Steve Nash : « C’est surement plus dur pour les jeunes en NBA aujourd’hui »
Quand Steve Nash a été drafté en quinzième position en 1996, l’époque était complètement différente et les réseaux sociaux n’avaient pas pris le pouvoir dans la Grande Ligue. Ce qui, selon le Canadien, n’empêchait pas les stars de se donner à fond pour ne pas paraître ridicules.
« À l’époque il n’y avait pas de réseaux sociaux, mais vous ne vouliez pas rentrer chez vous et que vos potes sachent qu’un petit blanc vous avez fait tourner en bourrique. Donc ils y allaient à fond. Ça m’a rendu plus dur, plus compétitif. J’ai dû m’endurcir pour survivre. Parce que c’est surtout ça la NBA : de la survie. Si vous n’êtes pas prêt à jouer, à vous taper la honte, et si vous vous tapez la honte trop souvent, vous ne serez plus en NBA. C’est peut-être un peu différent maintenant. Les joueurs sont tellement athlétiques… Ils sont incroyables, je les adore. C’était une autre époque, il fallait vraiment gagner sa place, avec ses coéquipiers, mais aussi les arbitres. Il faut aussi le faire aujourd’hui, mais à l’époque c’était quelque chose. Quand j’étais rookie j’avais AC Green dans mon équipe, et après chaque entrainement il envoyait les ballons partout dans la salle et me disait d’aller les chercher… Ce genre de trucs. » Steve Nash.
Mais si Iron Man était un peu taquin, Nash a pu côtoyer d’autres vétérans desquels il a beaucoup appris lors de ses premières années.
« Mes vétérans à Phœnix, c’étaient Rex Chapman, Danny Manning… Je m’asseyais souvent à côté de Rex dans l’avion, il était très drôle et m’a beaucoup appris, on est encore ami aujourd’hui. Danny était un joueur incroyable, un ailier fort de 2m08 très rapide qui portait la balle, mais aussi un très bon vétéran. Il s’est fait les croisés, aujourd’hui on revient de ça aussi fort, voire même meilleur, mais ce n’était pas le cas à l’époque. Il a perdu beaucoup de vitesse à cause de cette blessure, mais aussi de la mobilité et la capacité d’enchaîner les efforts, mais il était si intelligent, pouvait tout faire. J’ai beaucoup appris de ces vétérans, Kevin Johnson, Hot Rod Williams et Wayne Tisdale, des gars qui étaient de bons pros, qui vous épaulaient et qui m’ont beaucoup appris. J’ai eu de la chance, j’ai d’abord joué derrière Kevin Johnson et ensuite les Suns ont fait un trade pour récupérer Jason Kidd. J’ai pu jouer avec deux meneurs incroyables et j’ai beaucoup appris de ces gars. » Steve Nash.
Qui sont aujourd’hui malheureusement en voie de disparition, avec une ligue qui est de plus en plus jeune. Ce qui ne facilite pas la tâche des jeunes selon le meneur.
« Vu comment le salary cap est foutu. Quand on doit choisir entre donner le minimum vétéran à un gars qui a joué douze ans ou recruter un jeune athlétique que vous voulez essayer de faire progresser… Le modèle n’aide pas vraiment les vétérans. Il n’y a plus beaucoup de gars comme Jared Dudley, avant ils étaient deux ou trois par équipe. Ce n’est pas mieux ou moins bien, mais je pense que c’était vraiment bien d’avoir des vétérans dans l’équipe. Ils pouvaient vous montrer comment la NBA marchait, vous apprendre des choses, vous faire rester sur les rails… C’est sûrement plus dur pour les jeunes aujourd’hui, parce qu’ils sont deux, trois, parfois quatre gars de moins de 21 ans. » Steve Nash.
Pour en revenir à la draft 1996, elle est aujourd’hui considérée, avec le recul, comme une des draft les plus relevées de l’histoire, avec des joueurs comme Allen Iverson, Kobe Bryant, Steve Nash donc, Ray Allen… qui sont entrés dans la ligue cette année-là. Mais même à l’époque, l’ancien des Suns et des Lakers sentait déjà qu’il y avait quelque chose de particulier avec cette classe de draft.
« Je savais à l’époque que c’était une draft talentueuse, mais c’était impossible de prévoir comment ça allait se passer pour ces gars, quelle carrière ils allaient avoir. Mais je savais qu’il y avait beaucoup de gars avec des gros caractères, beaucoup de talent. Avec le recul, c’est assez incroyable de voir la carrière que ces gars qui ont été draftés en même temps que moi ont eue. » Steve Nash.
Ce qui a rendu sa sélection au premier tour encore plus savoureuse.
« C’était un des meilleurs moments de ma vie de me faire drafter. Le Hall of Fame c’est un peu la cerise sur le gâteau (il a été introduit en 2018 ndlr). Cette draft, être sélectionné au premier tour, ça justifiait tout le travail que j’avais fait. Tous ces moments où je me suis arraché, ces jours compliqués où je ne voulais pas bosser étaient justifiés. » Steve Nash.
Via Showtime