Le « côté obscur » de la free agency raconté par les joueurs NBA
En cette période de de rumeurs intense et dans une NBA plus « business » que jamais, difficile parfois de démêler le vrai du faux ou de se souvenir de l’aspect humain du processus.
Alex Kennedy de HoopsHype a recueilli les témoignages et anecdotes de nombreux joueurs NBA sur le « côté obscur » de la free agency. En voici quelques extraits.
« Quand j’étais plus jeune, j’étais frustré du travail de mon agent. Pour faire court, j’ai fini par le virer. Il était énervé car il n’allait pas avoir de pourcentage sur mon contrat suivant. Il est devenu fou, il a commencé à me menacer. Il m’a dit qu’il avait des gars dans ma ville. Peu de temps après, j’ai engagé un vrai agent, tellement meilleur. » Joueur 1
« Une fois, un ami à moi approchait de la free agency et des tas de trucs fuitaient sur ce qu’il voulait faire. Il ne parlait pas à la presse, donc on ne savait pas du tout d’où ça sortait dans les médias. On a eu une idée pour découvrir qui était à l’origine des fuites. Mon ami devait raconter quelque chose de faux à son agent et voir si ça allait sortir. Le lendemain, c’était rapporté par deux journalistes différents. Il a changé d’agent. » Joueur 3
« Une fois il y avait une équipe que j’avais vraiment envie de rejoindre et je refusais même des offres plus attractives parce que je voulais vraiment aller dans cette équipe. C’était l’équipe n°1 sur ma liste. J’étais certain que j’allais y signer. Et puis l’équipe m’a appelé en me disant qu’ils avaient signé quelqu’un de plus jeune. C’est mon pire souvenir de free agency. » Joueur 5
« Parfois, les dirigeants et les coachs vous disent ce que vous voulez entendre pour vous faire signer, mais les choses peuvent être différentes une fois que la saison démarre. Il y a eu un été où un certain nombre d’équipes voulaient me signer, c’était une saison importante pour moi, j’étais déterminé à faire une grosse saison. Tout le monde me voulait pour apporter du shoot et du scoring mais quand je suis arrivé au training camp de l’équipe que j’avais choisie, ils m’ont fait jouer meneur, avec un rôle de facilitateur. Pour moi ce n’était pas la meilleure façon de m’utiliser et j’étais frustré parce que ce n’est pas de quoi nous avions discuté pendant les négociations. Maintenant je souligne bien quel rôle je veux jouer quand je rencontre des équipes, pour être sûr que c’est bien comme ça qu’ils vont m’utiliser. » Joueur 7
« J’ai connu des situations où des équipes m’ont personnellement appelé, j’ai parlé au coach, au GM, je pensais que c’était bon, j’avais même réservé un vol pour la ville en question. Et puis à la dernière minute, mon agent m’a appelé pour me dire qu’ils avaient signé quelqu’un d’autre. C’est difficile de garder confiance quand ça arrive. » Joueur 9
« Il y a une chose que je déteste c’est quand les dirigeants parlent négativement d’un gars une fois qu’il est parti. Ça arrive parfois après qu’un gars soit transféré, ou parti via la free agency. Je pense que ça en dit long sur le front office en question. S’ils parlent comme ça d’un joueur parti, que pensent-ils de vous ? Que ce soit en off ou pas, ce n’est pas cool. » Joueur 10
« C’est important de savoir si le GM et le coach sont sur la même longueur d’ondes, sinon, vous pouvez vous retrouvez à ne pas être utilisé comme vous l’attendiez quand vous avez signé. » Joueur 11
« J’ai appris que ce n’est pas parce que la star d’une équipe vous veut que l’équipe va vous signer. C’est le GM qui décide, et il a peut-être quelque chose de différent en tête. » Joueur 12
« Quand j’étais free agent avec restriction, une équipe était très intéressée, mais ils ne voulaient pas faire d’offre parce qu’ils étaient persuadés que mon équipe s’alignerait. Ils ne pensaient pas avoir la moindre chance que mon équipe me laisse partir. Mon agent savait que mon équipe ne s’alignerait pas, donc il suppliait l’autre équipe de faire une offre. Au final ils n’ont pas fait d’offre. S’ils nous avaient écoutés et crus, ils auraient pu me signer ! Être free agent avec restriction il n’y a pas pire. » Joueur 14
« Un été, il m’a fallu un mois pour signer et je ne l’avais pas du tout vu venir. Je pensais sortir d’une bonne saison et je m’attendais à signer un beau contrat. Plusieurs équipes se sont dites intéressées rapidement, donc j’étais excité. Mais ensuite, les unes après les autres, elles ont fait d’autres moves. Plusieurs semaines passent et toujours rien. Mon agent me disait qu’il ne restait pas beaucoup d’argent et que je n’allais pas avoir le deal que je voulais et donc que la meilleure chose à faire était d’aller outre-Atlantique ou de signer pour 1 an pour être free agent l’année d’après. Mais j’étais tellement frustré que j’ai dit à mon agent, mes amis et ma famille que j’en avais fini avec le basket. Je voulais arrêter. Je ne voulais pas aller ‘overseas’, je ne voulais pas de contrat d’un an, ça ne m’intéressait plus. J’étais déprimé. Au final j’ai accepté un contrat d’un an mais j’ai brièvement pensé à arrêter à cause de toute cette expérience. J’ai eu l’impression d’avoir travaillé très dur et que ça n’avait pas payé. » Joueur 16
« Il faut bien comprendre que les équipes peuvent parler autant qu’elles veulent d »atmosphère familiale’ et de ‘fraternité’, ça reste un business. J’ai vu mon meilleur ami s’inquiéter d’être trader avant la deadline. Il est allé voir le management et ils lui ont assuré qu’il ne le serait pas. Il a appelé ses enfants pour dire qu’ils resteraient dans cette ville et qu’ils n’auraient pas à changer d’école. Quelques heures plus tard, il était transféré. Il pleurait et j’étais tellement mal pour lui. Certaines décisions sont brutales, c’est clairement un business. Et après ça les fans ont le culot de nous en vouloir à nous quand on choisit notre équipe durant la free agency. Peut-être que s’ils avaient fait preuve de loyauté… » Joueur 19
« Regardez ce qui est arrivé à Blake Griffin. Les Clippers lui ont fait tout un speech en lui disant qu’ils le voulaient jusqu’à sa retraite et qu’ils voulaient retirer son maillot. Et puis moins d’un an plus tard, il est transféré aux Detroit Pistons. On ne lui avait rien dit. N’oubliez jamais que c’est un business. » Joueur 22
Il y a aussi les joueurs un peu trop impatients avec leurs agents… À retrouver ici.
L’année dernière, Kennedy avait écrit un article similaire mais du point de vue des agents.