étais un briseur de zone. J’étais si petit et maigre, c’était mon seul rôle. Je savais que je pouvais faire plus, donc j’essayais de repousser mes limites. » Curry
Cette adresse insolente lui coûtait parfois un vilain traitement également de la part de ses adversaires. Carl Young raconte que lors d’une rencontre où Steph avait aligné 7 tirs à 3-pts, il s’était fait balancer en tribune sous les yeux de sa mère Sonya, médusée. Fils du NBAer Dell Curry, Steph était connu dans l’Etat et sa réputation de joueur frêle faisait de lui la cible à abattre. CJ était là pour le défendre.
« Je pouvais les entendre dire lorsque nous arrivions à la salle ‘C’est lequel le fil de Dell ? Rentrons lui dedans.’ Je n’aimais pas ça. Il fallait que j’arrête ça tout de suite. » CJ
Meilleur que Steph Curry, Young a été ensuite recruté par une meilleure équipe AAU, les Carolina Celtics. Lorsque les deux équipes se croisaient, Young martyrisait son ancien coéquipier. Leur rivalité s’est intensifiée et les duels étaient de plus en plus physique.
« Nous ne nous battions pas ou quoi que ce soit. C’était un super défi pour moi de prendre conscience de ce que c’était que jouer physique au basket. CJ me faisait sortir de ma zone de confort. C’était un bon test à ce stade de ma vie pour voir si je pouvais le gérer ou non. » Curry
Ces batailles ont bien sûr endurci Steph, qui a fini par ne plus croiser Young lorsqu’il est entré dans une école privée, Charlotte Christian. Pendant ce temps, en mars 2005, Young menait lui avec Jamie Skeen (passé par l’ASVEL) son équipe au titre d’Etat, le premier et unique de North Mecklenburg.
« Après ça je l’ai perdu de vue. » Curry
La carrière de Young n’a malheureusement pas aussi bien évolué que pour Curry. Ce dernier est parti en NCAA à Davidson où il y a explosé alors que pour des soucis de notes, CJ Young n’a pu intégrer une bonne fac malgré l’intérêt de plusieurs. Sans fac à sa sortie du lycée il a continué de bosser sur son jeu mais en 2007, sa vie a basculé. Après une séance de musculation, il a tout à coup commencé à sentir un picotement dans son bras droit, puis tout son côté droit s’est engourdi et il a fini par s’écrouler, ne sentant plus ses jambes. Présent, son cousin l’a emmené en urgence à l’hôpital où il est resté pendant de nombreuses heures.
« Ils pensaient que j’avais eu une attaque. Ce qui était fou c’est que je n’avais pas mal. » Young
Il a passé une batterie de tests et les docteurs ont finalement découvert des lésions au niveau du cerveau. Ils ont également découvert qu’il souffrait de sclérose en plaques. S’il a pu remarcher, son coté droit était affaibli et il pouvait à peine dribbler.
« Je ne pouvais plus vraiment faire fonctionner mon corps comme avant. Jouer au basket n’était plus une option. » CJ
En février dernier Curry a évoqué Young à des journalistes qui le questionnaient au sujet d’un éventuel joueur qui l’avait dominé systématiquement dans sa jeunesse. Sans nouvelle de lui depuis 13 ans, c’est 24 heures plus tard qu’un journaliste lui a appris que Young souffrait d’une maladie débilitante chronique. Le meneur de jeu est apparu choqué lorsqu’il l’a appris.
« Merde. Sclérose en plaques ? A quel point c’est grave ? Oh, man, CJ. C’est dur. » Curry
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Après une longue pause, visiblement troublé, il a ajouté
« Assurez-vous qu’il sache que j’ai apprécié le challenge qu’il a été pour moi. Il a sans aucun doute une part de responsabilité dans ma carrière. C’est marrant, quand je suis arrivé en NBA, CP3 et Deron WIlliams essayaient de me poster parce que j’étais soit-disant un mismatch qu’il fallait attaquer. Mais CJ m’avait fait ça pendant des années. Cela m’a donné une incroyable confiance en moi à ce niveau lorsque je suis arrivé dans la ligue. » Curry
Young apprécie lui de voir la carrière effectuée par Steph. Il est devenu un grand fan des Warriors et ne rate pas les exploits de son ancien coéquipier.
« Je souris à chaque fois que quelqu’un mentionne Steph parce que je sais ce que je lui ai fait subir. » CJ
Voici une photo de Stephen Curry (12) et CJ Young (15) en 2003.






