Ray Allen explique comment son éthique de travail obsessionnelle l’a mené au Hall of Fame
Vendredi, Ray Allen sera intronisé au Hall of Fame de Springfield. Connu notamment pour son adresse extérieure et sa capacité à être clutch dans les fins de match à enjeux, l’arrière a toujours beaucoup travaillé pour se démarquer. Très athlétique en début de carrière, il a ensuite constamment bossé sur sa condition physique, afin d’être toujours en mouvement et pouvoir profiter des écrans avant de shooter. Au final, c’est peut-être cette condition physique assez incroyable qui l’emmènera à faire partie du panthéon du basketball dès vendredi. Erik Spoelstra, son coach à Miami, évoque le travail de son ancien joueur.
On l’appelait Everyday Ray (Ray de tous les jours, ndlr). Parce qu’il se donnait à fond tous les jours. Il ne reportait jamais, ce n’était pas juste quelques jours… Ray travaillait chaque jour ! Son éthique de travail et sa discipline font partie des meilleures de l’histoire de la ligue. 99% des joueurs n’ont pas une éthique de travail aussi bonne. Je suis ravi d’avoir connu Ray pour pouvoir me rendre compte de son éthique de travail proche de l’obsession. Il shootait des milliers et des milliers de fois quand à côté de lui, tout le monde pensait que cela ne servait à rien de travailler autant sur des domaines comme celui-là. » Erik Spoelstra
Le joueur explique lui aussi que pour être fort dans le 4e quart-temps, il faut avoir des jambes quand la fatigue peut se faire ressentir. C’est pour cela qu’il a continué à travailler jour après jour, usant ses adversaires par ses courses et ses démarquages sans jamais montrer un seul signe d’essoufflement.
Je suis vu comme un joueur décisif parce que dans ma carrière, j’ai mis de gros shoots dans les 4e quart-temps. Mais pour être sur le terrain dans le 4e quart-temps, il faut être au meilleur de sa forme. Vous avez cette montagne à gravir dans le 4e quart-temps. Les autres commencent à s’épuiser, mais vous, vous courez toujours ! » Ray Allen
Quand Spoelstra parle d’obsession, il n’exagère pas. Ray Allen était un maniaque du travail, se préoccupant de chaque détail. Il continue d’évoquer le sujet.
C’était mon obsession d’être bon chaque jour. Chaque chose devait être à sa place et plus vous avancez dans votre carrière, plus cela vous obsède. Mes chaussures devaient être de chaque côté de mon casier avant un match. Cela permettait de savoir que j’étais suffisamment préparé et de montrer à mes coéquipiers que j’étais prêt à tout donner. Il y a beaucoup de petites choses comme ça. Etait-ce de la paranoïa, de la superstition ou des tocs ? Pour mois c’était un peu de tout ça ! » Ray Allen
Une saison NBA, c’est long, surtout quand elle se poursuit en playoffs. Difficile de rester motivé chaque jour, notamment lors de lointains déplacements en hiver. Ray Allen explique qu’il faut évidemment préparer son corps à cette épreuve, mais aussi son cerveau.
Jouer 82 matchs, ça se fait, surtout quand vous êtes jeune. Mais quand janvier arrive et qu’il faut aller à Cleveland ou à Milwaukee où il fait – 12°, que vous êtes en back-to-back et que le lendemain, il faut se lever pour l’entraînement, pouvez-vous être sûrs que vous allez être totalement impliqué ? Pourtant, il le faut : votre corps doit être prêt, mais pas seulement, votre mental doit l’être aussi. C’est un processus. Quand il est en marche, vous devez le suivre et vous devenez une machine. Les équipes qui réussissent en playoffs sont des machines qui ont travaillé là-dessus tout l’année. » Ray Allen
Elevé par un père militaire, Ray Allen a toujours mis le travail au sommet de ses valeurs. Cela lui a permis de comprendre rapidement, qu’il fallait fréquenter les bonnes personnes et que malgré les tentations, il ne fallait jamais rien lâcher.
Dès mes 12 ou 13 ans, il y avait beaucoup de tentations extérieures auxquelles il a fallu que je fasse attention quand certains boivent de l’alcool, se relâchent sur l’entraînement, mangent trop… Au final, je me suis toujours mis dans des situations qui me permettaient d’être entouré de gens desquels je pouvais apprendre, des gens qui faisaient les choses de la bonne façon. Je ne me rendais pas vraiment compte de ça quand je le faisais, mais je gravitais toujours autour de ceux-là. En arrivant à UConn, j’ai fréquenté des gars qui voulaient se développer, mûrir, devenir meilleurs et gagner. Ce n’est pas comme si ils ne faisaient que le dire, je voyais ça de mes yeux ! Je voyais quelles habitudes il fallait prendre pour avoir du succès. » Ray Allen
Désormais retraité, le joueur a-t-il relâché un peu l’entrainement ? Est-il capable de se reposer un peu et de profiter de la vie sans passer les trois quarts de ses journées dans la salle de sport ? Réponse du principal intéressé.
Mes habitudes ont beaucoup changé. J’avais l’habitude de dire que quand je prendrai ma retraite, je ne me ferai pas construire de salle de muscu dans ma maison, afin de me permettre de bouger, d’aller dans des gymnases et de voir un peu le monde extérieur. Maintenant que j’ai pu goûter un peu à ça, je me dis que je vais me faire construire une salle de musculation chez moi. Je veux me lever à 4 heures du matin et m’entraîner. Ensuite, je peux lever les enfants, prendre le petit déjeuner avec eux et les emmener à l’école. Après, je peux aller jouer au golf. » Ray Allen
Une machine… Même à 43 ans !