Mo Cheeks, l’homme qui murmurait à l’oreille de Russell Westbrook
Maurice Cheeks, ou Mo Cheeks pour les intimes, fait partie de la cuvée 2018 des Hall of Famers. À 61 ans, le natif de Chicago a joué 15 ans en NBA entre Philadelphie, San Antonio, New York, Atlanta et New Jersey. L’année suivant sa retraite de joueur, il s’est fait la main en tant qu’assistant coach chez les Sixers pendant 7 ans. Est ensuite venu le temps de passer head coach, à Portland puis Philadelphie. De 2009 à 2013, il devient assistant du Thunder, avant de reprendre un poste de head coach à Detroit pour mieux revenir à Oklahoma City (en tant qu’assistant) dès la saison suivante et depuis 2015. Mais une ligne ne figure pas dans son CV : il est l’homme qui murmurait à l’oreille de Russell Westbrook. Et si vous avez déjà vu le phénomène en action sur un terrain, vous vous doutez bien que ce n’est pas chose aisée.
« Je suis extrêmement, extrêmement heureux pour lui. C’est quelqu’un que je respecte et que j’admire en tant que mentor, quelqu’un qui m’a guidé dès mon entrée dans la ligue. Il était avec moi dès le premier joueur, il est parti puis revenu. Il a des connaissances incroyables sur le jeu, il a fait beaucoup pour le basket, que ce soit en tant que joueur ou coach. Je suis simplement béni et honoré qu’il soit mon coach. Il mérite tellement parce qu’il a tant fait pour le basket. » Russell Westbrook
Ce ne sont donc pas forcément uniquement ses stats en carrière (11.1 points et 6.7 passes par match) de Cheeks, ses récompenses individuelles (il a tout de même été 4 fois All-Star) et collectives (il a tout de même remporté un titre en 1983) ou son style de jeu (pas très flashy mais altruiste) qui ont fait de lui, éligible depuis 20 ans mais jamais jusque-là parmi les élus, un Hall of Famer. Mais peut-être surtout son impact sur le basket à plus grande échelle en tant que « noble ambassadeur » de la ligue ainsi que ses qualités de mentor.
Partez à New York pour assister à plusieurs matchs
Lors d’un match contre les Grizzlies en janvier 2013, le Thunder mène de 25 points en fin de troisième quart-temps. Durant une possession à zéro passe, Westbrook se retrouve coincé au niveau du block après une coupe de Thabo Sefolosha ayant provoqué une prise à deux et finit par se faire siffler une violation des 5 secondes. Le futur double MVP pète un plomb, balance le ballon le plus fort possible par terre, enrage lors du regroupement sur le temps-mort qui suit. Cheeks essaie de le calmer. Westbrook va s’isoler plus loin sur le banc. Cheeks le suit. Frustré, énervé, Westbrook renverse sa chaise, jette sa serviette et prend la direction du tunnel. Cheeks le suit. Quelques minutes plus tard, le meneur revient semble-t-il apaisé.
« Il a les pieds sur terre. On est toujours 100% honnêtes l’un avec l’autre. Il est direct, il me dit toujours ce qu’il voit tout au long du match pour m’aider à être un meilleur meneur de jeu, parce qu’il fait évidemment partie des meilleurs. Je l’écoute toujours pour emmagasiné le plus de ses connaissances possibles dès que je peux. On a un super lien, et j’y tiens. » Russell Westbrook
En 2011 déjà lors d’un match de playoffs face à Dallas, Westbrook était en pleine engueulade avec l’assistant coach Mark Bryant et Cheeks s’était interposé pour jouer au médiateur. Si vous assistez un jour au shootaround ou à l’entraînement du Thunder, vous verrez probablement à un moment ou à un autre Cheeks (embauché en 2009 par Scott Brooks) et Westbrook papoter, se chambrer, lancer divers paris ou encore se défier dans des concours de lancers-francs (que Cheeks gagne régulièrement !).
via ESPN