Tout le monde aime Boban : « L’être humain le plus gentil que j’ai rencontré »
Avec ses 2m24, Boban Marjanovic est vite devenu une des coqueluches de la ligue dès son arrivée en NBA, chez les Spurs en 2015. Et depuis, il n’a pas quitté ce statut, parvenant même à être plutôt performant sur les terrains, malgré des qualités qui ne sont pas adaptées au jeu moderne. Il faut dire que le géant ne se base pas que sur sa taille et ses acquis, et passe beaucoup de temps à la salle.
« Aux Spurs, on avait des jours off où on ne devait pas s’entrainer même si on le voulait pour prendre un peu de repos, et se couper un peu de basket vu que les saisons sont quand même longues. Et il est arrivé à un point où, parce que Boban n’acceptait pas ça et venait quand même pour faire des heures d’entrainement, les Spurs devaient littéralement fermer la salle pour qu’il ne puisse pas entrer. » Matt Bonner, son coéquipier aux Spurs.
En fait, le problème avec Boban, qui l’empêche de passer beaucoup de temps sur un terrain, c’est qu’il manque de mobilité. Un défaut rédhibitoire à une époque où la capacité de switcher en défense est très importante et où les pivots shootent à 3-pts.
« Je me suis toujours demandé si j’aurais dû plus le faire jouer. J’étais tellement inquiet par rapport à la défense, mais vu ce qu’il peut faire en attaque, je pense qu’on aurait peut-être été meilleur en le faisant plus jouer et en essayant de gérer les problèmes défensifs qu’il aurait créés. » Stan Van Gundy.
Et malgré ses 6,2 points et 4 rebonds en carrière, il a gagné le respect des autres joueurs NBA.
« S’il avait joué dix ans plus tôt, Boban aurait été un excellent joueur. Il est juste arrivé dix ans trop tard, et il est malgré tout dans la ligue en train de faire ses trucs. Ne vous y trompez pas, en 2003, il serait une force sur laquelle il faudrait compter. » Austin Rivers.
« Il est plus technique que ce que pensent les gens. Il peut dribbler, il a du toucher sur les tirs, une bonne intelligence de jeu… Sa plus grande force, c’est sa taille et sa présence autour du panier. Mais quand on le regarde jouer, ça se voit qu’il passe du temps à travailler tous les aspects de son jeu. » Dwight Powell.
Mais ces qualités lui jouent parfois des tours, puisqu’il tente beaucoup de choses sur les terrains, sans forcément avec efficacité.
« Parfois, il balance une passe sans regarder en contre-attaque. C’est arrivé plusieurs fois en match et c’était marrant parce qu’on était en séance vidéo et on savait tous que ça allait arriver. Il commençait à s’excuser : « Je sais, je sais, désolé, passe au prochain clip. » Et Stan Van Gundy commençait à rigoler, et repassait le film. Parfois, il faut donner à ce genre de gars la liberté de s’amuser un peu. » Aaron Gray
Il faut dire que sur le terrain, c’est assez dur de ne pas le remarquer et de l’oublier une fois le match terminé, comme le raconte Frank Kaminsky.
« La première fois que j’ai joué contre Boban, Tyler Hansbrough (2m06 ndlr) était dans mon équipe. Boban rentre en jeu et il s’installe à côté de lui, c’était pendant un lancer franc. J’essaie de parler à Tyler, mais il est en train de fixer Boban comme s’il se disait : « C’est le gars le plus grand que j’ai vu de ma vie. » J’essayais de lui parler, et il était là, les yeux vers le haut, la bouche grande ouverte. » Frank Kaminsky.
Même si ça peut parfois être bien pratique.
« Je me rappelle, on était à l’entrainement à l’extérieur et la salle n’était pas top. Boban est allé dunker, et l’arceau est resté bloqué avec un angle bizarre après. Notre coach Stan Van Gundy était-là en train de dire : « Ça nous empêche de nous entrainer, il faut faire réparer ça. » Boban a répondu : « Ne t’inquiète pas, je m’en occupe. » Il n’a même pas sauté, et remis l’arceau à sa place. Tout le monde s’est arrêté pendant cinq secondes et a commencé à rigoler parce que personne ne devrait pouvoir faire ça. » Jon Leuer, un de ses coéquipiers à Detroit.
Un grand garçon qui a aussi des phobies, celle de l’avion par exemple, ce qui peut-être assez amusant, comme le rapporte Tobias Harris.
« Parfois, je me sentais comme un papa qui devait expliquer que l’avion n’était pas dangereux. Je me rappelle d’une fois je lui ai dit : « Si ça doit se crasher, ça va se crasher de toute façon. Et il a presque commencé à pleurer. Je me suis dit qu’il n’aimait vraiment pas ça, les avions. Parfois, il y avait des secousses. Il venait me voir et me tapait sur l’épaule. Je faisais comme si je dormais : « Je ne sens pas que tu me tapes sur l’épaule. » D’autres fois, je lui répondais que tout allait bien aller, et il répondait en chuchotant : « Non, ça ne va pas aller. » Et j’allais alors me lever pour aller voir dans le cockpit, mais la porte était fermée donc je revenais et je lui disais que le pilote avait affirmé que tout allait bien se passer. Et il me croyait. » Tobias Harris.
Si le géant est aussi aimé en NBA, c’est aussi grâce à son caractère qui fait de lui une sorte de gros nounours.
« Pendant l’intersaison, il était en train de s’entrainer et mes neveux étaient là. Ils étaient très jeunes à l’époque, et évidemment ils regardaient Boban avec de grands yeux. Je les présente, et je suis appelé ailleurs pendant genre deux minutes. Quand je reviens, il avait un gamin sur chaque épaule, et autre sur sa tête. Comme s’il les connaissait depuis toujours. Et mes neveux parlent toujours de cette rencontre. » Stan Van Gundy.
« C’est quelqu’un de spécial, qui fait attention aux autres et qui est toujours joyeux. Et c’est un meilleur joueur que ce qu’on peut penser. Vous ne pouvez pas demander un meilleur pro ni un meilleur coéquipier. » Gregg Popovich.
« C’est littéralement l’être humain le plus gentil que j’ai rencontré. » Anthony Tolliver
« Il y a une raison pour laquelle les gens qui sont appréciés deviennent des chouchous des fans, parce qu’ils sont tout simplement vraiment de belles personnes. » Frank Kaminsky
Il rigole avec tout le monde. Il est immédiatement votre meilleur pote. » Mark Cuban